‹ État mental des hysteriquesChapitre 70 sur 112 · Autom. psych · texte numérisé non relu

Autom. psych

serait, je crois, l'opinion de M. Pick'. Il doit en être ainsi chez beaucoup de sujets. Marguerite s'aperçoit bien que le mouvement n'est pas exécuté réellement quand elle ne regarde pas , puisqu'elle fait effort et qu'elle gémit; elle n'est donc pas absolument privée k ce moment de sensations kinesthésiques, et elle cherche à les évoquer plus nettement.

Mais je suis disposé à croire (c'est une supposition que j'exprime sous toutes réserves) qu'il n'en est pas toujours ainsi. Marie ou M. ont les yeux détournés, je leur suggère seulement une hallucination visuelle, celle de voir \eur bras gauche qui se lève et se place devant leur nez : l'hallucination se développe, et elles déclarent voir leur bras ; mais en même temps leur bras s'est levé et s'est placé réellement devant leur nez ^ Elles n'en savent rien, elles ne croient pas qu'un mouvement se soit exécuté, elles ne se préoccupent pas si j'arrête ou non le mouvement de leur bras; en un mot, elles n'ont rien d'autre dans leur conscience personnelle que l'hallucination visuelle du mouvement de leur bras, et, je le répète, cette hallucination suffit pour produire le mouvement. On sait que toutes les images psychologiques ont un côté moteur; on sait que chaque sujet se sert plus particulièrement, pour les usages de la vie pratique, de telles ou telles images; on n'hésite pas à dire que, au point de vue du langage, il y a des visuels, des auditifs, et des moteurs. M. Gharcot, après avoir établi la distinction des divers types du langage, fait aussi allusion « à des variétés individuelles dans la façon d'exécutei' les mouvements^ ». Pourquoi ne pas admettre qu'il y a aussi des visuels pour les mouvements des bras et des jambes, ou même pour tel ou tel mouvement séparé des autres? L'expérience précédente ne réussit chez Léonie que si on provoque

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