‹ Etat de la généralité d'Alençon sous Louis XIVChapitre 11 sur 76 · RIVIÈRES · texte numérisé non relu

RIVIÈRES

La rivière de Sarthc, qui prend sa source près labbaye de la Trappe (i), sépare par son cours le dit Duché d'avec cette province jusqu'au Meslc, et ensuite, après avoir esté grossie par les petites rivières de Tanches (2), Vandes (3), et quelques ruisseaux, elle vient arroser le pied des murs de la ville d'Alcnçon où elle reçoit la petite rivière de Bruyante, qui sort de la forèl d'Ecouves, et sert, en cet endroit, de

(i) La Sarthc a plusieurs sources ; la plus clevcc est au hameau des Brassins, en la commune de Saint-Aquilin-du-Corbion : une autre existe •au-dessus du villafre du Corbion. Entre ces deux ruisseaux, se trouvent les villages du f^rand et du petit Sarthel. A S kilomètres des premières sources, direction est-sud. est une autre branche qui prend naissance à Soninie-Sarthe, dans la commune de Solijrni, disparaît et coule dans un souterrain pendant environ (kh.) mètres avant de reparaître pour former le ruisseau qui se réunit à la Sarthe en la commune de Saint-Martin-des- Peserits (Mémoire statistique du département de l'Orne, par J, V. A. Lamaj^Jelcinc, préfet de ce département, ms).

(2) La Tanche arrose les communes de Boitron, Aunai-lcs-Bois, Saint- Aubin-dWppenai. Marchemnisons, les Ventes-de-Bourse et Saint-Lèpersur-Sarthe.

(3) Les Vandes arrosent les communes de Saint-Clervais-du-Perron, Ménil-Lrreux. Bursard et lassai et se jettent dans la lV5</wwc, affluent de la Sarthe.

bornes entre les provinces de Normandie et du Maine (i), passe à Fresnay, au Mans, puis se mesle avec le Loir qui va se rendre à la rivière de Loire.

La Sarthe pourroit être rendue navigable dans retendue du dit Duché (2), mais pour cela, il scroit nécessaire de détruire plusieurs moulins et grosses forges à fer baslics sur

(i) Il ne faut pas prendre ces mots à la lettre. Non seulement le faubourg de Montsort, mais Saint-Gcrmain-du-Corbêis et Hellou, faisaient partie de Télection d'Alençon, quoique dépendant du diocèse du Mans.

(2) Les plus anciens projets de canalisation de la Sarthe et de TOrne remontent à 1570 et 159,3. Ils furent repris par Colbert, et Vauban, à la suite d'un voyage en Normandie, en 16O6, ayant étudié la questiim, adressa à Louvois un rapport développé dans son Mémoire sur la navigation intérieure de la lYance. Ces projets furent remis à l'étude en 1740. l^n 1748, l'abbé Champion présenta un mémoire au Conseil pour prouver qu'il était possible de rendre la Sarthe navigable jusqu'au .Mans, en établissant le port à Courteille près Alençon, en construisant un canal passant par Saint-Paterne où l'cm ferait joindre la rivière de Moire, pour tomber à Fresnay. l'n nouveau projet fut présenté en 1772. V.n fructidor an \I1, Barthélémy, ingénieur en chef dn département de l'Orne, produisit im nouveau projet de jonction de l'Orne à la Sarthe (Mémoire statisligiic .in département de rOrne, par \*. A. Lamagdeleine, préfet de ce département, ms. (Archives de l'Orne), l-^n iHiTi, Lange publia un Mémoire sur le port de Caen^ dans lequel il démontre la possibilité de faire communiquer rOrne avec la Loire, par la Mayenne et la Sarthe. Ln i«2o, IJecquey. directeur général des ponts et chaussées, proposa de faire communiquer la Seine et la Mayenne au moyen d'un canal passant par Louviers, l-^vreux et Alenvon. Ce projet fut présente de nouveau en 1ÎÎ29 par l'inspeclcur divisionnaire lîrisson. l'n autre projet fut produit en 1ÎÎ40 pour joindre rilon, affluent de la Seine, avec la Sarthe. On lit à la même époque des études pour rejoindre la Loire à la Manche en reliant l'Orne àlaSarlheet à la Mayenne. Odolant Desnos, Mém. hist. sur Alençon, t. IL p. q'C- -~ L. de la Sicoiière, \otes statistiques sur le département de l'Orne, (Annuaire de l'Orne, i8/^»i). — IL de l'erron. Rapport du préfet, session ordinaire d'août l'J'j^G.

le courant de la dite rivière et qui appartiennent à divers particuliers (i) ; à joindre la dépense qui seroit grande. De plus, comme elle n'est pas d'une égale profondeur partout, il faudroit aussi, dans les lieux où il y en a moins, retenir Teau, ainsi que Ton a fait dans la rivière de Mayenne, qui descend de Laval à Angers et qui naturellement étoit trop basse pour porter bateau. Il est constant que si la Sarthe étoit rendue navigable, le commerce augmcnteroit considérablement dans la ville d'Alençon, par la facilité qui en viendroit du transport des marchaildises de toiles et autres qui s'y fabriquent dans les provinces du jMaine, Anjou, Touraine, môme d'autres plus esloingnécs, par la communication de la Loire.

Les autres rivières qui naissent et prennent leur cours dans l'étendue du dit Duché ne sont pas propres à porter bateau.

l'avre

Celle d'Avre, prenant sa source dans la forêt du Perche, commence le sien à Contrebis, ensuite descend à ChesnebruH et Vcrneuil où elle traverse, le long des murailles de cette ville, un grand étang d'environ cent vingt arpents appelé riitang de France, qui dépend du domaine du Roy, passe à Tillièrcs, à Nonancourt, et, au-dessous d'Anet, se

(i) D'après la Description Jes principales rivières du département de l'Orne par lîarthclcmy, in^rcnicur en chef, en fructidor an VII, 36 moulins à blé et 2 moulins à foulon claicnt établis sur la Sarthe, et sur les 127 affluents ou sous-affluents Je cette rivière, existaient dans le département i3i moulins à blé, 5 ^Tosses forges avec fourneau et fonderies, 2 trêfileries, 4 moulins à tan, 4 moulins à fouhm et 3 papeteries.

joint à la rivière d'Eure : auparavant, elle sépare la haute Normandie davec le Thimerais de ce côté-là (i).

ITON

Iton prend son origine en la paroisse de Ronxoux, passe aux Genettes, Tubeuf, Bourth, au-dessus duquel, outre son cours ordinaire, elle se divise en la paroisse de Francheville en deux bras ; Tun va tomber en la rivière d'Avre au-dessus de Yerneuil, et l'autre reprend au-dessus de Bretcuil lancien lit de la dite rivière qui passe à Damvillc et ensuite à Evreux (2).

(1) Variante du ms. Ci 7,73 des Arch. nat. « Cette rivière prend sa source au bas de la forêt du Perche, passe à Contrebis. »

LMî're, en effet, traverse les communes de Bubertrê, Bresolettes, Contrebis (réuni à Randonnai), Randonnai, Irai et Hcaulieu. Elle sert de limites aux départements de l'Eure et d'IîIure-et-Loir :

Abra licet parva Francorum dividit arva.

{2) L'Iton a sa source principale en la c(jmmune de Mahéru et traverse Ronxous (réuni à Moulins-la-Marche).

• La belle et claire Iton, dit Gabriel Dumoulin, sort d'une fontaine du Perche, et prenant pour escorte deux ruisseaux qui coulent Fun de rcstang" royal de \*ernueil et l'autre de celui de Hrctucil, visite Condé. qui est le plus plaisant séjour des évesques d'Kvreux et où j'ay reçu les saintes ordres. L'on a dit que ceux de Conches passionnément amoureux d'Ilon, la voulurent ravir pour jouir de sa beauté et que. l'ayant quelque peu destnurnée du chemin que la mère nature luy avoitm<mslré. jj^ravèrenl sur une pierre dunt je n'ay vcu encor aucuns mémoires :

« Vucille Dieu ou non, « Cy passera Iton. »»

« Mais ceux d'Evreux, plus forts que les Conch«)is luy tendirent les bras, la rcçeurent à refuge et luy permirent d'aller joindre ICure près d'Acqui-

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