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ÉGLISE GRECQUE ORTHODOXE

A cette Église appartiennent tous les Grecs d'origine, à\rexception des Melkites, les Tzintzares, les

(1) Ferrier, p. 266.

(2) Ainsi nommés parce qu'ils prétendent conserver intacts la constitution et les rites de l'Église, tels qu'ils existaient avant la réforme de Pierre le Grand. Ce sont les Vieux Catholiques de l'Église grécorusse. Ils ne sont plus représentés en Turquie que par les deux groupes des Kosacks de Brousse et de THalys. Les Kosacks de la Dobrodja sont rentrés dans le giron de l'orthodoxie et font partie de l'Église et de la communauté grecques.

(3) Le schisme des deux Églises d'Orient et d'Occident ouvert, comme l'on sait, par le patriarche de Gonstantinople Photîus, en 857, ne fut consommé que deux siècles plus tard, sous sob sueeessear

Serbes de la Vieille-Serbie, la majeure partie des Bosniaques, environ 65,000 Albanais, les Kosacks de la Dobrodja.

Elle comprend les quatre patriarcats isommes de Constantinople, d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. Égaux canoniquement au patriarche de] Constantinople, à qui ils reconnaissent une simple primauté d'honneur, élus par leurs synodes respectifs sous la réserve de l'approbation de la Porte, les trois patriarches d'Antioche, d'Alexandrie et de Jérusalem gouvernent leurs Églises dans une complète indépendance du Siège œcuménique, avec lequel ils entretiennent des rapports constants, de même qu'avec les autres Églises orthodoxes de Russie, de Grèce, du Monténégro, de Serbie, de Roumanie et d'Autriche, en vue du maintien de l'unité de la foi.

En dehors des quatre patriarcats, les deux archevêchés de Chypre et du mont Sinaï ont une organisation particulière indépendante et sont réputés autocéphales. L'archevêque de Chypre , élu par ses suffragants, jouit de toutes les prérogatives d'honneur attribuées aux patriarches et a comme eux le privilège de signer ses lettres à l'encre rouge. L'archevêque du mont Sinaï est nommé de même par les Pères du cou«vent où il réside (!)•

Michel Cerulaire. H consiste principalement en ce que la première rejette Taddition du FUioque au symbole des Apôtres et nie la suprématie du pape dans l'Église.

(i) Bicaut^ Histoire de V Eglise grecque et de V Eglise arménienne, iGQi, p. 99; — D'Avril, Documents relatifs atuc Eglises de VOrient, Paris, i86S; — J<mmal de Constantinopley des 5 et 14 décembre

fiGLISB BULGABB.

Les Bulgares, détachés depuis 1870 de la grande Église de Gonstantinople, qui les a déclarés schismatiques, alors qu'eux-mêmes persistent à se dire orthodoxes, se trouvent à l'égard de cette Église dans une situation analogue à celle des « vieux chrétiens » de l'Allemagne vis-à-vis de TEglise romaine.

L'Église ou, pour employer le terme officiel, Vexar^ chat bulgare , comprend la masse entière de la nation, à l'exception des Pomaks (Bulgares musulmans) et de quelques milliers de Bulgares catholiques (Pauliciens, Uniates, etc.).

ÉGUSS GB£G0RIBKNE.

L'Église grégorienne comprend la presque totalité des Arméniens, le nombre des dissidents (catholiques et protestants) ne dépassant guère 50,000. Les Grégoriens, que l'on a taxés faussement d'eutychéisme, suivent une sorte de doctrine intermédiaire entre celle de l'Église grecque et celle de l'Église latine» mais plus rapprochée néanmoins de la première que de la seconde (1). Leur liturgie, revisée par le patriarche Sahag (Isaac), au commencement du V® siècle (430), serait primitivement la même, au dire de leurs docteurs , que celle de l'Église de Jérusalem , et se rattacherait aux origines mêmes du christianisme.

(1) Voy. Dulaiirier, Histoire, dogmes, traditions et liturgie de VEglise arménienne orientale. Paris, 1855.

iGLISB imSTORIBNini.

Les Nestoriens (Chaldéens) croient, d'après Nestorius et contrairement aux décisions du concile d*Éphèse (431), qu'il y a deux personnes en Jésus-Christ. Ils ont un patriarche qu'ils désignent sous le nom [de fnarchoumoun (1) , et résidant à Kochannès près de Djumalerk, dans le Kurdistan, et sont répartis en six diocèses dont deux seulement, Djéré-Atil et Chakh, sont situés en Turquie. Les quatre autres sont sur le territoire persan (2).

fiGLISB JÀCOBITB.

L'Église jacobite (syrienne), ainsi nommée de Jacob Zanzale, surnommé Baradée, qui renouvela parmi eux la doctrine d'Eutychès (541-578), est régie par un patriarche du titre d'Antioche (3), qui réside au monastère de Zaferan, près de Mârdin. Elle comprend une douzaine d'évêchés, dont les principaux sont : Diarbekir , Karpout, Ourfa, Mossoul, Bidlis, JérusalttGi, etc. En outre, cinq évêques in partibm, dont deux résident près du patriarche.

iGLiSB CATHOLIQUE.

Elle comprend tous Jes chrétiens orientaux qui reconnaissent l'autorité du Siège de Rome. Ils se

(\) Frederik MUlingen (Osman Seïfy bey), La Turquie sous h règne d^AbdulrAziz, Paris, i868, p. 30.

(2) D'Avril, La Chaldée chrétienne,

(3) Patriarche en 1873, Mgr Bedros.

03 iHTROOUClTiON.

classent, d'après la différence des rites et des liturgies, en Latins, Maronites, Grecs-Unis^ Arméniens^ Unis, ChaldémS'Vnis , Syriens-Unis.

Les Latins sont les catholiques, sujets de la Porte, qui suivent la liturgie latine et qui relèvent directement de Rome(l), tandis que les autres : Maronites, Grecs unis, etc., placés sous la juridiction spirituelle de leurs patriarches, ont conservé leur hiérarchie et leurs rites nationaux. Ils se composent en grande partie d'Albanais, de Bosniaques, de Croates et de Bulgares.

Les Albanais catholiques sont placés sous la juridiction spirituelle de Tarchevêque de Durazzo.

Les Bosniaques catholiques sont au nombre de près de deux cent mille dans les deux vilâïets de Bosnie et d'Herzégovine (2). Séparés politiquement des orthodoxes , non-seulement ils ont refusé de se joindre à eux dans la dernière insurrection, mais encore ils ont protesté contre toute annexion éventuelle de la Bosnie à la Serbie (juin 1876).

Les Croates, dont l'arrivée en Turquie précéda de quelques années celle des Serbes, leurs congénères, habitent les montagnes qui forment le sandjack de Bania-Louka. On les trouve en grand nombre à Constantinople, où ils exercent principalement le métier de jardiniers.

(1) Le nom de Latins s'emploie encore en Turquie pour désigner les catholiques sujets des puissances étrangères, et quelquefois même, comme synonyme dç Francs, pour désigner les Européens^ en général.

(2) Voy. le rapport de M. Massieu de Clerval, 1833.

Les Bulgares eatholiques» qui doivent être distingués des Bulgares unis ou Uniates (1), forment deux petits groupes isoles : le premier dans le sandjack de Philippopoli (2), au pied de THëmus ; le second, le long du Danube, aux environs de Sistov, où ils occupent les quatre villages de Belina, Oraz (Orèche), Laxina (Lajeni) et Trenoovitza. M. Bore, qui visitait ces villages en* 1859, évalue leur population en masse à deux mille âmes (3). Une correspondance plus récente, publiée par le journal la Turquie (4), donne ce même chiffre de deux mille âmes pour le seul bourg de Belina. Us sont placés sous la juridiction spirituelle du vicaire apostolique de Valachie (5). Les Bulgares de l'Hémus, au nombre de huit mille d'après Albert Dûment (6), forment un petit diocèse dépendant du vicariat apostolique de Philippopoli. Ces deux petites communautés, inoffensives d'ailleurs, sont très-mal vues des Grecs, qui les désignent sous le nom de Pauliciens ou Paulianistes, sans qu'on puisse saisir aucune analogie entre eux et les sectaires d'origine

(i) Voy. ch. VII.

(â) A Philippopoli même, ils ocespent nu faubourg séparé de la TiUe. Voy. Gyp. Robert, Sku>e$ d* Turquie, II, 258.

(3) Annales de la Propagation, XXXII, 36.

(4) 17 mars 1874.

(5) Depuis déjà plusieurs années, ces villages réclament pour avoir des prêtres bulgares, au lieu des curés italiens que leur impose leur évéque, Italien lui-même. A bout de patience, ils menaçaient naguère, si Ton ne faisait droit à leur demande, de se placer sous la juridiction de l'exarque bulgare. Voy. la Turquie, loc, cit,

(6) Le Balkan et V Adriatique, 1873, p. 181.

eutychéenne qui prêchèrent le socialisme au dixième et au onzième siècle (1).

La hiérarchie de l'Église latine en Turquie comprend quatre patriarcats (Gonstantinople, Alexandrie, Ântioche, Jérusalem) (2) et six vicariats apostoliques, dépendant de la Congrégation de la Foi : Constantinople pour k$ Latins, Bosnie, Herzégovine, Bulgarie (Sofia), Syrie (Alep), Asie Mineure (Smyrne).

Le vicariat apostolique de Gonstantinople est desservi par le clergé indigène, avec la coopération de divers ordres religieux, dontquelques-uns étaient établis dans l'Empire bien avant la conquête : les Franciscains (mineurs) et les Dominicains, qui vinrent s'établir à Gonstantinople, presque contemporainement à leur fondation et y ouvrirent les premières écoles catholiques; les Capucins; les mineurs Observantins ; les Récollets, qui remontent à 1742 ; les Lazaristes, qui succédèrent en 1772 aux PP. Jésuites (3), et qui, aidés des Frères de la Doctrine chrétienne et des Filles de

(i) Quelques auteurs rapportent Tétymologie de ce nom à un certain évéque Paul qui, environ soixante ans après le sultan Bayezid, aurait restauré la foi catholique dans ces villages. Annales de la Propagation, loc, cit,

(S) Le patriarcat de Jérusalem a été rétabli en 1847 [par Pie IX. Le titulaire (actuellement Mgr Yincenzo-Bracco, 1873) reçoit une subvention annuelle de 50,000 fr., outre un revenu de 36,000 fr. qu'il tire des brevets de l'ordre du Saint-Sépulcre. Journal de Gonstantinople, du 17 juillet 1861.

(3) Les PP. jésuites vinrent à Gonstantinople en 1583, « à la requête et instance des seigneurs Perrotz (Pérotes, habitants de Pera), pour TefiFet de l'instruction de leurs enfants. ». Ils furent installés dans Fabbaye de Saint Benoit, à Galata, par M. de Germigny, huitième ambassadeur. Belin, De Vinstruction publiqtie en OnwJ, 1866, p. 38.

LÀ Population, Les tiACSS et les religions. 6B

Saint-Vincent de Paul (1840), couvrent la Turquie tout entière de leurs missions, de leurs écoles, de leurs hôpitaux.

En Palestine, la Cusiodie de Terre sainte, de Tordre de Saint-François, instituée par une bulle de Clément VI (1342), réunit sous sa direction immédiate plus de quatre-vingt-dix établissements, églises, couvents, écoles, etc. Le plus considérable de ces établissements est le couvent du Saint-Sauveur de Jérusalem, où réside le provincial de Tordre, le « très-révérend custode de la Terre sainte. » Il a sous son autorité environ deux cent cinquante religieux et est assisté par un Conseil (discutorium) de six membres. Il est nommé par le Pape et reste en fonctions pendant six années. Environ les trois quarts des religieux, venus de la maison mère d'Ara Cœli de Rome, sont Italiens ; le reste se compose d'Espagnols, d'Autrichiens, de Français et de Belges.

 Texception des églises et des couvents de la Bosnie, de TAlbanie et de la Croatie turque, qui sont placés sous la protection de TAutriche, tous les établissements catholiques du Levant relèvent de la France ; les religieux qui les desservent sont sous la juridiction des consulats français dans les actes de leur vie civile et de leurs fonctions ecclésiastiques, s'ils sont à la fois Français et catholiques, et dans leurs fonctions de prêtres, s'ils sont catholiques sans être Français (1).

Les Maronites célèbrent d'après un rite particulier

(1) Annuaire de la Rt^vue des Deux-Mondes, III, 614.

66 iirrBODupTiQif.

nommé Iq rite syrien nxftppnite. Leqr langue UtUPgiqiie est le syriaqup,

Leur organisation ecclésiastique est réglée p^f qh §tatut connu sous le ppm 4d ^ synode Ub^n^iP »i qui a été imprin^é à Honte par les ^oins de h Prpp{tg»ndQ, À la tète de ri^gUse est un patriarphe {bf^trajc) ^u titre d'Antiochp (1), assisté de huit f^rdieyéques q\\ éï^^ues diocésains, à Àlep, Beyrout, Damas, Tyr et Saïda, Tripoli, Bâalbek, Djebaïl et Botri, Chypre (2). U plupart ne résident point dansi le^ yiUps Qfi ils ont leiif siège, et )labite^t difféFentq inonastères dans I9 Mon? tagne, Si Yo^ aJQVtp à ces huit prélats leg dçHjç yh çaires généraux du patri^i*P&t| on ft la liste dp tout répiscopat maronite» Le clergé inférieur se OQmposp de curés ^ en général trè^-p^UYi*^» (it de rpUgieui qui fqnt vilpir pu^^q^êoipp les propriétés 4e \9W couvent.

Les évèques spiit {|0]||més p^r Ip pstnarph@ Wf OPP liste de trois cpndidatfii, élu^ par le cjerg^ et les fiotables.

Le pAlriarahp ept phoisi ^u scrutin paip leg é?éqi}0a0t confirmé pfir le Saint-Siège.

Les Grm mi$, pppelés aussi M^kifn» spn^ les &i«aa catholiques de Ip Syrip, pu leur paee domiaa jusqu'à

mm

(1) AetneUement Mgfi Panl-Pierre Mashad (23 mars 18ti5). H réside k fi^erké, dans le Kesrouàn, à trois lieues de Beyroni.

(2) Les Maronites, très-nombreux autrefois à Chypj»^ sont à patne aujourd'hui 1,800 à 2,000, qui habitent partie Nioosia 6( Larnaca, partie cinq ou six villages situés dans la montagne, à Textrémité nord-ouest de Tile. Voy. Mas-Latrie, Notice sur rUe d0 Chypre, 1867. — L*évêque titulaire de Chypre réside dans un monastère du Liban.

LA POPULATION^ hf» f^ÀOËg fif LES RELIGIONS. 67

la conquête arabe. Ils célèbrent d'après le rite grec ; toutefois la liturgie se fait en arabe (1).

Les Armèiiens unis forment depuis 1899 une Église distincte, qui a été détachée de h grande Église armé,, nienne. Langue et rite arméniens (2),

Les Bulgares unis, ou Uniates, se composent d'un groupe infime de Bulgares qui, à la fin de 1860, ont fait acte d'adhésion au SaintrSiége (3).

Les Chaldéem unis ont un patriarche du titre de Babylone, résidant àMossoul(4), Sufifraganlg ; Varaheyêque de Sehanan et les évêques de Diarbekir^ Mâr-^ din, Djezirèb et Akra, en Mésopotapiie ; les archevêques d'Amadia, de Seert, de ÎCerkuk, et Tévêque de Zaku, dans le Kurdistan.

L'Église Syrienne unie, formée, ver$ }e milieu du xvn® siècle, d'un démembrement de l'Église jacobite, ft pour ehpf un patriarche du titre d'Antioche (5), qui a sous son obédience douze archevêques et évêques. Onze de ces prélats administrent les diocèses d'Alep, Babylone, Damas, Mossoul, Beyrout, Diarbekir, Djezirèb, Keriathim ou Nabk, Mârdiii* Tripoli ; un autre dirige la chancellerie du Patriarcat.

(1) Voy. oh. VII.

(2) Ibid.

(3) Ibid.

(4) Actuellement Mgr Joseph Audu, préconisé le il septembre 1848. Il figure au nombre des prélatà qui, au concile du Vatican, se prononcèrent contre le dogme de rinfaillibilité. Voir le Nord du 5 septembre 1872.

(5) Mgr Denis-Georges Scelhot, iqtrpnisé le 81 décombra 1874.

68 INtRODltCtlON.

fiGLISS PROTISTÂlITB.

Les Protestants forment depuis 1853 une communauté religieuse et civile distincte» composée presque en totalité d'Arméniens (1).

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