‹ État mental des hysteriquesChapitre 72 sur 112 · Lasègue, op. cit., II · texte numérisé non relu

Lasègue, op. cit., II

donc de très peu de sensation visuelle pour servir de point de départ à la représentation visuelle totale.

Mais allons plus loin : M. Pitres ' a fait une remarque fort curieuse. Le malade peut continuer, les yeux fermés, le mouvement qu'il a commencé les yeux ouverts, il peut môme l'arrêter; mais quand il a laissé ses bras retomber, il ne peut plus recommencer un autre mouvement si on ne lui laisse pas ouvrir les yeux et regarder ses membres. Le fait, sans doute, n'est pas absolument général; certains sujets ont si peu de mémoire visuelle qu'ils oublient leur bras tout de suite dés qu'ils ne le voient plus; cependant cette remarque peut se vérifier fréquemment: Elle semble montrer que l'image visuelle du commencement du mouvement est ici la plus importante. J'ai répété tous ces faits avec des variantes. Il suffit que Marie ait bien regardé sa main immobile sur ses genoux avant de fermer les yeux, pour que, pendant quelque temps du moins, elle ait conservé la faculté de la remuer. Mais, maintenant, j'arrête son mouvement sans lui laisser voir où tombe sa main, ou bien je déplace le bras sans la prévenir et je le mets sur sa tête; elle n'en a rien senti, croit son bras sur ses genoux, ou mieux ne sait plus où il est, et dit qu'elle l'a perdu. Je lui demande alors de me tendre la main, et son bras ne bouge plus, ou n'a plus que des tremblements incohérents. Bien mieux, sans toucher à son bras,' je lui fais croire que je le déplace, cela suffit pour qu'elle ne sache plus où il est, et me dise d'un ton navré : « Mais laissez-moi regarder et je vous donnerai la main^. » En un mot la notion visuelle importanie, c'est la notion de la position de leur bras au moment de commencer un mouvement.

On peut alors interpréter une bien jolie expérience de Lasègue reproduite par M. Pitres. 11 suffit de placer

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