LES AN
femme, anesthésique du côté droit, prenait depuis quelque temps des pilules de nitrate d’argent. On lui fit prendre un bain de Barèges, à la suite duquel elle eut toute la peau du côté droit fortement colorée en brun, tandis que la peau du côté gauche était restée blanche. Enfin, M. Vigoureux nous a enseigné que, dans certains cas, la résistance électrique était fortement augmentée du côté anesthésié. Nous n’avons pas à examiner dans cet ouvrage ces modifications physiologiques, qui devraient être étudiées avec plus de soin. Notons seulement que l’anesthésie peut se superposer à un certain nombre d’autres accidents. Quelle que soit l’importance de ces remarques dans quelques cas spéciaux, il n’en reste pas moins vrai que bien souvent, et peut-être dans la majorité des cas, l’anesthésie peut exister sans amener avec elle aucune de Ces perturbations physiologiques. Elle se présente d’une manière très nette, sans qu’il y ait une différence de température appréciable entre la main sensible et la main insensible, sans qu’il y ait aucun trouble dans la coloration de la peau, dans la production de la sueur, dans la circulation, en un mot, ni dans la nutrition des parties*.
Quand l’insensibilité siège sur une région dont l’attouchement ou le choc est ordinairement le point de départ d’un mouvement, ce réflexe n’est ordinairement pas altéré. Pour la majorité des réflexes, il n’y a pas lieu de discuter : le réflexe patellaire, le réflexe crémastérien, le réflexe abdominal de Rosenbach, les réflexes vasculaires et sécrétoires, les réflexes des organes érectiles et même les réflexes cardiaques et respiratoires succédant aux excitations cutanées nous ont toujours semblé parfaitement conservés ^ Si l’on constate quelquefois une diminution, il ne faut pas
1. Discussion très complète de ce point important. Pitres, qp. cil.,