‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 111 sur 191 · IV. ACTION DE ROME A L'OCCIUENT · texte numérisé non relu

IV. ACTION DE ROME A L'OCCIUENT

à Rome qu'ils deinanderoDt tout : lois, mœurs, langue- Ip bien comme le mal. Aussi laissera -t-elle sur eux son empremte. Vingt siècles ne l'ont pas encore effacée; car dans leur supériorité politique et sociale, on retrouve l'influence de son génie pratique et sévère. Pourtant elle n'avait pas, pour prendre ainsi possession des esprits, l'ardeur que h Grèce avait mise à conquérir l'Orient , ni la force dont celle-ci disposait, grâce à tous ses grands houunes, pour agir sur les intelligences. Toute noyjqe, encore dans la culture des lettres , étrangère aus arts, qu'elle laisse à des mains serviles , Rome n'avait guère qu'une civilisation d'emprunt. Comme ces fils, venus aux derniers jours de leurs pères, et qui n'ont ni les grâces riantes, ni l'éclat de la jeunesse, les muses latines, nées trop tard , n'ont pas eu d'enfance, et l'on voit trop qu'elles arriveront bien vite à la caducité. Aussi pourront-elles défricher les esprits incultes des hommes de l'Occident, mais elles ne saumnt pas défricher les àmcs. Elles feront des rhéteurs; elles ne donneront ni les fortes croyances qui règlent les mœurs m la science austère qui conduit l'homme , au moins à se respecter lui-même. Certes, dans l'ordre des intérêts' matériels , Rome fera beaucoup , car elle sait commander 1 obéissance, imposer la paix et assurer la justice». Mais dans la sphère des idées, que donnerait-elle? Elle n'a ni philosophie, ni art, ni science, sauf celle qu'elle a si admirablement fondé*, le droit; elle ne croit même pas à la religion , qui reçoit son encens officiel et qui ne vit plus dans le peuple que parce que les siècles seuls peuvent arracher brin à brin ce que les siècles ont semé.

Aussi , quand les Romains auront couvert d'amphithéâtres et de basiliques, de temples et d'écoles, les provinces

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