Comme les communications postales n’exercent pas une
influence médiocre sur les intérêts sociaux et intellectuels de 1a société, je terminerai mon rapport par quelques remarques sur Ja condition de ce dénartement qui a été transféré à la direction des autorités provinciales, dans le mois d’avril, 1851. A l'époque de ce changement de direction l’on substitua le taux de port uniforme de 3d. courant (environ 21d., par demie cnee, à l’ancierf taux qui variait suivant la distance et qui se montait en moyenne à 9d. courant (environ 74d.) par demie once sur toutes lettres passant par le bureau. Les rapports du département indiquent que dans l’année expirée le 5 avril, 1852, la malle a parcouru une distance de 2,931,875 milles—augmentation de 444,360 milles sur l’année précédente, et qu’il a été établi 243 nouveaux bureaux de poste. Le revenu brut des frais de poste pour la première année des taux réduits a été de £59,004 118. 10d., celui de l’année précé-dente ayant été de £77,097 10s, 8d. Ce revenu a été de £9,862 Os. 11d, de
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moins que les dépenses ; mais i] est estimé qu'une somme de £3,287 185. 5d. suflira pour combler le déficit de la présente année.
31. La condition des sauvages en Canada mérite d’être mentionnée dans ce rapport. La législature et le gouverncinent de la province ont toujours été bien disposés à leur égard. A mesure que les circonstances l’ont exigé, il a €té passé des lois dans le but de les protéger ; et l’on n’a pas eu recours ici pour les forcer à reculer devant le progrès de la race blanche à ces mesures de violence et de fraude qui ont été adoptées dans d’autres pays. Les sauvages de la province supérieure cependant, ceux au moins qui habitent des contrées établies, sont, sous plusieurs rapports, plus favorablement placés que ceux de Ja province inférieure, Ils ont toujours été censés posséder certains droits territoriaux dont l'acquisition est devenue le sujet de négociation, à mesure que les établissements ci la population se sont avancés.
En retour de la cession formelle qu’ils ont faite de leurs terres à la couronne, ils ont reçu compensation sous forme d’annuités, et il leur a été permis de sc réserver de bonnes étendues de terres pour leurs propres besoins où qu’ils ont pu vendre à leur propre profit. Les sauvages de la province inférieure au contraire n’ont aucun moyens (excepté une ou deux seigneuries de peu d’importance,) saufs les présents annuels qu'ils doivent à la générosité du gouvernement anglais. Pour remédier en partie à cet inconvenient, le parlement provin-cial en 1851 passa un acte (14 et 15 Vict. chap. 106,) réservant pour leur usage une étendue considérable de terres et une somme de £S821 18s. 414. par année. Dans le Haut Canada on porte à 7,500 environ en chiffres ronds le nombre des sauvages établis dans les district habités; et à environ 8,000 ceux qui résident dans les districts non habités. Dans le Bas Canada, cette même population pent être portée à 8,500 et 2,000 respectivement. Il n’est pas facile de constater d’une manière précise le nombre de ceux qui résident dans les districts non établis, et il est à craindre que .ce nombre va en diminuant. La population sauvage, dans les districts établis, semble être généralement stationnaire ou fait peut-être quelque progrès. Elle fait aussi, mais à des degrés différents, quelque progrès
en fait de civilisation. J'espère cependant que les écoles d’industrie ouvertes aux jeunes gens et sur lesquelles j'appelais l'attention du comte Grey dans ma dépêche du 31 janvier 1849, No. 19, seront d’une grande utilité sous ce rapport.
32. Avant de terminer ce rapport, je pense qu’il est juste d'offrir quelques remarques au sujet de la dette, des dépenses et du revenu de la province.
Cette partie de la dette publique de la province qui a été contractée pour exécuter des travaux de nature productive que le gonvernement se propose de retenir sous son contrôle, se monte, ainsi que je lai déjà dit, à £2,834,234 1s. 1d.; sur ce montant £1,500,000, ont été empruntés sur la garantie du gouvernement anglais et portent un intérêt de quatre pour cent. A la fin de 1851, le capital placé dans le fonds d’amortissement destiné au rachat de cet emprunt, ainsi qu’on le voit par la dépèche du comte Grey, à moi adresste le 22 janvier 1852, No. 682, se montait à £119,884 Os. 10d.; depuis cette époque il y a été ajouté diverses sommes se montant à £180,000, Les autres deites de la province se montent à £890,166 2s. Gd., et se trouvent en partie représentées par les travaux locaux qui conformément à la pratique adoptée en 1849 sont graduellement vendus, et portent à 3,659,146 15s. 1d., le montant total de la dette de la province. En dehors et en sus de cette dette sont les charges que la province a assumées et continne à assumer pour la confection de certains chemins de fer. J'ai déjà dit les conditions auxquelles ces avances sont faites ; et il n’est uullement probable qu’elles deviennent jamais une charge sur le trésor de la province.
Le montant total des dépenses de la province pour l’année 1851, se montaient à £521,643 11s. 24., y comprenant—
L'intérêt sur la dette publique..£183,749 7
Fonds d’amortissement........ 60,000 0
Dépenses de la législature..... 39,128 18
Education. ........,s0ev 04,380 4
Sociétés d'agriculture, ...,.... 10,617 4
Hôpitaux. .,......,......e 14,447 4
Annuités des sauvages. ....... 6,373 19 5 Laissant pour frais d'administration proprement dits, y compris les dépenses du gouvernement civil, l’administration de la
fus
justice, le pénitentiaire, la milice, les pensions et une variété
d’autres charges diverses, une somme de £152,946 13s. 1d., environ Ls, &d, par tête sur In population, somme que l’on ne peut pas considérer comme excessive ; car si l’on compure ces dépenses en Canada avec celles de certains Etats de l'Union, on ne doit point perdre de vue qu'ici Pon paie à même le revenu de la province un grand nombre de dépenses qui, dans les Etats-Unis, sont portées contre le fonds du gouvernement fédéral ou des municipalités,
34, Le Revenu pour la même période était de £692,206 48, 94. comprenant :
1. Le revenu des douanes se montant, déduction faite des droits remis et des frais de collection qui sont d’environ cinq pour cent sur toutes les recettes, à £578,843 2s. 9d.
2. Le revenu des droits d’accise provenant principalement de la taxe sur les distilleries, licences de magasin vendant des spiritueux, licences de colporteurs ou regrattiers, et licences d'encanteurs, rapportant en 1851, déduction faites des frais de collection (environ douze pour cent sur le tout) £16,586 17s. 5d,
3. Le revenu territorial comprenant les rentes de traverses et le produit des terres et forets publiques se montant en 1551, à
£61,080 3s. 7d, revenn brut, 416,106 10s, 10d. revenu net,
La grande diflérence que lon remarque entre le revena brut et le revenu net, dans ce cas, peut attribuer en partie à la nature nécessairement dispeudieuse des devoirs aitachés au départément eten partie au rachat de terre et de scrip de milice que lon reçoit comme paiement des terres de la couronne, C’est ainsi qu’en 1851 il a été racheté pour £31,595 14s. £d. de ce scrip. Afin ce rendre ce point plus clair il est peut-être bon de mentionner que par un acte de la province, passé en 1841,(4 et 5 Vic. chap. 109,) l’on a mis fin aux oetrois gratuits des terres dans cette province (à lexception cependant de l’octroi de 50 acres accordés à ceux qui s’établissent dans les environs des chemins publics dans les nouveaux établissements.) Les personnes qui avaient à réclamer des terres (ces personnes se trouvèrent géné-
ralement les loyaux de PE. U, des miliciens et des pensionnaires militaires,) dûrent se présenter avant le ler janvier 1843, et si elles pouvaient prouver leur réclamations, elles recevaient un scrip sur le pied de 4s. par acre pour leurs réclamations. Ce scrip était reçu com 1e argent comptant dans les ventes des terres de la couronne ; par un acte passé en 1849 (12 Vic. chap. 31) le temps fixé pour présenter ces réclamations fut prolongé ; mais aujourd’hui il n’est plus émis de scrip. Le montant total émis en vertu de ces actes est d'environ £190,000, dont plus de £170,000 ont été rachetés—reduisant ainsi d'autant la dette publique de la province. 4 4, Le revenu provenant des phares et droits de tonnage. esse soovoososoeosoosse & 110 8 4 5. Le revenu provenant d’une taxe sur les billets de banque émis...,...,.,,.,.,.... 13,012 18 3 6. Le revenu provenant des travaux publics,
y compris lintérêt sur le prix d’achat de
certains travaux vendus par le gouverne-
Met. sessoses cocssscosscssvossse se 03,432 O 10 7. Les amendes de milice, ,......,,.00.. 6 13 7 8. Les amendeset confiscations.....,,..... 1,121 1 11 9. Le revenu casuel, y compris certains hono-
raires, intérêts sur deniers déposés dans
les banques et autres recettes diverses... 9,154 12 9 10. Honoraires de justice, versés en fonds... 3,330 18
Le résultat général étant pour-— Revenu.,.,.... 0.0... 692,206 4 6
Dépenses. , ., ssessisoe soovossese ve 521,634 11 2 indiquant dans les transactions financières de lPannée un excédant du revenu sur les | recettes, se montant û..,.......006:e, 110,562 13 7 A
35. Les états qui précèdent sont soumis avec l'espoir qu’ils pourront Jeter quelque jour sur l’état actuel et sur l’avenir de cette partie intéressante de nos concitoyens, qui, sous la protection de la Grande-Bretagne et dans la jouissance d’institutions britanniques, grandissent dans le voisinage immédiat des Etats-Unis, avec une rapidité qui n’est peut-être pas aussi
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fastueuse et bruyante que celle de la république voisine, MAIS qui peut cependant lui être comparée avec avantage.
J'ai, etc.
(Signé) ELGIN ET KINCARDINE.
Au très-honorable Sir Joux S. ParinGrow, Bart.
etc. etc, etc.
Copie d'une dépêche du Comte d'ELeix et KiNCARDINE à Sa Grâce le Duc de NEewcCAsTLr, HOTEL DU GOUVERNEMENT, Québec, 16 Aout, 1853.
[No. 58.]
Mizorp Duc,
J'ai l'honneur de vous transmettre ci-joint le livre bleu pour 1852, et deux volumes imprimés contenant respectivement les comptes publics de la province et le tableau du nfouvement du commerce et de la navigation, pour la même année.
2, Dans ma dépêche à Sir John Pakington, No. 116, datée le 22 décembre 1852, et accompagnant le livre bleu pour 1851, j'ai cherché à donner, avec autant de détails et d’exactitude que je le pouvais dans un document de cette nature, l’exposé de la condition ec‘ de l'avenir de la colonie à eette époque, et de l'effet que la législation récemment adoptée, tant dans le parlement impérial que dans le parlement provincial, pouvait avoir eur ses intérêts moraux et matériels; il est donc inutile pour moi dans le moment de revenir sur le même sujet. Je n’ai qu’à examiner jusqu'à quel point Pexpérience d’une année de plus peut avoir modifié les conclusions auxquelles jen étais \ venu.
3. La valeur des importations en Canada pour l'année expirée le 5 janvier 1853, est portée à £4,168,457 8s. 5d. contre £4,404,409 Os. 34. pour l’année précédente. Iciilya donc diminution, bien que ce ne soit pas pour un fort montant : et cest de cette diminution qu’il est convenable de rechercher
la cause.
4, Si l'on examine bien les tableaux qui accompagnent cette dépêche, on verra qu'une partie considérable de la réduction en question s’est opérée dans les articles de marchandises qui sont classiliées comme marchandises Hbres et dont la valeur totale en 1851 était de £373,058 11s. 10d4., et en 1852, de £256,407 168. 8d. Parmi les articles de marcliutdises compris dans cette catégorie et dont limportation a subi une diminution en 1852, se trouvent les approvisionnements militaires,—le blé dont je mentionnais spécialement Pimportation considérable des Etats- Unis en 1851, dans le second paragraphe de ma dépêche à Sir John Pakington, sous le No, 116, à la date du 22 décembre dernier,—et les espèces et lingots qui,dans les jimportations de 1851, représentent nne somme de 490,397 2s. 8d, mais qui sont entièrement omis dons les tableaux de 1852. + Ces circonstances peuvent en quelque sorte expliquer le fait que la dininution dans les importations de Pannée n’a pas été accompagnée d’une diminution correspondante dans le revenu des douanes, puisque ce revenu était :
En 1851... ..... Brut.......... #606,1 14 5 2 Bt. vooous DUULOS 6 B En 1859......... Brut Podeaasee 607,613 18 11 Net, souvveece 019,964 1 10
5. Quant aux articles soumis aux droits, il parait y avoir eu une diminution dans les cotons qui, en 1851, ont été importés pour le montant de £602,492 15s. 11d., et en 1852 pour le montant de #636,321 17s. 84. Dans les laines, toiles et beaucoup d’autres fabrications, il y a eu d’un autre côté augnentation pour cette dernière année sur la premidre ; mais en somme, je suis porté à croire que les mnarchands qui importent ont été tout particulièrement prudents dans leurs opérations de 1852, à la vue Ge Paccroissement rapide et considérable des importations annuelles, qui de £2,468,130 6s, 9d. qu’elles avaient été en 1849 s'étaient élevées à £L4,400,409 ,0s. Sd. en 1851.
6. Cependant, dans la vue de consiater si cette réaction, survenue en 1852, dans le chiilre progressant avec rapidité des importations canadiennes était où n’était pas due à des causes qui pouvaient être permanentes de leur nature, je fis préparer des états indiquant les sommes et valeurs comparatives des importations des six premiers mois de 1852 et de 1853 respectivement, On voit par ces états que les importations de la
province, durant les six mois expirés le 5 juillet 1852, se monièrent en valeur à £1,162,464 13s. 11d., et durant les six mois expirés le 5 jnillet 1853, à £2,811,970 10s. 1d., faisant une augmentation de plus de 50 pour cent dans la dernière période sur Ja première. Je ferai encore remarquer que importation des articles qui payent un droit ad vulorem de 12} pour cent, et dans lesquels se trouvent compris les cotons et autres fabrications, s’est portée de £1,198,096 19s. 24 qu’elle était dans les premiers six mois de1852, à £1,910,055 17s. 3d., qu’elle a 616 durant la méine période de 1853.
7. Les exportations de Pannée 1852 ont excédé celles de l'année précédente, Total de la valeur des exportations en 1852.
Des ports de mer..,.,,,..,, £1,602,290 3 11 Des ports intérieurs. ...,..., 1,285,923 15 4
£2,888,214 0 0 Conire...... £2,668,983 14 0 pour 1851. On bien, en ajoutant dans l’un et l’autre cas 20 pour eent à la valeur des exportations des ports intérieurs, pour se rapprocher de la valeur réelle :
Grand total des exportations en
1868, 6 soso vsosonre esse 693 145,098 l4 3 1 PP TE AC NE
8. Dans cet état des exportations se trouve comprise la valeur des vaisseaux construits à Québec dans chacune des années en
question, Elle est évalué pour
LOS A sus se career #020000 16 6 PP NE CE
l'évaluation Ge la première année se trouvant ainsi excéder de beaucoup celle de la dernière. Mais il est convenable de dire que d’après les informations que j'ai reçues, j'ai toute raison de croire que les états de l’année courante, lorsqu'elle sera terminée, indiqueront pour 1853 une augmentation considérable sur 1852, dans le nombre de vaisseaux construits à Québec.
9, Les tableaux transmis ci-joint donnent l’état suivant du
commerce du Canada avec les pays ci-dessous mentionnès
pour l’année 1852,
Etats-Unis. .......,......11,291,340 1 Autres pays. ee soso .e| 38,131 18
è OO CG
| —— Exportations. |! iinporlations.
| Ress sta! Es
£. s dl £ s, d.
Grande-Bretagne ...... ..11,388,390 .5 8 2,192,698 9 7 Colonies de l’Amérique |
Britannique....... | 166,877 18 4! 98,826 3 9 Indes Occidentales Britan- |
TIMOR re dome ne 2,868 15 | 1,050 19 0
Cependant, quant au commerce avec les Etats Unis, il faut remarquer qu’il consiste en grande partie des deux côtés en mar. handises qui traversent le pays en transit. Les importations des Etats-Unis comprennentune grande quantité de thé, de sucre des Indes Occidentales, et d’autres articles non indigènes, et les exportations qui s’y font comprennent, entre autres choses, la nourriture végétale, pour la valeur de £654,711 9s. 6d.
10. Le produit des droits de péages sur les cananx de la province qui était
en 1851 de Brut........... £62,640 3
LNet.ssosorsoo. 52,645 6
Brut.... ...... 69,536 3 Nets sos sossose 57,084 17 ‘4
et le mouvement total de la propriété sur les canaux était en
tonneaux :
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était en 1852 de
- | Wells St. Laurent. Chambly.
La diminution dans la cireulation qui se faisait sur le canal Chambly est probablement due à la concurrence effectuée par les chemins de fer récemment ouverts au commerce, et qui ouvrent une voie de communication directe de Montréal aux Etats-Unis.
A dE Un h
11. La proportion de l'augmentation dans le mouvement total de la propriété sur ces canaux en 1832, telle que comparée avec celle de 1818, parait être comme snit :
Welle uns sus ssss mosmoces mevtééé SE Stbanrentisss sous vsensnencé se TRE Cbamblpe esse monséees em scse EU
Aussi, bien que la circulation sur le canal Chambly ait diminué en 1852, la proportion dont elle a augmenté pendant un plus los espace de temps est encore plus élevée que celle des autres Canaux. Cette augmentation rapide est due à la grande demande du bois de sciage du Canada originée dans ces dernières années aux Etats-Unis.
12. Le nombre et le tonnage des vaisseaux de la mer qui sont entrés dans les ports de Québec et de Montréal, ont été
En 1851...... 1,409 vaisseaux... 573,397 ton’x. En 1852...... 1,332 - sc... 528,138 Et sur ces chiffres on voit comme vaisseaux étrangers appartenant aux pays ci-dessous mentionnés :
om Es
Nombre. | Ton’x. | Nombre. | Ton’x.
mi, rs | ee ns, | ee | nn nnss mncmmemenes. | man. + mans sms,
PO E ours nou sie — 1 134 Mecklenbours. ... 2 478 2 469 Norvège... .....) 47 17,640 58 21,541 Prusse...) 21 7,667 32 10,31:
Hambourg . .,...: ns os il 599 Portugal... ...,...| — nn 6 1,019 SUEE 0 su 80 8 600 3 989 3 979 Etats-Unis. ....... 35 20,062 73 26.944 MHAMONÉ suce 0 v0 | 212 se as RUSGLS sos os sons) 8 366 ses | p | PARA MEET RUN RE ARE Total... : TT | 67,716 176 | 71,409
13. Le revenu de la province du Canada pour Pannée 1852 a été de £723,724 Ts. 5d. ; les dépenses, y compris l'intérêt sur ladette publique et le fonds d'amortissement, ont été de £535,171 Ge, 7d.
14. Avant de terminer ce rapport, j’offrirai, avec la permission de votre Grâce, quelques remarques sur deux districts, que jui visités dans la province, depuis la clôture de la session du parlement, et qui, pour n'être point sur la ligne des grandes voies de communication, n’en possèdent pas moins un caractère digne du plus profond intérèt.
15. De ces deux distriete, celni que jai visité le premier cest situé au sud du St Laurent, à environ soixante milles de Québec. L'or que l’on a découvert en divers endroits de ce district, et plus partienlièrement dans le lit et sur les bords de quelques-uns des petits cours d’eau qui se déchargent dans la rivière Chaudière, à beancoup occupé l'attention publique dans ces dernières années. La formation géologique dans laquelle cet or à été trouvé est considérée comme le prolongement des montagnes vertes du Vermont et les stratifications ont beaucoup d’analogie avec celles qui traversent la Virginie, les Carolines et d’autres états du snd, où lon a, par intervalle, trouvé l'or à l’état de veines et dans les dépôts d’alluvion. L’exploitation de ce minerai n’a été jusqu'ici faite dans ce district que sur une bien petite échelle par des compagnies qui ont employé des hommes à gages; et, pour des raisons qui sont bien évidentes, il est diflicile sous ces circonstances de constater le produit de cette exploitation. Dans tous les cas, Pencouragement que les compagnies ont rencontré a été assez grand pour les engager, après une expérience de deux ou trois années, à continuer leurs opérations. Je wai pu visiter les exploitations les plus productives, mais il a été retiré en ma présence une qnantité considétable d’or du gravier pris sur la rive d’un petit cours d’eau oppelé Rivière des Plantes, qui tombe dans la Chaudière. Je n’oserais point dire si exploitation des mines d’or dans le Bas Canada peut devenir quelque peu productive, et si, dans le cas où elle le deviendrait, ce serait à avantage de la province, mais l’on ne peut point douter que ce riche métal se trouve en quantités vraiment appréciables dans le district one j'ai visité et dans un pays étendu qui sort de ses limiten.
16. On peut vraiment se demander si la principale richesse minérale des townships du Bas Canada se trouvera bien dans les dépôts aurifères. Le minerai de cuivre, le fer spéculaire magnétique ei oxidnlé et d’autres substances susceptibles d'applications utiles se trouvent aussi dans la région que je
pat
viens de nommer; et bien que je ne sois pas disposé à formuler des opinions spéeulatives dans un document qui ne doit contenir que ce qui peut être susceptible de preuve, je me erois tenu de dire, cependant, que des personnes que je considère comme formant une hante autorité, n'ont dit à ce sujet des choses qui semblent faire espérer qu'à une époque qui n’est pas éloignée, quelques-unes de ces substaaces sercnt exploitées avec prolit.
17. Jai ensuite visité le district qui, dans le moment, fait probablement plus qu'aucune autre partie du pays pour mettre Je Canada en état de se porier conme acheteur sur les marchés étrangers. Dans mon dernier rapport je mentionnais le fait que les tableaux de 1850 et 1851 faisaient voir que dans ces années les exportations du bois de construction et des produits agricoles pour la province se balançaïent presque sous le rapport de la valeur ; les tableaux de 1852 donnent un semblable résultat. Les produits de la forêt exportés durant cette année sc montent à £1,351,713 9s. %d., et les produits agricoles, y compris ‘les animaux et leurs produits,” “la nourriture végétale ” et “autres produits agricoles,” à la somme de £1,214,214 3s. 104 Sur la somme immense de richesses que représentent les produits de la forêt dans ces chiffres, la vallée de l’Outaouais contribue pour une partie considérable et toujours croissante.
18. Ce pays important a emprunté le nom, sons lequel il est connu dans le langage populaire, à la grande rivière qui Parrose et qui, bien que tributaire simplement du St. Laurent, est la plus belle rivière qui conle sans interruption de sa source à son embouchure, dans tous les domaines de Sa Maicsté. Elle égoutte nn superficie de 80,000 milles carrés et reçoit à différents points de son cours les eaux de cours d’eau dont quelques-uns égalent en grandeur les principales rivières de la Grande-Bretagne, Ces cours d’eau ouvrent à la hache du bâcheron les forêts presquinépuisables de pins dont cette région est couverte et offrent pour les produits autant de moyens faciles de transport. De simples particuliers dépensent des sommes considérables à améliorer ces avantages naturels. Le parlement dans sa dernière session à voté £50,000 courant pour enlever certains obstacles qui entravaient la navigation
de la partie supérieure de l'Outaouais, en construisant un canal à l'endroit où la rivière est maintenant embarassée de rapides.
19. D’après la nature même de ses transactions, le commerce de bois tombe nécessairement, pour une grande partie, entre les mains de capitaiistes qui employent un grand nombre d'hommes dans des endroits éloignés des marchés et qui, partant, se trouvent obligés de faire des avances considérables tant pour nourris leurs homines et Jeur fournir les choses nécessaires, que pour conslmire les glissoires et faire les travaux propres à faciliter le flottage des bois, dans les cours d’eau et les rivières. Plusieurs milliers d'hommes sont ainsi employés durant l'hiver dans ces forêts éloignées, à préparer le bois qui se transporte, dans l’été en trains on en bateaux s’il est scié, à Québes quand il est destiné pour lAngleterre, et dans la rivière Richelieu quand il est envoyé aux Etats-Unis. [est un fait bien intéressant, tant au point de vue hygiénique qu’au point de vue moral, c’est que depuis ces quelqnes dernières années, les liqueurs fortes ont été rigourensement exclues de la plupart des chantiers, comme on appelle les cabanes des bûcherons dans ces régions éloignées ; et que malgré les froids en hiver et l'humidité dans le printemps auxquels ces hommes sont exposés, lPexpérience à parfaitement bien réussi.
20. L’eflet que le commerce de bois a eu sur l’établissement des terres est un sujet bien digne de remarques. Le cultivaieur qui veut arracher à la nature quelques acres de terre dans les pays nouveaux s’apperçoit généralement que chaque pas qu'il fait en avant dans le désert a non-seulement l'effet d'augmenter le prix de ce qu’il a à acheter, en Péloignant du centre du commerce et de la civilisation, mais encore a l'effet de diminuer le prix de ce quil a à vendre. Il n’en est cependant pas ainsi du cultivateur qui suit la hache du bâcheron. I] trouve au contraire dans les besoins de ce dernier un marché toujours ouvert pour tons ses produits, à un prix qui non-seulement est égal à celui qu’il peut avoir sur les marchés ordinaires, mais à un prix qui couvre le coût du transport depuis ces marchés jusqu'aux lieux où le bois se fait. Ces circonstamees ont, sans doute, contribué puissamment à l'établissement de ces districts, et poussent la population vers une partie du pays qui, sans ces motifs d'encouragement, resterait probablement longtemps inhabitée.
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21. Le pays de l’Outaouais, à part ses ressources en bois de construction et en pouvoirs d’eau et son immense étendue de terres fertiles, est considéré comme bien riche en minéraux qui, probablement, ne seront point longtemps sans être exploités. Il est encore digne de remarques que c’est par l'Outaouais, le Mattawa, le Lac Nipissing et la Rivière des Français, que les européens pénétrèrent d’abord dans l’ouest, En 1615, Champlain suivit cette route jusqu’au Lac Nipissing, et de là jusqu’à cette mer intérieure vaste et tranquille à laquelle il donna le beau nom de Mer Douce. Le Père Récollet, Le Caron, porta l’évangile aux tribus sauvages sur cette même route, et fut bientôt suivi des missionnaires jésuites dont les souffrances et les travaux constituent l’âge vraiment héroïque des annales américaines. Cette route a cependant été en grande partie abandonnée depuis quelque temps pour celle du St. Laurent et des lacs. Cependant la distance de Montréal à la Baie Georgienne, immédiatement à l’entrée du lac Michigan, se trouve vid l'Outaouais, n’avoir qu’environ 400 milles contre plus de 1,000 milles vi le St. Laurent. Depuis cet endroit jusqu’au Sault Ste. Marie, le plus élevé des trois Détroits (Sault Ste. Marie, Détroit et Niagara) où les pays situés sur les deux côtés des quatre grands lacs Supérieur, Huron, Erie et Ontario, se rapprochent les uns des autres, il y a une distance d’environ 150 milles. Il est donc bien probable qu’avant bien des années cette route sera de nouveau considérée comme donnant une ligne favorable pour un chemin de fer, si non pour les communications par eau, avec les régions fertiles du nord-ouest.
22. Je vous transmets le suppl'ment d’un journal local dans lequel se trouvent les copies d’aûresses qui m’ont été présentées à divers endroits, durant ma visite dans l'Outaouais. Votre Grâce remarquera avec plaisir le témoignage uniforme qu’elles portent à la prospérité du pays et au bonheur des habitants. Des rapports qui me viennent d’autres parties de la province tiennent à ce sujet le même langage. Le Canada a eu ses jours de prospérité avant aujourd’hui, mais il est bien douteux que l’on puisse citer aucune époque dans l’histoire de la colonie où il ait existé aussi peu de ces sentiments de haïines personnelles ou d’animosités de partis qui détournent l'attention des intérêts
matériels et détruisent toute coopération dans le bien public.
23. Je ne me propose pas de rechercher dans le moment les causes politiques qui ont amené cet heureux résultat. Lorsque Pirritation qui accompagne malheureusement toujours les périodes de transition se sera entièrement calmée, alors il est probable que les Canadiens reconnaîtront les avantages qu’ils ont retirés de l’application honnête de principes salutaires dans l'administration de leurs affaires, et ils regarderont avec plaisir à l’époque où ils ont commencé à sentir pratiquement que les intérêts qu’ils ont en commun sont plus importants que les intérêts qui les divisent, et que tout en restant fidèles à la conronne, ils peuvent exercer ces facultés —caresser ces aspirations qui, dans les sociétés comme dans les individus, sont le propre de l’âge mûr.
J'ai etc.,
(Signé) ELGIN ET KINCARDINE.
Sa Grâce le Duc de Newcastle, etc, etc, etc.
PAST SL LS Sd LL SN