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ETAT

DES BIENS DES CONSISTOIRES DE LA GÉNÉRALITÉ d'aLENÇON

{Archives nationales, T. T. 270 cl G. 7/73).

« Consistoire d'AIcnçon, 32. 000 livres, tant en argent qu'obligations. Les matériaux de l'enclos du temple, ont été donnés à l'hôpital.

« Destination que M. de Bouville propose de ladite somme. 10.000 livres à riiùpital qui n'a que 4.000 livres de revenu et quelques ventes en orge et avoine.

« M"' de Guise représente que cet hôpital a besoin de secours plus que ci-devant parce que le nombre des pauvres malades est considérablement augmenté : qu'il y a eu pendant tout l'hiver

(1) L'n temple avait ctc construit pour les reformes de la ville de Secs, sur le territoire de la paroisse Saint-Cîervais, au hameau de Ciibcnille. Il s'y tint un synode provincial au mois d*avrili6i2. « L*on y contoit bien six ou sept vin{;t tant ministres que députez des églises », dit Marin Prouvcrrc (Histoire ecclésiastique du diocèse de Sais, M. S).

(2) Archives nationales, T. T.. 25M.

beaucoup de soldats, et qu'il se trouve un grand nombre de pauvres nouvellement convertis, qui étaient auparavant à la charge du consistoire.

« Pour le surplus, ^\. de Bouville propose qu'il soit donné iS.ooo livres au CoUègedesjésuitesd'Alençon, pour fairequelque logement, et pour la subsistance de quelques religieux, qui seroient employez à prendre soin des enfants dont l'éducation leur seroit confiée, ce qu'il trouve nécessaire à l'égard des enfants des nouveaux convertis, gentilshommes, officiers et bourgeois, qui n'ont pas soin de leur instruction, et ce qui obligera mesme les pères d'y aller, crainte qu'on enferme leurs enfants.

« Outre cette somme, il propose que Sa jMajesté donne aux Jésuites i.ooo livres par chacun an, au lieu de pareille somme qu'elle a fait donner pour une maison de Nouveaux Convertis qui est d'une utilité très médiocre, ne consistant qu'en un prêtre qui a soin de quatre ou cinq enfants, dont il faudra charger les Jésuites.

« iM. de Bouville propose de donner 6.000 livres, pour l'agrandissement de l'église Notre-Dame d'Alençon, pour la construction d'une chapelle pour la communion, dont le plan est ci-joint, laquelle sera vis-à-vis de la chaire, ce qui donnera lieu à beaucoup de personnes d'entendre la prédication qui ne se fait le Carême et l'Avent que dans cette seule église. Cette dépense coûtera seulement 4.000 livres, parce que M** de Guise donnera la pierre dont on a besoin, et le surplus, jusqu'à 6.000 livres, servira pour la décoration nécessaire et pour remettre tous les bancs de l'église en état, en sorte que les Nouveaux Catholiques puissent avoir des places.

« M. de Bouville propose de donner i.ooo livres à la maison

des Nouvelles Catholiques d'Alençon et 2.000 livres à rHôpital de Dom front.

« Consistoire de Giberville prèsSées, rentes i5i livres 18 sols.

« L*Hôpital de Sées jouit de ce revenu, et les matériaux du temple ont tourné à son profit. Le sieur marquis deCourtomer demande qu'une rente de 100 livres, donnée à ce consistoire par la dame de Courtomer, veuve du sieur...., sa tante, pour l'entretien du ministre, soit unie à la fabrique de Tégiise paroissiale de Courtomcr, pour ôtre distribuée aux pauvres par les marguilliers.

€ Consistoires de Fontaine et de Crocy. Rentes, environ 214 livres 5 sols.

« Les Hôpitaux d'Argentan et de Trun les ont partagés: celui de Trun a eu les deux tiers, et celui d'Argentan Tautre tiers.

« Consistoire du Mesnil, dans la paroisse de Joué-du-PIain.

Rentes, 172 livres, 60 sols.

« L'Hôpital d'Ecouclié jouit des dits biens.

« Consistoire de Falaise. Rentes, 143 livres.

« L'Hôpital de Falaise jouit des dits biens.

« Consistoires de Saint- Pierre-sur- Dive et de Saint-Silvin. Rentes, 25 1 livres.

€ L'Hôpital de Saint-Picrrc-sur-Dive demande ce revenu.

« Consistoire de Laigle. Rentes, 5o livres.

• L'Hôpital de Laigle en jouit.

« Consistoires de Belicmect iMontgoubert. Rentes, 52 livres. L'hôpital de Bellôme qui est dans un grand besoin, jouit des dits biens et les matériaux du temple ont été employés à bâtir une sacristie à l'église paroissiale.

« Consistoire d'Orbcc. Rentes, 5o livres.

« L'Hôpital en jouit.

♦ Consistoire d'Alençon 1.430 livres de rentes, données, avec remplacement du temple, à THôtel-Dieu, par brevet du 19 juillet 1690, à la charge de payer annuellement, 5oo livres aux Nouvelles-Catholiques, plus 8.160 livres en deniers.

« Consistoires de Bellême et Montgoubert, 533 livres de rente, données à THôpital de Bellême.

< Consistoire de Mortagne, une sergenterie de i5 livres de ferme, dont jouit l'Hôpital de la dite ville.

€ Consistoire de Laigle, 200 livres de rente, dont l'hôpital fut mis en possession, par arrêt du Parlement de Rouen, du 20 novembre i685.

« Consistoire de la Ferté-Vidame, 200 livres de rentes. La confrérie de la Charité du bourg en jouit, en conséquence de deux arrêts du Conseil, des 5 janvier et 16 février i685.

« Le Consistoire d'Orbec avait environ 5o livres de revenu, dont jouit THôpital.

« L'exercice de Falaise et celui de Croci ne composaient qu'un seul Consistoire, 2i3 livres de rentes, réunies à l'Hôpital de Falaise.

« Les exercices de Saint-Pierre-sur-Dive et de Saint-Silvin, composaient un seul Consistoire, de 260 livres de rente, réunies à l'Hôpital de Saint-Pierre-sur-Dive.

« Le Consistoire de Ronfeugerai n'avait aucun revenu. On employa le prix des matériaux du temple, à paver l'église.

€ Le Consistoire de Joué-du-Plain et iMortrée, jouissait de quelques parties de rente, montant à 192 livres. Ces biens furent donnes à M. de la Motte-Ango, conseiller au Parlement de Rouen, pour être unis à une chapelle qui est dans son fief pour

(i) Archives nationales, G. 7/78.

servir à Tentretien d'un prêtre, obligé d'instruire les pauvres et les enfants de la paroisse, et d y dire la messe. »

La terre de la Motte avait été acquise, de la maison de Montgommery par Nicolas Ango ; elle fut érigée en marquisat en 1695, sous le nom de la Motte- Lézeau. Il existait dans cette paroisse, une chapelle dédiée à Saint-Pierre.

Le temple de Joué-du-Plain était situé au hameau du Mesnil. Une anecdote se rattachant à cette petite église, est citée par M. F. Beaujour :

Un sieur Boulay de Vaux qui avait embrassé la réforme en 1678, ayant contracté mariage avec une de ses parentes de Caen, nommée Marguerite Poulain, devant Téglise du Mesnil, en Joué-du-Plain, le 23 octobre i683, fut dénoncé par Tavocat du roi à Argentan, comme ayant quitté le catholicisme postérieurement à Tédit de 1680. 11 fut en conséquence arrêté. Le ministre qui avait célébré ce mariage en Téglise de Jouédu-Plain, Galland, fut inquiété. Il produisit pour se justifier le certificat de publication de bans donné par Téglise de Caen, et Ton saisit cette occasion pour interdire, par provision, le culte en cette ville. Les ministres de cette église furent même décrétés et la ville d*Argentan leur fut donnée pour prison {Essai sur rhistoire de Vcglise réformée de Caen p. 3 1 2-3 1 5). Ce Consistoire fut représenté au synode, en 1682, par M. Galland, ministre (i).

(i) M. de La Sicotiëre, dans son Histoire du Protestantisme dans la Généralité d'Alençon^ ms, citée dans Fart. Alençon^ du département de TOme arch. etpitt. (p. 282 n, mentionne, en outre, Courtomer comme lieu de culte pour les protestants.

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