‹ État de l'Eglise d'Alsace avant la RevolutionChapitre 1 sur 27 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le hasard me fit mettre un jour la main sur un Alsatique intitulé ^ A Imanac d'Alsace de iy82. » Sous ce modeste titre, le petit livre me révéla tout l'ancien ordre de choses tel qu'il existait en Alsace avant la Révolution : l'organisation et la statistique des diverses administrations publiques^ avec de courtes mais intéressantes notices sur les personnes, les institutions^ les m muments et les lettres de la province.

Cet Almanach fut pour moi une heureuse trouvaille; il me mit sur la voie de certaines recherches et études auxquelles f ai consacré depuis une partie de mes loisirs. Bientôt je sus qu'il était le premier d'une série d'Almanaclis continués jusqu'en ijyo ^ dont V auteur était un illustre professeur de l' Université de Strasbourg^ Jacques Oberlin. Ce savant avait commencé en l'jSo et ijSi par un « Almanach de Strasbourg ^ ; étendant en 1^82 ce travail à toute la province y il publia dès-lors, chaque année, un^Almanac d'Alsace, » jusqu'à la Révolution. Nous avons encore de lui « VAlmanac du Bas-Rhin de ijg2. »

Une idée me vint. Fondre en un tout les données éparses dans cette série d'Almanachs d' Oberlin (devenue aussi chère que rare)., à V effet d'offrir sous une forme simplifiée /'état du clergé catholique d'Alsace durant la dernière

période décennale d'avant la révolution , voilà l'œuvre , je — dirai, lé jeu de patience auquel je me suis livré d'abord. Mais ^ à mesure qUe j'alignai noms et dates, je fis de plus amples recherches sur la matière. C'est ainsi que je trouvai dans les Nova subsidia diplomatica de Wïirdtwein une nomenclature complète des églises et annexes de l'ancien diocèse de Strasbourg. Mieux encore, au secrétariat de l'évéché on eut r obligeance de me communiquer une statistique officielle portant le titre de « Registrum episcopatûs et diœcesis Argentinensis anno 1768 excerptum praecipue ex visitationibus episcopalibus, inchoatum anno 1758 et fînitum 1763. » De la sorte notre Oberlin se trouva considérablement augmenté.

Je continuai d'interroger nos chroniqueurs et historiens, Kœnigshoven, Her:[og, Wimpfeling, Wursteisen^ Schœpflin, Wiirdtwein, Grandidier ^ ses œuvres inédites publiées par MM, Gérard et Liblin , etc., ainsi qu'une foule de monographies; enfin , je consultai data occasione, certains registres paroissiaux . Telles sont les sources qui ont alimenté les Varia placés à la suite de chaque archiprétré. Maintenant il me semble superflu d'ajouter que ces Notes nont pas la prétention de faire l'historique de chaque église du diocèse : ce travail dépasserait et le cadre que je me suis tracé, et la mesure de mes forces. S'arrêtant sur le seuil de la révolution, elles ne sont le plus souvent qu'un regard rétrospectif jeté sur la paroisse, un trait de couleur local , un nom, une date, un fait qui rappelle son ancienneté, qui explique sa fidélité ou sa défection.

Dans son ensemble mon travail a pour objet de remettre en lumière et de vulgariser ce passé de notre église d'Alsace, son ancienne organisation que la tourmente révolu-

tionnaire a emportée , et dont le souvenir même tend à s^ejfacer dans l'esprit de nos générations.

Ce timide Essai que d'autres pourront développer, comprend l'Etat du clergé séculier et du clergé régulier de l'ancienne province ; une 3^ Partie servant de complément aux deux premières, et par laque lie f aurais dû commencer, ^ traitera du chef du diocèse et des dignitaires de Vévêché^ ainsi que des collégiales ou chapitres. Présentement, je donne la /" Partie : le clergé paroissial du diocèse de Strasbourg.

Mais auparavant il me paraît indispensable de présenter quelques observations sur le droit canonique du temps, ainsi que certaines indications générales sur l'église d'Alsace et sur celle de Strasbourg.

Ce sera l'objet de l' Introduction.

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