‹ État du monde romain vers le temps de la fondation de l'empire [microform]Chapitre 69 sur 191 · IMMIGRATIONS · texte numérisé non relu

IMMIGRATIONS

pandu depuis Kisliracques, la gueiriiidtisi Marges et la colère^ plus terrible, de Sylla, qui Tavait couverte de ruines sanglantes; puis tant do légions décimées par les fatigues et la gmiWQr iMii de coloûs anvayés htir& de la péninsule \ et ces cjofttinuelles migrations d'aventiiriers qui allaient chercher fortune au loin. Ils étaient Romains, le monde leur appaï^teJûaitrfil àspiiàseut qud la luisère était une àoute, ils seraient modestement restés à labourer leurs chanips, comme au temps de l'antique et honorable pauvreté ! Bien mieux valait acûouriF dans les provinces pour y exploiter lenr titre de citoyens ^ la faveur de leurs patrons, nm^ tout les emplois lucratifs qu'ils trouvaient auprès des magistrats et des publicains, ou dans ces sociétés de commerce répandues en si grand nombre dans Fém|lire qu'il n'y avait pas une ville de quelque importance, qui n'eût un comptoir et toute une colonie de négociants romains l Si quatre-vingt mille Italiens étaient en Asie au temps de Mithridate, combien y en a-t-il aujourd'hui? Combien encore en Egypte, en Syrie, à Carthage qu'a cette heure même ils relèvent; en Espagne où la moitié du pays parle déjà latin; en Gaule, où ils ont achevé l'in-

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1^ 30 000 sous César; 120 000 dans une seule aimée, sous Auguste. Monum, Ancyr, li

,î^., Ce tiire y était encore liautenieut respecté. Voyez dans les Actes des apôtres V(iQroï d'un iribiui légionnaire quand il apprend qnf s^Ml .Paul est citoyen.

,t,3f. Celait quelque cliose comme l'expansion de la race espagnole au xvi" siècle el de la race grecque aux temps plus anciens qui s'éjiuisèreiU aussi à peupler d'autres pays. La race anglaise offre aujourd'hui la niênie activité exubérante, mais non le môme épuisement. Nous reviendrons sur ceia plus loin. Disons tout de suite qu'on exagère la répulsion des Komains pour le commerce. Ce qui était vrai deux siècles plus tôt ne l'est plus. Dans sou tableau de renipire, Strabon se préoccupe fort du commerce. C'était un Grec, dira-t-oii, oui, mais il montre (jue tout le monde en* était fort occupé.

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-96 § I DiFFlCUïJ^$ pQlIft,fLE tlCR^UXKMENT EN ITALIE.

vasipii d^ ^,Naii)oiijais§,, et où ils coimiiencent celle de la ,. Ç^i3ue{et4^rAcfeHitiiiynô,?J(ieiUôl li^^ en trouvai rôas! au fond de la Germanie chez les Marconians et les Clîépusqries, et jusque dans les solitudes où l'Arabe qui les rencontre, •s'a rrêtjS» {étonné devant ces hommes^ jd*' un monde quiil ne connaît pas^ '

. . Ainsi le peuple rornain, dispersé sur toutes les mersr et , ,di^n^le3^plus. Iqintaines régions, laissfét désertes les cani- .:. pagnes de l'Italie. Rome seule s'encom!)rait d'une foule famélique et inutile, sur laquelle Tite-Live n'osait conypter. Téiftojl^ 4e ra.ppaiiyfi^Q^metttd^-r4talie et dôia disparition de iiette dasse moyenne qui formait autrefois uèe si nôm- , breuse etsi vaillante armée, il s'étonnait des forces^ue Rome déployait dfMig'jlaiBaijjQiena jours, et ajoutait triste ment:,:jf» Lever dix légions aii premier bruit d'une irruption jj^j^oudaine ne serait pas à présent diose faicile, môme en réunissant toutes nos ressources, tant il esi: vrai que ces ripl^esses çt ce luxe qui nou* minent, seuls ont* grandi, non notre puissance ^ » Columelle est plus précis encore, lors-

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1. Dion LUI, 1G. Strab., Desc. de V Arabie Pétrée. Tac.,^n/u, i(, G2. Les Marcoipàns, dit-il, avaient une capitale où vivaient beaucoup de marchands italiens. .•. . .

$. Uv. vil, 2iî Cf. PU, JI. xY., lU, 5 et 25; Dion, XLlïl, 26.€icéron

parlç (ad 4tt., I, 19) des solitudes de l'Ilalie qu'il faut repeupler : Ifo/tVr

sùliludinem ^frequentari. Strabon et Appien témoignent de la même

ciiose. L^talie était dans une tout autre condition politique que lespro-

vinces. Elle n'a>ait point de gouverneur, elle était exemple de Tinipôt

fQpcier mais payait des droits de douanes rétablis pai* César, le iributum

'ex censù rétabli par les triumvirs en il (Ai>i)., B, C^IV, S, â2; Y, €7;

Dion, XLVll,.li, 17 î XLYUl, 3-i î Plut., Âem., 38;, et quoiqu'elle eiii le

droit de ^cU^ §es villes conservaient leur ancienne organisation. On y

distinguait toujours des munici|>es, des colonies , des préfectures, avec des

jjijpçab tés subordonnées, ifor<i, conciUabula pagi^ ïioii casieLla. La loi

|ld^çia Oaule cisalpine (Lex Rubria) retrouvée, en I7<î0, dans les ruines de

Velleia et qui e^jt àe l'année 'i3, motitie une restriction apportée à i'an-

cienne indépendance des inunicipes italien^, Leurs magisUats avaient la

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1 qu'il monlre l'antique et vigoureuse t*acé d'Italie, s'éliolant i! dans une vie lâche et efféminée, et ces jeunes Romains si ruiné!? piar la débauche, que la mort n*ataît presque plus rien à faire, quand eHe venait les prendre*. *^' '*j|j-^ -

11 arriva donc à Titalie, comme à l'Espagne de Philippe II, de s'épuiser à élever une domination colossale et de payer sa gloire par d'incurables misères. Le soleil ne se couchait pas sur l'empire du fils de Charles V : le Pérou lui envoyait ses:;tiiésoars; ses flottes couvraient la Iner ; ses armées menaçaient l'Europe entière; et, au milieu de tant de richesses €t de puissance, l'Espagne se ruinait, ses campagnes se changeaient en déserts, ses vHles- eu bourgades, ses cha-

« idéaux en masures, et leurs maîtres, lès fiers hidalgos , couj^rMeot le pays d'un peuple de mendiants. La base, qui portait l'édifiée, iléchissant, bientôt tout croula. Heureusement pour l'Italie, elle était lentement montée, lenlténlent aussi elle descendit *,

rrnn Cet état frappait tdusks y©ax<ilair voyants; César y avait

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jiiridiciion civile et criminelle» dans la Cisalpine ik n'eurent plus que la juridiction civile et seulement pour les cas où l'objet du litige ne dépassait pas une valeur de quinze mille sesterces. Au-dessus de cette somme l'affaire devait être portée à Rome devant le préteur ; ces restrictions seront sous l'empire étendues à toute ritalie. Les colonies ne différaient mainlonaiit des municipes que par leur origine. Quant aux préfeclures, depuis qu'dles ont, files aifssi, le droit de cité, elles ne se distinguent des deux sortes de villes précédentes qu'en ce qu'elles recevaient de Home un prœ-

'^^'fêclus furi ditundo, c'est rf)plnion mise en avant par Savigny dans son Histoire du droit romain au moyen âge^ et que Ton peut concilier, si l'on tient compte des temps, avec la définition donnée par Sigonius des préfectures dans son de ant. Jure ItaHa\ II, cli. x. Formula prxfeciurœ noii longe a provineiœ formula ahfuisse ridetur.

1. De re rustica, in pr.Tfal. Les fatigues d'un travail exagéré et surtout des débauches précoces produisent le même effet dans nos villes de fabrique. il y en a qui ne peuvent arriwr à fournir leur contingent militaire.

lût I 5. Chartes d'Anjou disait à la vue de sa flotte détruite parîesAragonais; ■ Sin Dio ...piacôiati ehe 'l mio calaresta a petif pant. Vilianî, VIÎ,G1. M. Mignet accuse l'Espagne d'avoir grandi trop vite. Npgociafinna rela^ tires à la fiuecesHon d'Èapagne, Tvtrnd.^ p. 1<.

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i,8 g't. LES COLONIES MILITAIRES.

pensé'. Afin d'arrêter ces migrations qui dépeuplaient la péninsule fei de combattre l'a6.wfttà«we qui VappaUVrissait, il avait ordonné qu'un citoyen tié'pïlt rester plUs de

" irois années de suite, dans les provinces , à moins d'ompêchemettt légal. En même temps, pour encourager l'agriculture , il posait des bornes à l'extension des patrimoines,

" et il forçait ses vétérans colonisés à rester vingt années au moins sur leurs champs avant d'avoir droit de les vendre ^ Mais les troubles du second triumvirat remirent tout en question. Les proscriptions, la guerre de PérouSe , surtout les nouvelles colonies, accumulèrent sur l'Italie plus de misère qu'elle n'en pouvait porter. On a compté que, de la dictature de Césaraux premières années du principat d'Auguste ', soixante-trois villes avaient été livrées à des vétérans sortis de toutes lés provinces et recrutés dans toutes les races ' 1 C'était comme un renouvellement de la population entière de la péninsule, à laquelle on donnait , au lieu de paysans sobres et actifs, des soldats grossiers et paresseux, impius miles' ! Après ces exécutions, les chenims de l'Italie se couvraient de troupes d'émigrants que la faim

1 Suet.,tn to., 42, voyez mon II" vol., p. 525.- L'absenlélsnio est une des plaies de l'Irlande, O'Connel n'a cessé de le combattre.

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