‹ Estomac et DermatosesChapitre 23 sur 47 · LENS · texte numérisé non relu

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rait être question d’impétigo, car les vésicules que nous avons vues, nm’étaient ni jaunes, ni opaques, mais se présentaient claires comme si elles avaient contenu de l’eau. Parmi les affections à vésicules claires, l’herpès serait-il en cause ? L’herpès de l’estomac n’a pas encore été décrit ; des aphtes saisis au gastroscope à la phase passagère de début ? Toute hypothèse est possible. Mais il reste qu’il est plus simple et plus raisonnable puisque nous voyons à la peau une éruption vésiculeuse, d'admettre la même nature de lPéruption vésiculeuse concomitante de l’estomac ». L’œdème fugace phlycténulaire décrit par René Chevallier dans ses études sur les gastries allergiques œdémateuses pourrait, sans doute, prêter à confusion. Nous verrons plus loin les éléments de son diagnostic.

2. — La dermatose existe avec des manifestations gastriques diverses

A. — Elle s'accompagne des lésions fugaces

de la gastrie allergique

La gastroscopie a permis à René Chevallier d’individualiser la « gastrie allergique » en lui rendant possible la découverte et la description de son substratum anatomo-pathologique. Ces gastries doivent être bien connues en raison de leur fréquence et de

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leur thérapeutique spéciale. Elles sont anatomiquement caractérisées par des lésions œdémateuses, hémorragiques ou érosives, soit isolées, soit associées dans les formes mixtes — dont l’évolution fugace est le trait dominant.

Cliniquement et radiologiquement, ces lésions fugaces des gastries allergiques peuvent prendre le masque de toutes les altérations fonctionnelles ou organiques de l’estomac. La plus importante de toutes, la gastrie œdémateuse, a pour substratum un œdème fugace non infectieux, de type angioneurotique qui, rarement généralisé, occupe soit la région antro-pylorique, soit la petite courbure.

1° L’ŒDÈME ANTROPYLORIQUE FUGACE. — Dans la majorité des cas, c’est au cours d’une crise gastralgique, d'intensité variable, à laquelle il ne survit pas, que se développe l’œdème antro-pylorique fugace. La muqueuse œdématiée conserve assez souvent son coloris normal rose-orangé. D’autres fois elle est nettement décolorée, ou au contraire très congestive ; elle réalise dans quelques rares cas un état « succulent et carminé ». Parfois c’est un œdème rouge-cerise que l’on observe. On note habituellement une hypomyxie qui rend la muqueuse moins miroitante. Dans les ædèmes rouges, la sécheresse est complète. Chez certains sujets, cet œdème infiltre toute la surface de la région antro-pylorique et masque complètement le pylore. La grande courbure de l’antre, soulevée en masse, vient au contact des piliers et de la voûte du sphincter antri qui sont eux-mêmes — le

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pilier antérieur plus particulièrement — le siège d’un gonflement fluxionnaire considérable. Le bord libre de la voûte sphinctérienne, irrégulièrement boursouflé, recouvre les formations œædémateuses développées sur la petite courbure de l’antre ; d’autres fois l'œdème atteint son développement maximum sur les éléments constitutifs du sphincter antri. Celui-ci, œdématié, revêt parfois l’aspect d’un énorme boudin spiralé. Assez souvent l’œdème distend en masse la voûte et les piliers de l’antre, respectant la muqueuse antro-pylorique. Il atteint souvent son développement maximum sur le pilier antérieur du sphincter antri. René Chevallier insiste sur ce fait que c’est la partie haute du pilier antérieur -- véritable zone d’élection de diverses lésions gastriques — qui présente généralement la plus forte distension — au point que, dans quelques cas, cet œdème localisé et massif peut en imposer, à première vue, pour une formation polypoïde. Dans quelques cas, très rares, l’œdème antral revêt l’aspect mamelonné qui s’observe avec une grande fréquence dans le segment sus-antral de la petite courbure. D’autres fois, de larges cordons iæœdémateux, juxtaposés, orientés suivant l’axe de l’organe, simulent de gros plis. De façon exceptionnelle, des cordons mæœdémateux, perpendiculaires à cet axe, doublent l’anneau brisé du sphincter antri, lui-même infiltré, et réalisent un aspect en pas de vis. Dans de nombreux cas, enfin, discret et limité, l’'œdème ne peut être dépisté qu’à la faveur d’un examen très attentif. En tout cas, même dans ses formes massives, il ne dépasse pas les limites

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de l’antre et de son sphincter ou remonte à peine le long du segment sus-antral de la petite courbure.

2° L’ŒDÈME FUGACE DE LA PETITE COURBURE. — Ses caractéristiques sont à peu près les mêmes que celles de l’æœdème antral auquel il peut parfois être associé. Limité, le plus souvent assez exactement à la voie gastrique qu’il déborde à peine, il infiltre parfois le segment contigu de la face postérieure. La face antérieure et la grande courbure sont très rarement envahies. En pareil cas, il ne s’agit qu’exceptionnellement d’un œdème localisé mais presque toujours d’une généralisation de l’œdème primitif de la petite courbure. Ainsi peut être réalisé un œdème annulaire en large bourrelet, du fundus qui réduit fortement la lumière de l’organe. Il est à noter, enfin, que certains œdèmes généralisés du fundus respectent la région antro-pylorique ou tout au moins le pylore. Dans la plupart des cas cet œdème généralisé disparaît dans la moitié supérieure du corps gastrique, à bonne distance du cardia. Quant au fornix, il est toujours indemne. Morphologiquement cet œdème présente deux modalités essentielles. C’est ou bien un œdème global, plus ou moins ondulé, qui boursoufle en masse la muqueuse de la petite courbure, ou bien un œdème délicatement mamelonné, véritable mosaïque de petites élevures arrondies, pâles et brillantes, d’aspect urticarien, reposant sur une muqueuse plus ou moins congestive.

Parfois des masses plus volumineuses s'élèvent audessus de ces petits éléments agminés. Il s’agit de

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cet « œdème fugace phlycténulaire » de la petite courbure, décrit par René Chevallier, qui est caractérisé par l’évolution éphémère d’éléments bulleux et translucides, isolés ou groupés, généralement peu nombreux. De telles bulles qui semblent contenir de l’eau pourraient, par leur confluence, prêter à confusion avec la gastrite vésiculeuse observée par Moutier dans l’eczéma. Mais leur caractère fugace, leur taille relativement importante, leur petit nombre, leur association avec d’autres accidents ædémateux, facilitent le plus souvent le diagnostic.

Les gastries allergiques — et plus particulièrement les gastries œdémateuses, peuvent coexister avec certaines dermatoses. René Chevallier les a fréquemment observées chez les urticariens. Chez de tels malades, il existe entre l’œdème gastrique et l’urticaire des phénomènes d’association, d’alternance ou de substitution tout à fait nets. Les observations que l’on va lire concernent divers cas de gastries œdémateuses pseudo-organiques évoluant chez des urticariens et dans un cas de dermatose ichtyosiforme.

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