SCENE IV
AZA.RIAS , ISMAEL , Tkots autres Chefs des Lévites, J0AS,J0AD.
J O A D , à Joas.
JR.OI, voili vos vengeurs contre vos ennemis....
. ( Aux Levitfs. )
Vretres , voilà le Roi que je vous ai promis,
Quoi ! c’est Éliacin ? '
1 s M A E L , à Jo.ii.
Quoi ! cet enfant ainiable?
J O A D , l'inurrompani.
Est des Rois de Juda rhdiiticr véritable ,
Pernier ne des enfans du triste Okosias*
Kourii , vous le savez , sous le nom de Joas,
De cette fleur si tendre et si-iât moissonnée,
Tout Juda. comme vous, p'aignant la destinée. Avec ses freres morts le crut enveloppé.
Du perfide couteau comme eux il fut frappé;
Wais Dieu du coup mortel sut détourner l’atteinte. Conserva dar.s son coeur la chaleur presque éteinte* Permit que, des bourreaux trompant l’ccil vigilant , ïosabet dans son sein remportât tout sanglant.
Et n’ayant de son vol que moi seul pour complice, Dans le Temple cachât l’enfant et la nourrice.
Joas.
Hélas ! de tant d’amour et de tant de bienfaits * Mon petc , quel moyen de m’acquitter jamais \
Cardez pour d’autres tens cette rcconnoissance....
( Aux Chefs des Lévites. )
Voilà donc votre Koi , votre unique espérance, l’ai pris soin jusqu’ici de vous le conserver.
Ministres du Seigneur , c’est à vous d’achever.
Bientôt de Jésabcl la fille meurtrière.
Instruite que Joas voit encor la lumière.
Dans l’horreur du tombeau viendra le replonger.
Déjà , sans le connoître , elle veut l’égorger.
Prêtres saints , c’est à vous de prévenir sa rage.
Il faut finir des Juifs le honteux esclavage.
Venger vos Princes morts , relever votre loi ,
Et faire aux deux tribus reconnoître leur Eoi. L’entreprise, sans doute, est grande et périlleuse. J’attaque sur son trône une Reine orgueilleuse ,
Qui voit sous ses drapeaux marcher un camp nombreux De hardis étrangers, d’infidclcs Hébreux;
Mais ma force est au Dieu dont l’intérêt me guide. Songex qu’en cet enfant tout Israël réside.
Déjà ce Dieu vengeur commence à la troubler.
Déjà , trompant ses soins, j’ai su vous rassembler, . Elle nous croit ici sans armes , sans défense. Couronnons, proclamons Joas en diligence.
Dc-là , du nouveau Prince intrépides soldats , Marchons, en invoquant l’arbitre des combats;
Et , réveillant la foi dans les coeurs endormie , Jusques dans son Palais cherchons notre ennemie. Eh ! quels caurs si plongés dans un lâche sommeil» ïîous voyant avancer dans ce saint appareil»
ATHALIE
Kc s’empresseront pas à suivre notre exemple î Un Roi , que Dieu lui-même a nourri dans son Templ^i le successeur d'Aaron de scs Prêtres suivi.
Conduisant au combat les enfans dc'Ldvi ,
Et dans ces memes mains , des peuples révérées.
Les armes au Seigneur , par David consacrées î Dieu sur scs ennemis répandra la terreur.
Dans l’infidcle sang <baigncz-vous sans horreur. Frappez et Tyriens, et même Israélites.
Hc descendez-vous pas de ces fameux Lévites Qui, lorsqu’au Dieu du Nil le volage Israël Kcndit dans le désert^ un culte criminel.
De leurs plus chers parens saintement homicides , Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides ,
Et par ce noble exploit vous acquirent l’honneur D’ctrc seuls employés aux Autels du Seigneur?.... JMais je vois que déjà vous brûlez de me suivre...,
( Montrant le lirre de la loi. ) ,
Jurez donc avant tout , sur cet auguste livre ,
A ce Pvoi que le Ciel vous redonne aujourd’hui ,
De vivre , de combattre , et de mourir pour lui.
AïARIAS, au bout de la table , ayant la main sur le livre saint.
Oui, nom jurons ici pour nous , pour tous nos frères. De rétablir Joas au trône de ses peres ,
De ne poser le fer , entre nos mains remis,
Qu’apres l’avoir vengé de tous ses ennemis Si quelque transgresseur enfreint cette promesse , .<^u’il épsouve , grand Dieu 1 ta fureur vengeresse ;
Qu’avec
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Qu’avec lui ses cnfans, de ton partage exclus.
Soient au rang de ces morts que tu ne connois plus !
J O A D , à Joas,
It VOUS , à cette loi , votre règle éternelle ,
Roi, nejurex-vous pas d'être toujours fidèle?
Joas.
Pourrois-jc à cette loi ne me pas conformer ?
O mon fils i de ce nom j’ose encor vous nommer: Soutfrez cette tendresse , et pardonnez aux larmes Que m’arrachent pour vous de trop justes alarmes! Loin du trône nourri , de ce' fatal honneur,
Hdlas l vous ignorez le charme empoisonneur.
De l’absolu pouvoir vous ignorez l’ivresse.
Et des lâches flatteurs la voix enchanteresse.
Bientôt ils vous diront que les plus saintes loix , Alaîtresses du vil peuple, obéissent aux Rois i Qu’un Roi n’a d’autre frein que sa volonté même. Qu’il doit immoler tout â sa grandeur suprême ; Qu’aux larmes , au travail le peuple est condamné ,
Et d ’un sceptre de fer veut être gouverné i Que s’il n’est opprimé , tôt ou tard, il opprime.
Ainsi de piège en piège, et d’abîme en abîme, Corrômpant de vos mœurs l’aimable pureté «
Ils vous feront enfin haïr la vérité ,
Vous peindront la vertu sous une affreusé image. Hélas i ils ont des Rois égaré le plus sage I Promettez sur ce livre , et devant ces témoins ,
Que Dieu sera toujours le premier de vos soins J Que sévère aux méchans , et des bons le réfuge »
Bntre le pauvre et vous vous prendrez Dieu pour Juge ^ Vous souvenant , mon fils, que caché sous le lin. Comme eux vous fûtes pauvre , et'' comme eux orphelin.
J O A s , au milieu de la table , ayant la main sur le Uvr*
saint.
Je promets d’observer ce que la loi m’ordonne..,» Mon Dieu ! punissez-moi , si je vous abandonne 1
Venez } de l’huile sainte il faut vous consacrer...»
( Appelant. )
Paroissez , josabeti vous pouvez vous montrer.