‹ État mental des hystériques (volume 2)Chapitre 34 sur 102 · DESCRIPTION ET CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION ET CLASSIFICATION

Pour décrire les amnésies hystériques, il faut, à mon avis, mettre en première ligne un caractère qui surprendra peut-être un peu. Elles sont très fréquentes, et se rencontrent sous des formes diverses presque aussi souvent que les anesthésies. Briquet le remarquait déjà : « La faculté de fixer l’attention, dit-il, est notablement diminuée : aussi la mémoire est-elle faible et souvent nulle chez les hystériques. J’ai vu une malade chez qui l’amnésie était portée à un point tel qu’elle ne savait plus mesurer le temps, le fait de la veille ne lui paraissait pas plus proche que celui qui avait eu lieu plusieurs années auparavant. Cette diminution de la mémoire est un fait assez commun*. » M. Charcot a insisté souvent sur le même fait : il remarque que l’amnésie des hystériques, victimes d’un traumatisme, « ne porte pas seulement sur les choses qui sont relatives à l’accident, mais même sur les choses présentes^ ». Il signale aussi les erreurs d’interprétation auxquelles ces oublis donnent lieu. « Ce malade, dit-il, a été presque toujours repoussé des hôpitaux comme simulateur; il est vrai qu’il se contredit souvent dans ses récits et qu’il ment peut-être quelquefois; mais il faut tenir compte d’un état mental encore insuffisamment étudié, fréquent surtout dans l’hystérie virile et où l’amnésie temporaire tient une grande place. Il y a du vrai et du faux sans doute dans ce qu’il raconte, mais c’est au médecin, ainsi que je vous le disais l’autre jour, à savoir

■'1. Briquet, op. cit., 519.

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