Autom. psych
LES AMNÉSIES.
image peut fort bien ne pas donner lieu à tous les oublis que la théorie précédente indiquerait. Il peut se produire des suppléances : le même souvenir, celui d'une personne par exemple, peut être représenté dans l'esprit par des images de différente nature, images auditives du son de la voix, images visuelles de la figure, etc. Le nom seul de cette personne peut suffire à la rappeler à notre pensée, quand nous avons perdu l'image visuelle de son visage, et bien souvent les oublis que toute anesthésie devrait amener, sont compensés et ne se manifestent guère. D'autre part, certaines images jouent, dans nos souvenirs, un rôle trop important : elles servent en quelque sorte de centre de ralliement, autour duquel tous les autres souvenirs sont coordonnés, et la perte de ces images, quand elle a lieu, amène des amnésies considérables, peu en rapport, en apparence, avec l'aneslhésie qui les produit. Ajoutons enfin que cette association des images et des sensations, comme celle des sensations tactiles et des mouvements, est une association habituelle, très générale, mais qu'elle n'est pas nécessaire, et que, dans certains cas, elle peut être rompue ; alors l'on comprendra pourquoi je considère cette explication de l'amnésie comme particulière et limitée à certains cas particuliers.
Ces études sur quelques formes particulières d'amnésie sont donc bien loin d'être complètes, car le phénomène est extrêmement complexe et variable; elles confirment seulementnotre conclusion générale, en nous expliquant comment la perception personnelle incapable de rattacher tous les éléments à l'ensemble de la personnalité, néglige de percevoir telle ou telle catégorie d'images . Elles nous montrent que quelquefois on peut soupçonner pourquoi tel groupe de souvenirs est particulièrement laissé de côté; mais elles nous montrent aussi que beaucoup d'influences complexes et peu connues interviennent pour déterminer ce choix.