‹ Esther, tragédie, annotéeChapitre 31 sur 46 · ZARÈS · texte numérisé non relu

ZARÈS

Seigneur, nous sommes seuls. Que sei:t de se flatter 1

Ce zèle que pour lui vous fîtes éclater.

Ce soin a*immoler tout à son pouvoir suprême.

Entre nous, avaient-ils d'autre objet que vous-même ?

Et, sans chercher plus loin, tous ces tfui& désolés,

N'est-ce cas à vous seul que vous les immolez ?

Et ne craignez-vous point que quelque avis funeste...

Enfin la cour nous hait, le peuple nous déteste.

Ce Juif même, il le faut confesser malgré moi.

Ce Juif, comblé d'honneurs, me cause quelque etboL

Les malheurs sont souvent enchaînés l'un à l'autre ;

Et sa racé toujours fut fatale à la vôtre.

De ce léger affront songez à profiter.

Peut-être la fortune est prête à vous quitter ;

Aux plus affreux excès son inconstance passe :

Prévenez son caprice avant qu'elle se lasse.

Où tendez-vous plus haut P Je frémis quand je voi

Les abymes profonds qui s'of&ent devant moi :

La chute désormais ne peut être qu'horrible.

Osez chercher ailleurs un destin plus paisible :

Begagnez l'Hellespont et ces boras écartés

Oh vos ueux errants jadis furent jetés.

Lorsque des Juifs contre eux la vengeance allumée

Chassa tout Amalec' de la triste Idumée.

Aux malices du sort* enfin dérobez-vous.

Nos plus riches trésors marcheront devant nous :

Vous pouvez du départ me laisser la conduite ;

Surtout de vos enfants j'assurerai la fuite.

N'ayez soin cependant que de dissimuler.

Contente, sur vos pas vous me verrez voler :

La mer la plus terrible et la plus orageuse

1 Où tendez'-vow plus haut f — Can yoa aspire to anything hlgher ? ' Voi, pour voii.

> Tout AmtUec, pour tons les Amalédtes, dont Amaleo Ait le pdre.

s Les maUees du sort me paraissent une expression fidble et prosaïque. U me semble qu'aux outrages du sort yaudrait mieux.— La Habpb.

46 BBTHBB.

Est pins sfkie pour nous que cette cour trompeuse. Mais à grands pas vers vous je vois quelqu'un marcher ; CTest H jdaspe.

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