‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 67 sur 93 · LE CHŒUR · texte numérisé non relu

LE CHŒUR

I Une pis Filles pu Chocuk.

^^üEL astre à nos yeux vient de luire ?

Quel sera quelque jour cet enfant merveilleux ?

Il brave le faste orgueilleux.

Et ne se laisse point séduire A tous scs attraits périlleux i

^ Unhautrf,

Pendant que du Dieu d’Athalie Chacun court encenser l’Autel,

• Un enfant courageux publie Que Dieu fui seul est éternel ,

Et patlc comme un autre Élie Devant cette autte Jésabel !

Uns autre.

Qui nous révélera ta naissance secrette,

Cher enfant ? Es-tu fils de quelque saint Prophète f Une autre.

Ainsi l’on vit l’aimable Samuel Croître à l’ombre du tabernacle.

11 devint des Hébreux l’espérance et l’oraçlc* Puisses-tu , comme lui , consoler Israël !

Une autre.

O heureux mille fois

L*^cnfant que le Seigneur aime !

Qui de bonnc-henre entend. sa voix,.

It que ce Dieu daigne instruire lui-même J Loin du monde éicvd , de tous les dons des Cieux Il est ornd , dès sa naissance;

Et du méchant l’abord contagieux N’altere point son innocence i Tout t z Chœur,

Heureuse , heureuse l’enfance Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense] La même voix.

Tel en un secret vallon ,

Sur le bord d’une onde pure ,

Croît, à l’abri de l’aquiilon ,

Un jeune Ivs , l’amour de la nature.

Loin du monde élevé , de tous les dons des Cieux, Il est orné, dès sa naissance;

Et du méchant l'abord contagieux N’altcre point son innocence J Tout le Chœur,

Heureux , heureux mille fois L*cnfant que le Seigneur rend docile à ses lotx ! Une voix.

Mon Dieu ! qu’une vertu naissante ,

Pârmi tant de périls marche à pas incertains !

Qu’une amc qui te cherche , et veux être innocente Trouve d’obstacle à ses desseins î Que d’ennemis lui font la guerre î OÙ se peuvent cacher tes Saints ?

Les pécheurs, couvrent Ix terre i

D iii

Uni autrï.

O Valais de David, et sa chcrc cité !

Mont fameux , que Dieu meme a long-tems habité» Comment as-tu du Ciel attiré la coleie?

Sion y chete Sion ! que dis-tu quand tu vois Une impie étrangeté Assise, hélas ! au trône de tes Rois ?

Tout lb Chœvr.

Sion , chcrc Sion ! que dis-tu quand tu voi»

Une impie étrangère - Assise , hélas i au trône de tes Rois ?

La même voix.

Au lieu des cantiques charmans Où David t’expiimoit scs saints ravissemens It bénissoit son Dieu, son Seigneur et son perc; Sion , chcrc Sion ! que dis-tu quand tu vois Louer le Dieu de l’impic étrangère ,

It blasphcmèr le nom qu’ont adoré tes Rois ?

Une voix.

Combien detems, Seigneur i combien de temscncoro Verrons-nous contre toi les méchans s’élever ?

7u$qucs dans ton saint Temple ils viennent tç braver. Ils traitent d’insensé le pcuple*qui t’adore.

Combien de tems, Seigneur 1 combien de tems encore Verrons-nous contre toi les méchans s’élever ?

Une autre.

Que vous sert , disent-ils , cette vertu sauvage ?

» De tant de plaisirs si doux « Pourquoi fuyez-vous l’usage ?

« Votre Dieu ne fait rien pour vous! »

Unk autre.

«t Kîons , chantons , dit cette troupe impie > cc De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs »■> Promenons nos désirs.

« Sur l’avenir , insensé qui se fie !

î?e nos ans passagers le nombre est incertain. yi Hâtons-nous aujourd’hui de jouir de la vie i a Qui sait si nous serons demain i

'Tout le Chœur.

Qu’ils pleurent , ô mon Dieu ! qu’ils frémissent de crainte

Ces malheureux qui de ta cité sainte Ne verront point l’éternelle splendeur ! «

C’est à nous de chanter, nous à qui tu révélés Tes clartés immortelles ;

C’est à nous de chanter tes dons et ta grandeur ! Une voix.

T)e tous ces vains plaisirs où leur ame se plonge Que leur restera-t-il ? Cc qui reste d’un songe Dont on a reconnu l’erreur.

A leur réveil (ô réveil plein d’horreur! )

Pendant que le pauvre à ta table Coûtera de la paix la douceur ineffable ,

Hs boiront dans 1a coupe affreuse > inépuisable

Que tu présenteras au jour de ta fureur A toute la race coupable !

Tout le Chœur»

O réveil plein d’horreur I O songe peu durable 1 O dangereuse erreur l

Fin du second Acte,

Page 1