LE COMTE D'ELGIN A SIR JOHN PAKINGTON
{No. 64.]
HOTEL DU GOUVERNEMENT, Québec, 18 décembre, 1854.
Sr,
J'ai l'honneur de vous transmettre ci-joint le livre bleu pour 1853, ainsi que les comptes publies et le tableau du mouvement du commerce et de la navigation dans la province pour getté même annéc. Vous y trouverez des signes de la prospérité croissante du pays—signes non moins éclatants que eeux sur lesquels jé sollicitais votre attention dans ma dépêche du 23 décembre 1852, No. 116, et dans ma dépêche du 16 août 1858, No. 58, qui accompagnaient les livres bleus pour chacune des années 1851 et 1852.
2. La valeur des importations dans la province y est portée à £6,571,527 19s. 10d. pour 1853,—à £4,168,457 8s. 5d. pour 1852 ; et les droits sur les marchandises entrées pour la consommation se .ontaient en 1853, à £845,487 15s. 3d.,—et en 1852, à £607,613 18s. 104. Pour prouver encore que ce progrès se continue, je puis dire que les importations pour le semestre expiré de 5 juillet 1854 sont évaluées à £3,836,245 6s. 10d., et les droits de donanes reçus durant cette même période, à £464,935 9s. 4d., pendant que les importations pour le semestre correspondant en 1853, se montaient à £2,811,970 10s. 1d., et les droits à £367,128 4s. 10d.
3. Les exportations sont évalnées à £4,890,678 14s. 3d. pour l’année 1853, et à £3,145,398 14s. 4d. pour 1852.
On voit encore une augmentation considérable sur les opéra: tions de l’année précédente dun Pexploitation des ressources qui constituent notre commerce d’exportation,—
Produit des mines, Le de la mer, #4 de la forêt, Animaux et leur produit, Nourriture végétale et autres produits agricoles.
L'exportation des minéraux de Ja province est portée au chiffre bien bas de £22,466 8s. 8d., mais il est probable qu'avant beaucoup d'années il y aura une augmentation considérable dans cette branche.
4. L'état des finances de la province m’a paru justifier ce que je disais dans le discours que j’ai prononcé du trône, à l’oaverture de Ja présente session du parlement provincial :
& Vous serez probablement d’opinion que l’état de prospérité # Jans laqnelle se trouve le revenu oflre une occasion que le # parlement suisira avec raison de reviser le tarif actuellement “ en force, dans la vue de révoquer les droits qui pèsent sur les & matériaux bruts employés dans la construction des vaisseaux “ et dans les autres branches de manufacture dans la province, “ et de réduire ceux qui pèsent sur les articles qui entrent en # grande partie dans la consommation du peuple.”
Curformément à ces recommandations, l'assemblée législative a adopté des résolntions qui ont substitué jnsqu’à un certain point des droits spécifiques aux droits ad vaiorem. Qu’une mesure de cette nature soit praticable à une époque où Ja nation, dont cette colonie forme partie, se tronve en guerre avec le plus puissant empire de la terre, et que le commerce extérieur de Ja province n’éprouve aucun embarras dans une semblable erise, ni pour le fret ni pour les risques d'assurance résultant de l’état de guerre,—ce sont là des preuves frappantes et du pouvoir de l'Angleterre et de la libéralité de sa politique coloniale,
5. Comme ée rapport est probablement Île dernier que j'aurai Phonneur de soumettre sur les affaires du Canada, je saisirai Poccasion d'y joindre des statistiques puisées aux sources offcielles et qui compléteront celles qui accompagnaient les dépèches dont j'ai déjà parlé, et démontreront le progrès que la province a fait dans le cours de ces quelques derniêres années. Un aperçu de cette nature est d'autant plus à propos dans ce moment que ladoption d’un système de libre échange avec les Etats-Unis, pour les produits naturels, peut être considérée comme inaugurant une nouvelle ère dans histoire commerciale du Canada et comme terminant cette longue période durant laquelle la province s’est vue soumise à la concurrence des Etats-Unis sur les marchés anglais, sans y trouverles avantages et les termes que l’on accordait à ses concurrents. Cette époque
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de transition entre un système de” protection incomplète et un système de liberté entière de commerce, a coincidé avec le terme de mon administration ; et c’est une leçon bien intéressante et bien instructive que l’on trouve dans le fait—que cet immense progrès sous le rapport matériel, que le développement remarquable du principe de l’indépendence individuelle, s'est opéré dans la province sous des circonstances qui, pour un granil nombre, n'étaient rien moins qu’encourageantes,