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EHTUJfiH.
Dieu, confonds Tandace et rimposture î Ces Juifs, dont tous voulez délivrer la nature. Que vous croyez, seigneur, le rebut des humains, D'une riche contrée autrefois souverains.
Pendant qu'ils n'adoraient que le Dieu de leurs pères. Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères.
Ce Dieu, maître absolu de la terre et des deux, N'est point tel que l'erreur le figure à vos yeux. L'Étemel est son nom ; le monde est son ouvrage :^ n entend les soupirs de l'humble qu'on outrage. Juge tous les mortels avec d'égales lois.
Et du haut de son trône interroge les rois.
Des- plus fermes états la chute épouvantable. Quand il veut, n'est qu'un jeu de sa main redoutable. Les Juifs â d'autres dieux osèrent s'adresser: Boi, peuples, en un jour tout se vit disperser ; Sous les Assyriens leur triste servitude Devint le ju)ilte prix de leur ingratitude.
Mais, pour punir enfin nos maîtres à leur tour. Dieu fit choix de Cyrus avant qu'il vît le jour. L'appela par son nom, le promit à la terre.
Le fit naâre, et soudain l^rma de son tonnerre. Brisa les fiers rempaii» et les portes d'airain. Mit des superbes rois la dépouille en sa main, De son temple détruit vengea sur eux l'injure : Babylone paya nos pleurs avec usure.
Cyrus, par lui vainqueur, publia ses bienfaits, Biegarda notre peuple avec des yeux de paix.
Nous rendit et nos lois et nos fêtes divines ; Et le temple déjà sortait de ses ruines.
Mais, de ce roi si sage héritier insensé,* Son fils interrompit l'ouvrage commencé,
1 C*ert de MB quatre que Voltaire a écrit quelque part qu'on a honte d'en faire quand on en Hi de pardls.—LA Habpr. s HMlier intenté : Cambuse.
54 ESTHEB.
Fut sourd à nos douleurs. Dieu rejeta sa race, Le retrancha lui-même^ et vous mît en sa place. Que n'espérions-Bous point d'un roi si généreux ! Dieu regarde en pitié son peuple malheureux, Disions-nous ; un roi règne, ami de Fînnocence. Partout du nouveau prince on vantait la clémence : Les Juifs partout de joie en poussèrent des cris. Ciel ! verra-ton toujours par de cruels esprits Des princes les plus doux l'oreille environnée, Et du bonheur public la source empoisonnée !
Dans le fond de la Thrace un barbare enfanté Est venu dans ces lieux souffler la cruauté : Un ministre ennemi de votre propre gloire. ••
AMAX.
De votre gloire ! Moî ! Ciel ! le pourrîez-vous croire î Moi c[ui n'ai d'autre objet ni d'autre dieu...
Taîs-toL Oses-tu donc parler sans l'ordre de ton roi ?
ESTHEB.
Notre ennemi cruel devant vous se déclare.
Cest lui ; c'est ce ministre infidèle et barbare
Qui, d'un zèle trompeur à vos yeux revêtu,
Contre notre innocence arma votre vertu.
Et quel autre, grand Dieu ! qu'un Scythe impitoyable
Aurait de tant d'horreurs dicté ^ Torare effroyable !
Partout l'affreux signal en même temps donné
De meurtres remplura l'univers étonné :
On verra, sous le nom du plus juste des princes.
Un perfide étranger désoler vos provinces ;
Et dans ce palais même, en proie à son courroux,
Le sang de vos sujets regorger jusqu'à vous.
Et que reproche aux Juifs sa haine envenimée ? Quelle guerre intestine avons-nous allumée ?
^ I Dicté — Suggested.