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Régence de Potsdam

Berlin. capitale de la monarchie et résidence du roi, est une des plus belles villes d’Allemagne, quoique sa situation au milieu d’une plaine stérile lui donne l’aspect le plus monotone. «Berlin, avec ses larges rues, ses maisons neuves et alignées , dit un voyageur moderne, a quelque chose des beaux quartiers de Londres, moins l'immense population qui se déploie sur les Iwrds de la Tamise. En entrant par la porte de Brandebourg , if est impossible de n'être pas frappé d’un aspect de force et de grandeur. Une longue et large avenue, plantée de tilleuls, vous conduit au centre de la ville. Le premier monument qui frappe vos regards est l’arsenal avec les statues des généraux Bulow et Scharnhorst; BÜicher est en face et seul. L’université vient après l’arsenal. Plus loin, l’on aperçoit le musée, dont la construction récente , magnifique et commode, atteste un culte intelligent de l’art. Le palais du roi, élevé sous le règne de plusieurs princes, sépare la ville de Frédéric de l’ancienne ville. La statue du grand Électeur, sur un des ponts de la Spree , rappelle celle de notre Henri IV sur la Seine. »

La ville est traversée par la Sprée.

Ses murs forment une enceinte de plus de quatre lieues. Elle a vingt -deux places , dont plusieurs sont ornées de statues, et trente-cinq églises, parmi lesquelles on distingue la cathédrale , dont les caveaux ont servi de sépulture à plusieurs princes de la maison royale ; Sainte-Marie, remarquable par sa haute tour; Sainte-Hedwige, consacrée au culte catholique, et construite sur le

modèle du Panthéon de Rome ; Saint- Nicolas, le plus ancien temple de la capitale, etc. Devant la porte de Halle, sur leKreutzberg, on admire le Kriegsdenkmahl , flèche gothique en bronze, élevée à la gloire de l’armée prussienne. Cette capitale offre non - seulement toutes les sommités de la monarchie pour l’art de la guerre , les sciences , les arts et l’industrie , elle est encore la métropole de toute l'Allemagne du nord , le principal foyer de lumières de la Confédération germanique.

Sa population actuelle est de 270 à 280,000 habitants , tandis qu’elle lie montait qu’à 20,000 âmes sous Frédéric-Guillaume, le grand électeur, et à 50.000 sous Frédéric, premier roi de Prusse.

On ignore l’époque précise de la fondation de Berlin , qui semble remonter au temps d’Albert II, margrave de Brandebourg (1206-1220.)

A quatre milles de la capitale on rencontre Potsdam, où conduisent une superbe route et un chemin de fer.

« Cette résidence royale, dit le voyageur que nous venons de citer, est tout ensemble une ville de guerre et de plaisance; les troupes et les maisons s’y alignent avec Ja même régularité , et rien ne vient troubler la double uniformité de l'architecture et de la discipline au milieu d’une nature pittoresque dont les beautés sont vraiment exceptionnelles dans les sables du Brandebourg. On connaît mieux Frédéric , apres avoir vu Sans-Souci (*); on y trouve, non plus le roi, mais l'homme.

Frédéric n’a pas voulu élever un palais pourées représentations de la royauté, une imitation de Versailles; il s’est bâti une maison à sa convenance, où il pdt travailler et se délasser à sa guise (**). Là, tout élève l’âme et l’esprit, le silence des lieux, la sérénité paisible de la nature, le souvenir de la visite de Napoléon, etc., de la pre-

(*) Château bâti dans les environs de Poiadam.

(**) Ses cendres ont etc déposées à peu de distance de Sans-Souci , dans les caveaux de l’église Saint-Nicolas de Potsdam.

PRUSSE

sence de Voltaire. » A peu de distance de la ville se trouvent trois autres belles maisons royales de plaisance. La population de Potsdam , y compris la garnison , monte à 32,000 âmes.

Dans les environs de Berlin sont Charlottenbourg, petite ville de S, 000 âmes, avec une belle résidence royale, dans le jardin de laquelle un mausolée couvre les restes de Frédéric-Guillaume III et de son épouse ; Spandau , forte citadelle, au confluent de la Sprée et du Havel ; puis à la distance de neuf milles l'antique cité de Brandebourg, qui a donné son nom à la province : elle a 15,000 habitants.

Ensuite viennent, parmi les autres villes principales, Rathenau, bâtie en 430; Fehrbellin, qui rappelle la défaite des Suédois en 1675; Havelberg, Juterbock, près de laquelle se livra la bataille de Üennewitz, gagnée sur les Français par le prince royal de Suède ; Schwedt, ancienne résidence d’une branche des margraves de Brandebourg, éteinte en 1789; Prenzlau , qui lut le théâtre d'une victoire sanglante, gagnée par les Français en 1806, et dont les habitants descendent en partie de protestants français réfugiés.

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