Le nombre d’émigrés arrivés au port de Québec, a été
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L'année 1847 fut l’année de la famine en Irlande ; et lémigration de cette année là traîna à sa suite les maladies et la mortà un degré épouvantable. Depuis cette époque, les règlements qui concernent le transport des passagers et les établissements de quarantaine ouverts aux émigrés qui arrivent à Québec, ont été mis sur un pied beaucoup plus parfait.
12. Les souffrances de l’Irlande durant cette période désastreuse,: induisirent des âmes philantropiques à proposer des plans de colonisation systématique, appuyés dans quelques cas sur l’idée qu’il était dans Pintérêt des émigrés de se diriger autant que possible vers certaines régions où ils pourraient se concentrer de manière à former un corps de société completen lui-même, et rester soumis aux influences religieuses et sociales, sous lesquelles ils avaient vécu avant l’émigration. On demandait, si je me rappelle bien, au gouvernement dans Pun de ces plans, d'établir dans un endroit inhabité du Canada un nombre considérable d’irlandais qui s’y rendraient avec leurs prêtres et leurs affections de famille. Mais ces plans, quelque bienveillants qu’ils fussent dans leur but, reposaient, je crois, sur un malentendu complet des intérêts de la colonie comme de ceux des émigrés. On a presque toujours remarqué que les émigrés qui s’isolent, quelle que soient leur origine ou leurs antécédents, restent invariablement en arrière de leurs voisins ; et Je suis porté à croire, que, règle générale, dans les sociétés dont Porganisation sociale et politique est aussi avancée que Pest celle de nos colonies de l’Amérique du Nord, il est dans l’intérêt de tout le monde que les nouveaux venus, au lieu de s’établir à part et de se cramponner encore aux liens de sectes ou de partis qui les unissaient ensemble dans le pays qu’ils ont laissé,se dispersentautant
que possible parmi la population déjà fixe au milieu de laquelle ils se rendent. :
15. Il n’est peut-être pas hors de propos de parler ici d’une chose qui se raitache à ce sujet ; c’est que les malheurs qui accompagnérent Pémigration de 1847, créèrent pendant un temps dans lPesprit des habitants de la province certains préjugés contre lémigration en général. La capitation sur les émigrés fut augmentée, et bientôt l’on vit se répandre généralement l’opinion, que quelque désirable que soit l'introduction des capitalistes dans le pays, une émigration composée de personnes appartenant aux classes pauvres devait plutôt être un fardeau qu’un avantage. La gène commerciale jointe aux craintes du résultat probable que la politique du libre échange adopté dans la Grande-Bretagne devait avoir sur la prospérité des colonies, avait opéré dans le même sens. Pour contrecarrer ces tendances qui, ainsi que je le pensai, étaient de nature à finir par nuire à la mère-patrie età la province, je sollicitai particulièrement, dans le discours que je prononçai du trône en 1849, Pattention pnblique sur l’émigration par la voie du St. Laurent, comme étant une branche de commerce qu’il était désirable d'exploiter (indépendamment des conséquences qui pouvaient en résulter pour l'établissement du pays,) vu l’excédant considérable des exportations sur les importations qui se faisaient par cette voie et, partant, l'augmentation dans les prix du fret à Pextérieur. Ces vues rencontrèrent l’assentiment général, et les mesures qui depuis cette époque ont été adoptées pour rendre cette route attrayante pour émigré qui se dirige vers l’ouest (et leflet s’en voit aujourd’hui visiblement dans le chiffre croissant tous les ans de l’émigration du continent d'Europe par la voie de Québec) sont de nature non seulement à développer le commerce de la province, mais encore à mettre l’émigré des hautes classes au fait des avantages qu’elle offre. |
14. J’ajoute ici un état indiquant le nombre et le tonnage des bâtiments qui sont arrivés à Québec avec des cargaisons ou à lest dans chacune des années de 1846 À 1854, distinguant les . bâtiments anglais des bâtiments étrangers. Dans les entrées des bâtiments venant du royaume-uni surtout, il semble y avoir eu durant cette période, une augmentation constante dans la proportion des bâtiments avec cargaison sur celle des bâtiments à