‹ Esther, tragedie, tiree de l'Ecriture SainteChapitre 79 sur 93 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

AZA.RIAS , ISMAEL , Tkots autres Chefs des Lévites, J0AS,J0AD.

J O A D , à Joas.

JR.OI, voili vos vengeurs contre vos ennemis....

. ( Aux Levitfs. )

Vretres , voilà le Roi que je vous ai promis,

Quoi ! c’est Éliacin ? '

1 s M A E L , à Jo.ii.

Quoi ! cet enfant ainiable?

J O A D , l'inurrompani.

Est des Rois de Juda rhdiiticr véritable ,

Pernier ne des enfans du triste Okosias*

Kourii , vous le savez , sous le nom de Joas,

De cette fleur si tendre et si-iât moissonnée,

Tout Juda. comme vous, p'aignant la destinée. Avec ses freres morts le crut enveloppé.

Du perfide couteau comme eux il fut frappé;

Wais Dieu du coup mortel sut détourner l’atteinte. Conserva dar.s son coeur la chaleur presque éteinte* Permit que, des bourreaux trompant l’ccil vigilant , ïosabet dans son sein remportât tout sanglant.

Et n’ayant de son vol que moi seul pour complice, Dans le Temple cachât l’enfant et la nourrice.

Joas.

Hélas ! de tant d’amour et de tant de bienfaits * Mon petc , quel moyen de m’acquitter jamais \

Cardez pour d’autres tens cette rcconnoissance....

( Aux Chefs des Lévites. )

Voilà donc votre Koi , votre unique espérance, l’ai pris soin jusqu’ici de vous le conserver.

Ministres du Seigneur , c’est à vous d’achever.

Bientôt de Jésabcl la fille meurtrière.

Instruite que Joas voit encor la lumière.

Dans l’horreur du tombeau viendra le replonger.

Déjà , sans le connoître , elle veut l’égorger.

Prêtres saints , c’est à vous de prévenir sa rage.

Il faut finir des Juifs le honteux esclavage.

Venger vos Princes morts , relever votre loi ,

Et faire aux deux tribus reconnoître leur Eoi. L’entreprise, sans doute, est grande et périlleuse. J’attaque sur son trône une Reine orgueilleuse ,

Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux De hardis étrangers, d’infidclcs Hébreux;

Mais ma force est au Dieu dont l’intérêt me guide. Songex qu’en cet enfant tout Israël réside.

Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler.

Déjà , trompant ses soins, j’ai su vous rassembler, . Elle nous croit ici sans armes , sans défense. Couronnons, proclamons Joas en diligence.

Dc-là , du nouveau Prince intrépides soldats , Marchons, en invoquant l’arbitre des combats;

Et , réveillant la foi dans les coeurs endormie , Jusques dans son Palais cherchons notre ennemie. Eh ! quels caurs si plongés dans un lâche sommeil» ïîous voyant avancer dans ce saint appareil»

ATHALIE

Kc s’empresseront pas à suivre notre exemple î Un Roi , que Dieu lui-même a nourri dans son Templ^i le successeur d'Aaron de scs Prêtres suivi.

Conduisant au combat les enfans dc'Ldvi ,

Et dans ces memes mains , des peuples révérées.

Les armes au Seigneur , par David consacrées î Dieu sur scs ennemis répandra la terreur.

Dans l’infidcle sang <baigncz-vous sans horreur. Frappez et Tyriens, et même Israélites.

Hc descendez-vous pas de ces fameux Lévites Qui, lorsqu’au Dieu du Nil le volage Israël Kcndit dans le désert^ un culte criminel.

De leurs plus chers parens saintement homicides , Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides ,

Et par ce noble exploit vous acquirent l’honneur D’ctrc seuls employés aux Autels du Seigneur?.... JMais je vois que déjà vous brûlez de me suivre...,

( Montrant le lirre de la loi. ) ,

Jurez donc avant tout , sur cet auguste livre ,

A ce Pvoi que le Ciel vous redonne aujourd’hui ,

De vivre , de combattre , et de mourir pour lui.

AïARIAS, au bout de la table , ayant la main sur le livre saint.

Oui, nom jurons ici pour nous , pour tous nos frères. De rétablir Joas au trône de ses peres ,

De ne poser le fer , entre nos mains remis,

Qu’apres l’avoir vengé de tous ses ennemis Si quelque transgresseur enfreint cette promesse , .<^u’il épsouve , grand Dieu 1 ta fureur vengeresse ;

Qu’avec

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Qu’avec lui ses cnfans, de ton partage exclus.

Soient au rang de ces morts que tu ne connois plus !

J O A D , à Joas,

It VOUS , à cette loi , votre règle éternelle ,

Roi, nejurex-vous pas d'être toujours fidèle?

Joas.

Pourrois-jc à cette loi ne me pas conformer ?

O mon fils i de ce nom j’ose encor vous nommer: Soutfrez cette tendresse , et pardonnez aux larmes Que m’arrachent pour vous de trop justes alarmes! Loin du trône nourri , de ce' fatal honneur,

Hdlas l vous ignorez le charme empoisonneur.

De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse.

Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.

Bientôt ils vous diront que les plus saintes loix , Alaîtresses du vil peuple, obéissent aux Rois i Qu’un Roi n’a d’autre frein que sa volonté même. Qu’il doit immoler tout â sa grandeur suprême ; Qu’aux larmes , au travail le peuple est condamné ,

Et d ’un sceptre de fer veut être gouverné i Que s’il n’est opprimé , tôt ou tard, il opprime.

Ainsi de piège en piège, et d’abîme en abîme, Corrômpant de vos mœurs l’aimable pureté «

Ils vous feront enfin haïr la vérité ,

Vous peindront la vertu sous une affreusé image. Hélas i ils ont des Rois égaré le plus sage I Promettez sur ce livre , et devant ces témoins ,

Que Dieu sera toujours le premier de vos soins J Que sévère aux méchans , et des bons le réfuge »

Bntre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour Juge ^ Vous souvenant , mon fils, que caché sous le lin. Comme eux vous fûtes pauvre , et'' comme eux orphelin.

J O A s , au milieu de la table , ayant la main sur le Uvr*

saint.

Je promets d’observer ce que la loi m’ordonne..,» Mon Dieu ! punissez-moi , si je vous abandonne 1

Venez } de l’huile sainte il faut vous consacrer...»

( Appelant. )

Paroissez , josabeti vous pouvez vous montrer.

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