‹ États de la confédération germaniqueChapitre 30 sur 261 · ALBERT EMPEREUR · texte numérisé non relu

ALBERT EMPEREUR

Il v avait cent trente ans, depuis la mort du fils aîné de’Rodolphe de Habsbourg, que la couronne impériale était sortie de la maison d’Autriche ; elle y rentra en 1437 pour n’en plus sortir.

A la dignité impériale, Albert joignait la couronne de Hongrie et de Bohême, que lui avait cédée Sigismond ; la Moravie, qu’il tenait du même prince, et l'archiduché d’Autriche : vaste puissance qui aurait dû effrayer les électeurs, si la dignité impériale avait encore été à craindre , et si la position

O Ce*1 cette inveslilurr, à laquelle l’opposition des Liais d'empire força Albert de renoncer, qui fut invoquée au dîx-huitièm* siècle par Marie-Thérèse.

W L’UNIVERS

des Etats d'Albert ne l'eût nas désigné au choix de l'Allemagne, qu'effrayaient les progrès des Turcs. Albert ne porta que peu de temps la couronne impériale, car il mourut dès le 27 octobre 1439; cependant son règne si court fut marqué par quelques efforts pour établir la paix publique. Il modéra le pouvoir redoutable des tribunaux secrets de la Westphalie, qui furent longtemps la honte de la jurisprudence allemande; il proposa à la dicte de supprimer le droit de guerre que possédaient les princes et les villes, et, pour parvenir à ce but, il traça le plan d'une division de l’Empire en cercles, plan qui fut perfectionné par Maximilien.

Bans les affaires de l’Église, Albert suivit la marche de son beau-père.

Les électeurs convoqués à Nuremberg, assistés des ambassadeurs de France, de Castille, de Portugal et d'Aragon, examinèrent les griefs réciproques du pape et du concile, et le 26 mars 1489 approuvèrent vingt -six propositions décrétées par les Pères de Bâle touchant la supériorité des conciles généraux sur le pape, l’élection sans semonce des éveques et des prélats , la réforme des mœurs du clergé, les appls en cour de Rome, les annotes, les réserves papales , etc. Ce fut ce qu’on appela la pragmatique sanction germanique.

Quant au gouvernement public, Albert ne put montrer que de bonnes intentions, tousses soins étant portés vers la pacification de la Bohème , où les Calixtins refusaient de le recevoir, et vers la défense de la Hongrie menacée par les Turcs.

trogr h du Te r es es Eusori.

Ces barbares avaient fait depuis un demi-siècle d’el'fravants progrès. Amurath, transférant sa résidence à Andrinople , avait soumis la Thrace jusqu’au mont Hæmus, et attaqué les Bosniaques et les Serviens. Bajazet avait pénétré jusque dans la Vulachie, et tes progrès , que n'avait pu retarder

l’inutile croisade de Nicopolis (1396), avaient été heureusement arrêtés par Tamerlan; mais Amurath II, son petit-fils, releva la gloire éclipsée de l’empire ottoman. Après de grands succès en Asie, il attaqua de nouveau l’Europe, enleva Thessalonice aux Vénitiens, et soumit la plus grande partie de la Grèce , dévasta aussi la Transylvanie, rendit tributaire le prince de Valnchie,et arracha à George, despote de Servie, la promesse de chasser les Hongrois, et de laisser le passage libre aux Turcs. Pour garant de. cette promesse, le despote lui donna sa fille en mariage, et un de ses fils comme otage. Cette alliance forcée ne put retenir deux princes ennemis par leurs intérêts et leur religion. George noua des intrigues avec Sigismond, et, par la cession de Belgrade, acheta sa protection. Amuratn , de son côté, se prépara à réduire cette place, à soumettre la Servie, se proposant d'attaquer ensuite la Hongrie, affaiblie par les contestations qui s'étaient élevées après la mort de Sigismond. En 1439, il fondit sur la Servie et assiégea Semendria. Le despote , laissant la défense de la place à son fils , implora le secours d’Albert, qui se rendit en toute hâte à Bude, leva des troupes, et marcha à la tète d'une armée considérable contre les Turcs.

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