Le grand tronc de Toronto à Montréal ; 380 milles
6. Québec et Trois-Pistoles, sur la route qui va aux provinces
d'en bas ; 160 milles. La construction des deux dernières lignes a été décidée, par actes passés durant la présente session du parlement provincial.
17. Les rapports du recensement de 1851, que je vous transmets ci-joints, font voir que le développement de la population et des ressources du pays sollicitent ardemment les facilités nouvelles que ces mesures et d'autres projets promettent au commerce intérieur et extérieur de la province. Ces rapports
portent la population totale de la province à 1,842,265 ; 890,261 pour le Bas Canada et 952,904 pour le Haut Canada. Dans le Bas Canada 94,449 personnes sont établies sur des terres et cultivent 3,605,517 acres ou plutôt arpents qui constituent la mesure ordinaire des terres dans le Bas Canada et contiennent environ les six septièmes d'un acre chaque. Dans le Haut Canada, 99,860 personnes sont établies sur des terres et cultivent 3,697,724 acres de terre. Pour certains produits agricoles, tel que le lin et le chanvre et le sucre d'érable, ainsi que pour quelques objets de fabrique domestique, tel que drap et toile foulés, les rapports du Bas Canada surpassent ceux du Haut Canada ; mais pour le blé et les produits agricoles en général la province supérieure surpasse de beaucoup le Bas Canada.
18. On ne peut cependant pas bien apprécier toute la portée de ces résultats statistiques si l'on ne compare ensemble les divers rapports semblables faits à des époques antérieures. Comme les recensements de la province faits à différentes époques l'ont été sous des systèmes différents et avec un degré différent d'exactitude, il n'est guère possible de tirer de cette comparaison des inférences que l'on puisse considérer rigoureusement exactes. On peut cependant obtenir un degré suffisant d'exactitude pour des fins pratiques, et prouver que la province fait des progrès hautement satisfaisants.
19. A commencer d'abord par la population. Lorsque le pays fut cédé à la Grande-Bretagne, la population en était évaluée de 60,000 à 65,000. La population était française ou plutôt canadienne-française, et habitait particulièrement cette partie de la province maintenant appelée Bas-Canada. Depuis cette époque, elle n'a reçu aucune augmentation par l'émigration ; au contraire, la passion d'avancer vers l'Ouest qui domine si universellement dans l'Amérique du Nord, a prévalu jusqu'à un certain point parmi les canadiens-français, et ils se sont en nombre considérable disséminés sur toutes les autres parties du continent. Néanmoins le recensement de 1851 donne 665,528 comme le nombre actuel de la population canadienne-française du Bas-Canada, outre 26,417 qui résident dans la province supérieure : donnant ainsi une augmentation de près de 1,000 par cent dans l'espace de quatre-vingt-dix années, et cela par les causes naturelles seulement. A côté de cette population
on grandit nne autre qui comptait en 1851 pour 220,733, composée d'émigrés venant de la Grande-Bretagne et autres pays et de canadiens d'origine non française ; ce qui donne pour toute la population de cette section de la province le chiffre de 890,261.
20. Le progrès du Haut Canada en fait de population a encore été plus remarquable. En 1791, date de Pacte constitutionnel, cette population se montait à. . . , 50,000
En 181 1 77,000
21. Dans l'absence de tout système de taxes locales dans le Bas Canada (car le pouvoir d'imposer la taxe donné aux municipalités par les actes récents n'a été qu'en partie exercé, et la contribution obligatoire pour le soutien des écoles communes n'est pas encore universellement exigée) il est difficile d'obtenir des preuves bien directes du développement de la prospérité dans cetle section de la province. Dans le Haut Canada atissi les changements qui sont survenus de temps en temps dans le mode de prélever les cotisations et évaluer les propriétés imposables, rendent encore à cet égard la preuve bien moins concluante qu'elle ne le serait autrement. On peut cependant en recueillir assez dans les rôles de cotisation pour justifier la croyance que le développement de la richesse dans le Haut Canada, pour ces dernières années surtout, n'a pas été moins remarquable que celui de la population.
22. Le premier acte passé pour imposer et prélever les taxes locales dans le Haut Canada le fut en 1793. 11 divisait pour les fins de la taxe la population en huit classes, suivant la propriété, exemptant de la taxe tous ceux dont les propriétés valaient moins que £50 courant. La classe la plus élevée sous cet acte comprenait les personnes possédant £400 courant, et plus, et qui étaient taxés à £1 courant par année. Un autre acte fut passé l'année suivante pour ajouter deux classes au haut de cette échelle, et comprendre dans " une liste supérieure " toutes les personnes censées posséder des biens-meubles et immeubles, des marchandises ou effets, pour une valeur de plus de £500 courant.
23. Comme l'on prétendait Ci que le mode actuel d'imposer la taxe souffrait des inconvénients," il fut, en 1803, passé un acte pour définir les " propriétés imposables," et soumettre chaque espèce de terre à une évaluation fixe et uniforme. En vertu de cet acte les terres en culture furent évaluées à £l courant par acre, les terres incultes à 1s. courant. Un second acte, qui fut passé en 1807 sur le môme sujet, éleva à 2s. courant la valeur des terres incultes pour les fins de la taxe ; et une troisième loi passée en 1819 la porta à 4s. par acre. La taxe fut prélevée jusqu'en 1851, d'après la valeur établie par l'acte mentionné en dernier lieu ; mais en 1849, le bureau d'enregistrement et des statistiques fit rapport que les meilleurs renseignements qu'il avait pu recueillir, après des recherches étendues, le menaient à conclure que les terres en culture dans le Haut Canada, dans les districts ruraux, pouvaient être évaluées en moyenne à £3 10s. lOd. courant par acre, et les terres incultes à £1 9s. 2d. courant. On ne peut probablement pas tirer de ces données des infé renées bien précises sur la valeur relative de la propriété aux diverses époques ; mais ces données sont intéressantes sous plus d'un rapport, surtout parce qu'elles font voir à quelle époque reculée cette pratique salutaire de la taxe imposée par les localités, même pour leurs besoins privés, s'était déjà établie parmi les coutumes du Haut Canada.
24. Le rôle des cotisations, vu d'une autre manière, jeté encore du jour sur la question du développement de la prospérité dans le pays. Les premiers rapports des propriétés imposables du Haut Canada, tels que faits d'après l'acte de 1819, et que j'ai pu me procurer, sont ceux de 1825. Le montant total est évalué pour cette année là
En 1830 à 2,407,618 14 8
En 1835 à 3,189,862 14 11
En 1840 à 4,608,843 12 0
En 1845 à 6,393,630 16 0
Un autre acte (13 et 14 Vict. chap. 67,) fut passé en 1850, pour obliger les autorités municipales à taxer les propriétés à leur juste valeur, et rendre imposables certaines espèces de propriétés qui ne l'étaient pas auparavant. J'ai obtenu des rapports qui, bien que non officiels, sont je pense assez corrects, sur le montant des deux évaluations (celles de 1851 et 1852)
qui ont été faites en vertu de Pacte, et je trouve qu'elles sont comme suit :
La valeur totale de la propriété imposable dans le Haut Canada pour l'année
1851 était de £36,252,178 7 0
1852 do 37,695,931 4 8
Pour arriver cependant au chiffre réel de la valeur, il faut, je crois, ajouter 20 pour cent au moins à ces montants.
25. Le recensement des Etats-Unis pour 1850, le dernier qui a été fait, indique une plus grande somme de propriété en proportion de la "population libre;" le chiffre de la population étant de 20,089,909, et la valeur cotisée des biens-meubles et immeubles étant portée à 6,010,207,309 piastres, environ £1,210,000,000, auquel il faut ajouter 20 pour cent pour avoir la valeur réelle. Il faut cependant observer d'abord que l'évaluation aux Etats-Unis est bien plus ancienne dans les habitudes qu'au Canada, et par conséquent on peut croire qu'elle y est faite plus strictement que dans notre pays ; et en second lieu, que les classes ouvrières des Etats du sud, qui se montent à 3,179,589 âmes, au lieu de tendre à grossir le chiffre de la population sont jetées comme des bêtes de somme dans la balance des propriétés imposables. En parcourant les rapports du recensement, l'on remarque quelques points très intéressants de comparaison entre le progrès des Etats-Unis et du Canada. Total de la population libre des Etats-Unis —
En 1850 20,089,909
Augmentation 37.77 pour cent.
Total de la population esclave des Etats-Unis —
En 1840 2,487,358
En 1850 3,179,587
Augmentation 27.81 pour cent.
Total de la population du Canada —
En 1841 1,156,139
En 1851 1,842,265
Augmentation 59.34 pour cent.
Total de la population du Haut Canada —
En 1841 465,357
En 1851 952,004
Augmentation 104.57 pour cent.
Récolte de blé, Haut Canada —
Boisseaux. A chaque habitant.
En 1841 3,321,991 6.60
En 1847 7,558,773 10.45
En 1851 12,692,852 • 13.33
presque quadruplé en dix ans.
Récolte de blé, Bas Canada —
Minots. A chaque habitant.
En 1851 3,075,868 3.46
Le minot est d'environ un douzième de plus que le boisseau. Récolte de blé, Etats-Unis —
Boisseaux. A chaque habitant.
En 1850 100,479,150 4.33
Valeur des importations des marchandises anglaises en Canada — Importations britanniques. Population.
En 1851 £2,475,643 14 7 1,842,265
Environ £1 6s. par tête.
Valeur des importations des marchandises anglaises dans les Etats-Unis —
Importations britanniques. Population.
En 1850 .... 75,159,424 dollars 23,246,301
Environ 13s. par tête.
Les importations anglaises dans les Etats-Unis se sont montées en 1851, à 93,847,886 piastres, faisant environ 16s. par tête sur le chiffre de la population.
26. Cependant pour revenir un moment de cette digression au point le plus immédiatement en rapport avec ce sujet — ■ la propriété imposable du Haut Canada — (et en le faisant je me crois tenu de dire que je ne pense pas que l'on puisse beaucoup compter sur des états semblables à ceux qui sont mentionnés plus haut, d'autant plus que les données sur lesquelles les évaluations et les estimations sont faites dans différents pays ne sont pas toujours uniformes,) il est important de constater la somme des charges qui pèsent sur ces propriétés pour les fins municipales. Les meilleurs renseignements que je puisse obtenir sur ce point me portent à croire que dans le moment ces charges ne dépassent point en tout la somme de £572,115 12s. 4d. L'acte 12 Vie. chap. 81, passé en 1849 contenait des dis-
positions rigoureuses pour protéger les créanciers des municipalités et pour régler et restreindre dans les municipalités le pouvoir de créer de nouvelles dettes. L'acte de cette session qui pourvoit à la création d'un fonds d'emprunt municipal pour le Haut Canada, (16 Vie. chap. 22) a le même objet en vue. Il est à espérer qu'avec ces moyens, l'on arrêtera cette tendance que certaines localités ont à encourir des dettes extravagantes et excessives, tandis que le crédit des corporations municipales du Haut Canada se trouvera assis sur une base inébranlable, et sera rendu à ses fins légitimes.
27. Pendant que la prospérité matérielle de la province se développe ainsi, ses intérêts moraux et intellectuels ne sont pas négligés ; indépendamment des réserves du clergé — des dîmes prélevées dans le Bas Canada sur la population catholique romaine et. pour des fins catholiques romaines — et des diverses dotations et octrois spéciaux faits aux institutions collégiales, écoles normales et autres établissements de même nature dans les deux sections de la province, il est annuellement réservé sur les fonds publics une somme de £41,095 17s. 10d., qui sont divisés pour les besoins des écoles communes entre le Haut et le Bas Canada, suivant la population respective des provinces. Chaque municipalité d'école pour avoir droit à une part dans ce fonds doit prélever un montant égal au moins par voie de taxation locale. Dans le Haut Canada les sommes ainsi prélevées excèdent de beaucoup le minimum exigé. Les rapports de 1851 font voir que, dans cette section de la province, il y avait 3,001 écoles communes en opération pour cette année là ; que 168,159 enfants les fréquentaient, et que le montant total des sommes appropriées aux salaires des instituteurs et à la construction et aux réparations des maisons d'écoles était de £98,226 15s. 7d., dont £20,547 18s. lld. venaient de l'octroi parlementaire, et la balance des taxes et cotisations locales imposées par les syndics d'écoles. Dans le Bas Canada, où la taxe directe est particulièrement odieuse, cette taxe locale fut déclarée obligatoire, et pendant quelque temps il en résulta des difficultés. Cependant, le peuple dans cette partie de la province se réconcilie généralement à une taxe dont il retire des avantages si sensibles, et le système des écoles communes fait encore parmi eux des progrès satisfaisants.
28. La distinction entre les affaires civiles et ecclésiastiques dans cette province est si absolue et le nombre des dénominations religieuses dans le Haut Canada est si grand, qu'il est difficile de donner des renseignements précis sur la condition des ressources offertes aux besoins religieux de la société. L'état suivant est assez correct, je crois :
Diocèses de l'église d'Angleterre, trois ; membres du clergé, 243 ; population, 268,592.
Diocèses de l'église de Rome, sept ; membres du clergé, 543 ; population, 914,571.
Membres du clergé de toutes dénominations dans le Bas Canada, 641 ; population, 892,261. Haut Canada, 869 ; population, 952,004.
Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, l'on trouve des renseignements bien précieux dans les excellentes lectures du révérend M. Lillie, sur le progrès et l'avenir du Canada ; j'ai eu l'honneur de vous en transmettre copie dans ma dépêche du 15 Avril, No. 35. Ci-suit un état de la manière dont a été approprié le fonds des Réserves du Clergé en 1851 :
Eglise d'Angleterre, Haut Canada, £10,394 5s. lld.
Eglise d'Angleterre, Bas Canada, £1,786 15s. Od.
Eglise d'Ecosse, Haut Canada, £5,847 16s. 7d.
Eglise d'Ecosse, Bas Canada, £893 7s. 5d.
Synode Uni de l'église Presbytérienne, Haut Canada, £464 18s. 4d.
Eglise Catholique Romaine, Haut Canada, £1,369 17s. 3d.
Méthodistes Wesleyens, Haut Canada, £639 5s. Od.
Comme il existe des impressions bien erronées en général sur la sévérité du climat du Canada, il n'est peut-être pas inutile que je rappelle ici le fait que bien que la moyenne annuelle du thermomètre soit indubitablement très élevée dans les districts de l'est de la province, les grands lacs qui couvrent une superficie totale de 91,860 milles quarrés, tempèrent considérablement les extrêmes de la chaleur et du froid, dans les districts ouest, et augmentent l'humidité de l'atmosphère, rendant ainsi le climat particulièrement favorable à la culture des céréales.
Le tableau suivant donne le maximum et le minimum moyen
de la température, avec la série des différents mois de l'année,
tel qu'observé à Toronto, à l'observatoire de Sa Majesté. La
moyenne est pour onze années, de 1840 à 1850, inclusivement.
Moyenne.
Maximum.
Minimum.
Série.
Janvier
Février. ..* -
Mars
Avril
Mai ,
Juin ....
Juillet
Août ••
Septembre . • « •
Octobre ...
Novembre
Décembre
Moyenne annuelle, 44*39.
Le climat de Toronto est de beaucoup plus doux que celui des autres lieux de même latitude, situés à l'est et à l'ouest des grands lacs et à une distance qui les éloigne de leur influence. Un pamphlet très utile a été publié sur le sujet par M. Henry Youle Hind, maître de mathématique et professeur de chimie et d'histoire naturelle à l'école normale de la province, à Toronto, sous le titre de " A Comparative View of the Climate of Western Canada, considered in relation toits Influence upon Agriculture."
30. Comme les communications postales n'exercent pas une influence médiocre sur les intérêts sociaux et intellectuels de la société, je terminerai mon rapport par quelques remarques sur la condition de ce département qui a été transféré à la direction des autorités provinciales, dans le mois d'avril, 1851. A l'époque de ce changement de direction l'on substitua le taux de port uniforme de 3d. courant (environ 2 Jd., par demie once, à l'ancien taux qui variait suivant la distance et qui se montait en moyenne à 9d. courant (environ 7|d.) par demie once sur toutes lettres passant par le bureau. Les rapports du département indiquent que dans l'année expirée le 5 avril, 1852, la malle a parcouru une distance de 2,931,375 milles — augmentation de 444,360 milles sur l'année précédente, et qu'il a été établi 243 nouveaux bureaux de poste. Le revenu brut des frais de poste pour la première année des taux réduits a été de £59,004 Ils. 10d., celui de l'année précé-dente ayant été de £77,097 10s. 8d. Ce revenu a été de £9,362 0s. lld. de
moins que les dépenses ; mais il est estimé qu'une somme de £3,287 13s. 5d. suffira pour combler le déficit de la présente année.
31. La condition des sauvages en Canada mérite d'être mentionnée dans ce rapport. La législature et le gouvernement de la province ont toujours été bien disposés à leur égaid. A mesure que les circonstances l'ont exigé, il a été passé des lois dans le but de les protéger ; et l'on n'a pas eu recours ici pour les forcer à reculer devant le progrès de la race blanche à ces mesures de violence et de fraude qui ont été adoptées dans d'autres pays. Les sauvages de la province supérieure cependant, ceux au moins qui habitent des contrées établies, sont, sous plusieurs rapports, plus favorablement placés que ceux de la province inférieure. Ils ont toujours été censés posséder certains droits territoriaux dont l'acquisition est devenue le sujet de négociation, à mesure que les établissements et la population se sont avancés.
En retour de la cession formelle qu'ils ont faite de leurs terres à la couronne, ils ont reçu compensation sous forme d'annuités, et il leur a été permis de se réserver de bonnes étendues de terres pour leurs propres besoins ou qu'ils ont pu vendre à leur propre profit. Les sauvages de la province inférieure au contraire n'ont aucun moyens (excepté une ou deux seigneuries de peu d'importance,) saufs les présents annuels qu'ils doivent à la générosité du gouvernement anglais. Pour remédier en parlie à cet inconvénient, le parlement provincial en 1851 passa un acte (14 et. 15 Vict. chap. 106,) réservant pour leur usage une étendue considérable de terres et une somme de £821 18s. 4|d. par année. Dans le Haut Canada on porte à 7,500 environ en chiffres ronds le nombre des sauvages établis dans les district habités ; et à environ 3,000 ceux qui résident dans les districts non habités. Dans le Bas Canada, cette même population peut être portée à 3,500 et 2,000 respectivement. Il n'est pas facile de constater d'une manière précise le nombre de ceux qui résident dans les districts non établis, et il est à craindre que ce nombre va en diminuant. La population sauvage, dans les districts établis, semble être généralement stationnaire ou fait peut-être quelque progrès. Elle fait aussi, mais à des degrés différents, quelque progrès
en f 't. de civilisation. J'espère cependant que les écoles d'industrie ouvertes aux jeunes gens et sur lesquelles j'appelais l'attention du comte Grey dans ma dépêche du 31 janvier 1849, No. 19, seront d'une grande utilité sous ce rapport.
32. Avant de terminer ce rapport, je pense qu'il est juste d'offrir quelques remarques au sujet de la dette, des dépenses et du revenu de la province.
Cette partie de la dette publique de la province qui a été contractée pour exécuter des travaux de nature productive que le gouvernement se propose de retenir sous son contrôle, se monte, ainsi que je l'ai déjà dit, à £2,834,234 ls. ld. ; sur ce montant £1,500,000, ont été empruntés sur la garantie du gouvernement anglais et portent un intérêt de quatre pour cent. A la fin de 1851, le capital placé dans le fonds d'amortissement destiné au rachat de cet emprunt, ainsi qu'on le voit par la dépèche du comte Grey, à moi adressée le 22 janvier 1852, No. 682, se montait à £119,884 0s. lOd. ; depuis cette époque il y a été ajouté diverses sommes se montant à £180,000. Les autres dettes de la province se montent à £890,166 2s. 6d., et se trouvent en partie représentées par les travaux locaux qui conformément à la pratique adoptée en 1849 sont graduellement vendus, et portent à 3,659,146 15s. ld., le montant total de la dette de la province. En dehors et en sus de cette dette sont les charges que la province a assumées et continue à assumer pour la confection de certains chemins de fer. J'ai déjà dit les conditions auxquelles ces avances sont faites ; et il n'est nullement probable qu'elles deviennent jamais une charge sur le trésor de la province.
Le montant total des dépenses de la province pour l'année 1851, se montaient à £521,643 Ils. 2d., y comprenant — L'intérêt sur la dette publique. .£183,719 7 0
Fonds d'amortissement 60,000 0 0
Dépenses de la législature 39,128 18 9
Education 54,380 4 0
Sociétés d'agriculture 10,617 4 2
Hôpitaux 14,447 4 1
Annuités des sauvages 6,373 19 5
Laissant pour frais d'administration proprement dits, y compris les dépenses du gouvernement civi], l'administration de la justice, le pénitentiaire, la milice, les pensions et une variété
d'autres charges diverses, une somme de £152,946 13s. ld., environ ls. Sd. par tête sur la population, somme que l'on ne peut pas considérer comme excessive ; car si l'on compare ces dépenses en Canada avec celles de certains Etats de l'Union, on ne doit point perdre de vue qu'ici l'on paie à même le revenu de la province un grand nombre de dépenses qui, dans les Etats-Unis, sont portées contre le fonds du gouvernement fédéral ou des municipalités.
34. Le Revenu pour la même période était de £692,206 4s. 9d. comprenant :