T. Live, XLV, 26 et
ISOLEMENT ADMINISTUATIF. 199
à rAchaïe , après la chute de Corinthe^ Un mot de CIcéron montre que partout la même politique avait été suivie : « Diodes de Panorme , dit-il , avait loué un champ sur les terres de Ségeste , car entre ces deux villes il y a droit de commerce ^ » hejiis commercii était donc l'exception , et la défense était la règle, puisque Toraleur craint qu'on ne s'étonne de voir un habitant d'une ville posséder sur le territoire d'une autre cité. Il est vrai qu'il s'agit ici de deux villes libres, c'est-à-dire de deux États réputés indépendants; mais ces sortes de villes étaient en grand nombre, et je ne doute pas que de semblables interdictions n'aient été prononcées en beaucoup de lieux. Les citoyens romains pouvant acquérir et trafiquer partout, trouvaient trop bien leur compte à des prohibitions qui les délivraient de toute concurrence pour que le sénat ne voulût point multiplier ces interdictions. Là sans doute est une des causes de ces vastes latifundia qui , après avoir perdu l'Italie, perdirent aussi les provinces''.
La province , divisée intérieurement comme nous venons de le montrer, n'avait aucun lien avec les provinces voisines. Celles-ci étaient une terre étrangère, aliéna. Aussi pouvait-on être exilé de sa province*. Le proconsul qui franchissait les limites de son gouvernement encourait l'accusation de majesté; et une ville, du moins en Bithynie d'après la loi de Pompée , ne pouvait donner chez elle le droit de cité à l'habitant d'une autre province ^ Ces défenses s'accordaient trop bien avec l'esprit étroit des municipalités