‹ État mental des hysteriquesChapitre 28 sur 112 · ÉTAT MENTAL DES II Y STÉ U I Q IJ E S · texte numérisé non relu

ÉTAT MENTAL DES II Y STÉ U I Q IJ E S

cependant lui faire alors des suggestions verbales qui seront très bien exécutées à son insu.

7° Anesthésie du sens visuel. — Il est impossible d'examiner ici tous les troubles de la vue qui ont été l'objet de travaux remarquables et très connus. Je ne désire insister que sur un point particulier qui m'a toujours

FiG. 5.

vivement intéressé, le rétrécissement du champ visuel. Le champ visuel est un ensemble, un système de sensations perçues simultanément, il se comporte comme le champ de la conscience elle-même, il se rétrécit de la même manière. La sensation qui sert de centre autour duquel se groupent les autres, celle qui obtient toujours le maximum dé conscience, est naturellement, sauf dans des cas exceptionnels, la sensation visuelle la plus nette, celle qui correspond au point de fixation.

LES A^'^:STHÉSIES.

Aussi est-il naturelquele champ visuel, rétréci pourdes causes psychiques, prenne la forme circulaire autour de ce centre, cela se voit en effet régulièrement dans tous le champs visuels très petits (fig. 5). Quand e champ n est pas très rétréci, j'ai cru remarquer qu'il n était pas régulièrement circulaire, mais affectait plutôt une forme a

JJt.

peu près concentrique au champ normal, qui n'est pas non plus circulaire (fig. 6). Les exceptions à ces lois sont fort rares et devraient être étudiées avec soin pour voir si elles ne dépendent pas de quelque idée fixe tout à fait accidentelle. Briquet signalait comme assez commune (ce qui nous paraît bien singulier) l'hémianopsie hystérique M. Pitres admet l'existence du

\. Briquet, op. cil., 294.

scotome central et de l'hémiopie latérale dans l'hystérie non compliquée, bien entendu, de lésions enréphaliques M. Féré et d'autres auteurs nient absolument l'existence de ces formes dans l'hystérie. Nous n'osons prendre parti dans cette querelle, et nous ne voulons pas douter d'un phénomène parce qu'il no semble pas s'accorder avec nos conceptions psychologiques. Nous dirons seulement que sur une centaine de malades dont nous avons pris souvent le champ visuel dans bien des circonstances différentes, nous n'avons jamais rencontré des modifications de ce'genre.

Si le champ visuel est le plus souvent concentrique, il est extrêmement mobile dans son étendue; il semble suivre dans son élargissement et son rétrécissement toutes les modifications que subit l'esprit des malades; il est, pour certaines malades, comme le baromètre de l'hystérie. Signalons d'abord quelques circonstances qui l'élargissent. L'état somnambulique, comme nous l'avons déjà remarqué à propos des autres sens, l'augmente souvent d'une façon énorme : Berthe passe de 0" à 90°, Maria de 40» à 80°, Marguerite de So" à 60°, Fernande de 40° à 60°, etc. \ Cet élargissement peut persister si le somnambulisme se prolonge ou diminuer, si on laisse le sujet seul sans l'exciter. Berthe, au bout de deux heures de somnambulisme, est tombée de ^90° h 60°. Cet élargissement persiste quelquefois après le somnambulisme. M. n'a que 9° avant d'être endormie, elle en a 20° après être réveillée. Si on ajoute au somnambulisme l'effet de la suggestion, on peut l'augmenter encore. M. au lieu de 20° aura au réveil, pendant quelque temps, 40°. D'autres excitations physiques ou morales ont des effets analogues : Cl. n'a que 20° de l'œil gauche; si on la laisse se griser avec de l'éther elle en a 40°. M. Parinaud a vu que souvent il suffisait

Page 1