‹ EstherChapitre 38 sur 146 · LA PIETE · texte numérisé non relu

LA PIETE

Du séjour bienheureux de la Divinité, Je descends dans ce lieu par la Grâce habité. L'Innocence s'y plaît, ma compagne éternelle, Et n'a point sous les cieux d'asile plus fidèle. Ici, loin du tumulte, aux devoirs les plus saints Tout un peuple naissant est formé par mes mains. Je nourris dans son cœur la semence féconde Des vertus dont il doit sanctifier le monde. Un Roi qui me protège, un Roi victorieux A commis à mes soins ce dépôt précieux. C'est lui qui rassembla ces colombes timides, Eparses en cent lieux, sans secours et sans gxiides.

2 Je descends. La musique commence par un « Prélude pour la Piété qui descend du Ciel ». D'après cette indication, il est probable qu'on voyait la Piété descendre dans un nuage. — Dans ce lieu. La maison de Saint-Cyr.

(Note de Racine. Voir la Notice, >: 2. — La Grâce. La grâce, dans la do trine chrétienne, est un secours divin accordé a l'homme pour lui permettre de l'aire son salut. Le xvn* siècle .1 été rempli de querelles théologiques demeurées fameuses concernant la grâce. Ici la Grâce est personnifiée, et le poète veut dire que cette pieuse maison est aimée de Dieu.

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