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Ces deux observations se complètent : dans l’une on trouve surtout l'absence de développement de l'intelligence; dans l’autre, l'aspect physique de l’infantile.
Il est maintenant des cas où les symptômes sont très atténués : la taille presque normale, la face à peine arrondie, les membres musclés, les organes génitaux presque normaux, les poils rares seulement. Aucun dés caractères de l’infantile n’est bien net, et il est difficile de porter un diagnostic ferme.
C'est dans ces cas d’infantilisme attenué que l’on doit rechercher avec soins les signes d'insuffisance thyroïdienne que M. Hertoghe a décrits complètement et que MM. Léopold Levi et Rothschild ont réunis dans un article paru dans la Gazette des Hôpitaux. (Gazette des Hôpitaux, juin 1907, p. 879.) | Ces petits signes de l’hypothyroïdie sont les suivants :
1° OEdèmes blancs, fermes, élastiques, transitoires,
siégeant aux paupières, au front, à la région malaire, parfois au niveau des pieds, sans trace d’albuminurie. De même, au moment des règles, gonflement des cordes vocales, avec assourdissement de la voix, et sonflement du naro-pharynx avec enchifrènement. ” 9° Raréfaction du tiers externe du sourcil constituant le signe du sourcil : ilest en rapport avec la fonction trichogène de la thyroïde. D'où, en même temps, canitie précoce et alopécie plus où moins marquée allant jusqu'à la calvitie. En tout cas, les cheveux et les poils sont clairsemés, rudes, cassants et gros.
3° Refroidissement des extrémités, frilosité, extré-
Lg te
mités pales avec sensation de main ou doigt mort. Frissons parcourant la région dorsale. Hypothermie réelle, surtout la nuit. Névralgies, lumbago, douleurs rhumatismales, angines, coryza a frigore.
Tous ces symptômes relèvent de l'insuffisance de la glande thyroïde dont la fonction thermogène s'accomplit imparfaitement.
4 Constipation, qui, chez les enfants, s'accompagne de gros ventre et souvent de hernie ombilicale. Parfois répétitions des garde-robes 3 à 4 fois par jour après les repas.
5° Fatigue matutinale. Les hypothyroïdiens ne sont pas des gens du matin.
6° Anorexie.
7° Céphalée : tantôt semblable à la céphalée du début d'un coryza (frontale et sus-orbitaire), tantôt névralgique (occipitale).
8° Douleurs musculaires et articulaires.
9 Somnolence presque continuelle. Torpeur intellectuelle.
10° Obésité.
... Arriération physique etmentale, migraine, vomissements matutinaux ou périodiques, vertiges, aménorrhée où dysménorrhée, ménorragies, nervosisme, hémorragies faciles...
Et même pour M. Hertoghe l'incontinence d'urine, le bégaiement, la carie dentaire, la gengivite, le rétrécissement et l’obstruction des fosses nasales, les hallucinations, les bourdonnements d'oreilles, la rétroflexion de l'utérus, les douleurs du foie et la calculose biliaire,
le teint ambré, plaqué de rouge aux pommettes.
Tous ces signes ne signifient rien isolément . mais l'association d’un certain nombre d’entre eux chez des sujets présentant une petite taille, des membres courts, une tête un peu grosse, des organes génitaux peu développés, permet de classer ces dystrophiques parmi les infantiles dysthyroïdiens.
— Ainsi il ny a qu'un infantilisme, l’infantilisme dysthyroïdien. Suivant le degré d'insuffisance thyroïdienne, on a trois formes d’infantilisme :
L'infantilisme parfait, idéal, très rare;
L'infantilisme commun;
L'infantilisme atténué où tous les signes du syndrome existent mais si effacés qu'un examen approfondi avec la recherche de tous les petits signes de l'insuffisance thyroïdienne est nécessaire.
Dans les trois catégories que nous venons de grouper, tous les caractères morphologiques et intellectuels de l'enfant existent d’une facon plus ou moins apparente.
Il est des cas, au contraire, où certains signes de l'infantilisme sont absents : ce sont les cas d’infantilisme partiel que M. Brissaud a le premier décrit.
Cet infantilisme partiel s'expliquerait par les nombreuses fonctions de la glande thyroïde dont certaines pourraient être entravées isolément. D'où la très grande variété d'infantilismes, ne modifiant que le squelette, ou l'intelligence, ou Les fonctions sexuelles.
Cette hypothèse qui s'appuie sur de nombreux faits, repose encore sur le rôle particulier de deux tissus qui voisinent dans la glande thyroïde chez l'homme, le tissu thyroïdien, et le tissu parathyroïdien, et qui, chez l'animal, sont nettement séparés et constituent deux glandes distinctes, la glande thyroïde et la glande parathyroïde.
L'ablation isolée de chacune de ces glandes ayant produit chez les animaux des accidents absolument différents, par analogie, M. Brissaud a pensé que chez l’homme chacun d'eux remplissait un role spécial, et
tandis que l'insuffisance thyroïdienne entrainerait la dystrophie tégumentaire et osseuse, l'insuffisance parathyroïdienne se traduirait par l’infantilisme pSYchique.
M. Brissaud semble même admettre, dans sa communication au congrès de Madrid (1903), que chacune des fonctions de la thyroïde peut être abolie isolément et déterminer ainsi autant de formes de l’infantilisme partiel.
M. Sante de ‘Sanctis fait une classification des infantilismes partiels an
1° Cas où l'intelligence est intacte ou au contraire intéressée : |
a) Cas d’un malade nettement dysthyroïdien mesu— rant 1 m. 25, un peu apathique, mais lettré, musicien et d'intelligence au-dessus de la normale.
b) Cas où l'intelligence est atteinte sans l'ombre de symptômes dysthyroïdiens. M. Sante de Sanctis rapproche de cette catégorie certains troubles de l'intelligence très atténués qu'il rattache à l’infantilisme. Il rapporte le cas d’une jeune femme parfaitement développée, sans stigmates d’hystérie, assez cultivée et fine, d’un très bon naturel, présentant à certains moments des manifestations infantiles : elle est alors incapable de réflexion. ne peut faire une lecture prolongée et attentive, rit et pleure avec une extrême facilité, a la fureur des divertissements, devient vaniteuse et timide. À ces périodes on constate nettement une diminution de volume du corps thyroïde.
2° Cas où l'insuffisance thyroïdienne atteint seule-
ment le squelette.
On peut y joindre les cas où le squelette est intact, l'infantile ayant une taille normale où même excessive. La caractéristique, néanmoins, dans tous ces cas, est l'absence de soudure des cartilages épiphysaires.
3° Cas où l'insuffisance thyroïdienne respecte Îles organes génitaux, Où au contraire atteint seulement les organes génitaux.
Le cas le plus fréquent est le premier. M. Brissaud dit : « Il y a des infantiles comme aussi des myxœdémateux confirmés qui ne perdent absolument rien de leurs aptitudes sexuelles. »
4° Cas où l'insuffisance thyroïdienne modifie surtout les téguments ou au contraire les respecte.
Enfin l’infantilisme de la voix ;
l'infantilisme du système pileux ;
l'infantilisme cardio-vasculaire,
l'infantilisme du langage, etc.
Cette classification, reprise à peu près complètement par Anton, ne s'applique pas uniquement à l'infantilisme type Brissaud, mais aussi à l'infantilisme type Lorain. D'ailleurs, une classification de ces infantilismes partiels est inutile, car ils sont innombrables lorsque surtout ils se combinent l’un à l’autre pour faire des infantilismes partiels mais non plus symptomatiques.
Nous avons recueilli, dans le service de M. Pierre Marie, à Bicètre, une observation très complète et intéressante d'infantilisme partiel :
Le nommé R...,agé de 27 ans, paraît en avoir 12 ou 14. Il mesure 1 m. 45.
Les parents étaient cousins germains et le père avait