‹ États-Unis de l'Amérique du NordChapitre 3 sur 42 · i5o 18.101 iG · texte numérisé non relu

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MOUVEMENT COMMERCIAL EN 1 8çO

Viennent ensuite, par ordre d'importance* le Portugal, les Indes anglaises* la Grèce, l’Autriche, la Suède et Norvège, les Antilles danoises et enfin la Martinique et la Guadeloupe, spécialement pour du charbon.

Les statistiques de la Douane mettent sous des chapitres séparés l’Angleterre proprement dite, l’Écosse et l’Irlande : si on réunit ensemble les chiffres qui les concernent, on voit que la Grande-Bretagne, à elle seule, absorbe près des 3/5 de l’exportation totale du port de Philadelphie, la France ne venant guère que pour un peu plus d un quinzième dumême total, et avec deux seuls articles importants, le pétrole et les grains.

L’examen du tableau des exportations donné plus haut montre que ces deux articles sont d’ailleurs les articles principaux d’exportation du port. Les autres articles exportés en France, tels que charbons, paraffine, cire, résines, douves de tonneaux et métaux, ne représentent qu’un appoint négligeable de moins du centième du total, lequel a été de 13,466,320 fr., dont 12,295*822 fr. pour le pétrole seul.

Céréales.

Le port de Philadelphie, avec ses élévateurs et sa longue ligne de quais établis le long de la rivière du Delaware, est admirablement disposé pour 1 exportation des céréales. Ses élévateurs, au nombre de six, plus quatre élévateurs flottants, ont une capacité totale de plus de deux millions de bushels, soit environ 730,000 hectol. Ils appartiennent aux trois principales Compagnies de chemins de fer ayant leur tête de ligne à Philadelphie : le Baltimore et Ohio, le Philadelphia et Reading et le Pensylvania Railroad. Ils ont pour mission d’emmagasiner, de classer, de nettoyer, de peser et d’embarquer tout le grain arrivant de l’intérieur.

Naturellement, le trafic dépend de la récolte et varie avec les années. En 1890, l’exportation totale de céréales du port de Philadelphie a été de 6,300,000 hectol., soit 16.6 0/0 de l’exportation totale des différentsports de l’Atlantique, New- York figurant pour 35.3 0/0.Surce total de6,300,000hectol., 6,114,000 ont été du maïs. La France n’a reçu, sur cette énorme quantité, que227,732 hectol. Pour donner une idée combien, d’ailleurs, les variations dans les quantités exportées sont considérables d'une année à l’autre, il suffit de montrer dans un même tableau les quantités reçues et les quantités exportées en 1889 et en 1890, de ce port :

Quantité reçue Quantité

Années. aux élévateurs. exportée.

1890.. . 17.949.500 bushels. 16.932.775 bushels.

Augmentation en

1890. 11.986.860 bushels. 13.067.972 bushels.

Toute l’augmentation a porté sur la première partie de l’année et est due à la récolte favorable du maïs aux Etats- Unis en 1889. Ajoutons que cette grande quantité de maïs exportée de Philadelphie en 1890 n’a donné lieu à aucune plainte des pays de destination touchant l’état ou la qualité du grain, classé par les inspecteurs du port.

Si l’exportation du maïs a augmenté en 1890 dans des proportions considérables, l’inverse s’est produit pour le blé, par suite de l’insuffisance de la récoke, comme le montre le tableau suivant :

Année*.

Quantité de blé reçue.

Quantité

exportée.

bushels.

bushels

Diminution en 1890.

bushels.

bushels

MOUVEMENT COMMERCIAL EN 1 890 ï I

D’ailleurs, la diminution a été proportionnellement la même pour tous les ports de 1 Atlantique.

Philadelphie n’exporte ni avoine, ni orge, ni seigle. Les principaux ports d’embarquement de ces céréales sont : New-York et Baltimore. La dernière exportation d’avoine du port de Philadelphie a eu lieu en 1885 et était assez importante : 348.000 bushels. Depuis cette époque, tout ce qui arrive aux élévateurs (4 millions et demi de bushels, en 1890) est exclusivement employé aux besoins locaux.

La consommation locale du seigle est assez restreinte . elle ne dépasse pas 100,000 bushels; celle de 1 orge est plus considérable, elle dépasse un million de bushels, dont la totalité est prise par les brasseries de la ville, qui sont très importantes, et dont l’une d’elles, Bergner.et Engel, a obtenu à Paris la grande Médaille d or à 1 Exposition de

L’exportation de la farine en 1896 a été de 860,000 bai ils, dont aucune quantité n’a été expédiée en France.

Il serait sans intérêt de mentionner ici le stock existant sur la place : ce stock varie chaque année pour diverses raisons : l’état des récoltes aux États-Unis, la demande en Europe et l’oeuvre de la spéculation. Ainsi, du i cr janvier au i er septembre de la présente année 1891, le port de Philadelphie n’a expédié en Europe que 1,204,381 bushels de mais, au lieu qu’en 1890, pour la même période de huit mois, les exportations de maïs avaient dépassé 16 millions de bushels. Pourleblé, la proportion est inverse.Du i« r janvier au r er septembre 1890, il n’avait été exporté que 600,000 bushels de blé, au lieu que pour les huit premiers mois de 1891, l’exportation de cette céréale a été de plus de 2 millions de bushels, soit quatre fois plus considérable; et, avec la présente crise en Europe et l’excellente récolte faite aux États-Unis, cette quantité ne fera que s’accroître d’ici la fin de l’année.

PORT DE PHILADELPHIE

En 1890, au 8 septembre, date du présent rapport, le port de Philadelphie n’avait point expédié de blô en France : pour la présente année 1891, dans les 32 jours compris du 7 août au 8 septembre, le Vice-Consulat a expédié en France 1,486,669 bushels, soit plus de 540,000 hectolitres. Cet envoi a été fait par 15 steamers, — 14 anglais et 1 espagnol, — se rendant 9 à Dunkerque, 4 au Havre, 1 à Saint-Nazaire et 1 à Calais avec un fret avantageux de 3 sh. 10 d.par quarter de 8 bushels, ce qui fait regretter que ces expéditions n’aient pas lieu par pavillon français.

Philadelphie est d’ailleurs un port où toute l’année, avec les pétroles et les céréales, un navire, même venant à l’aventure, est toujours absolument sûr de trouver un chargement avantageux.

Pétrole.

Pendant l’année 1890, l’exportation totale du pétrole du port de Philadelphie, sous toutes ses formes : pétrole brut, raffiné, naphte, huile lourde, a été de 3,305,332 barils, soit 25.10 0/0 de l’exportation totale des États-Unis, New-York étant représenté par 72 0/0 et Baltimore par 2.12 0/0. Ce produit, dont l’État de Pensylvanie produit la plus grande partie, est entièrement entre les mains d’un monopole gigantesque, la (( Standard Oil Company », qui possède les tuyaux qui amènent l’huile des puits aux stations centrales et de là aux ports d’embarquement. C’est elle qui règle le marché et fait à volonté la hausse ou la baisse.

Le tableau synoptique suivant montre : i° les qualités totales de chaque espèce d’huile exportées des États-Unis en 1890 ; 2 0 les quantités totales exportées en France ; et permettra de juger de l’importance, par comparaison, des exportations de pétrole du port de Philadelphie ;

Total de l’exportation des Etats-Unis

Qualités. en 1890.

Huile brute.. 88 . 525 .ooo gallons.

Huile raffinée. 3 Go. i o 5 . ooo

Naphte. 5. 7 io.8oo —

Huile lourde. 3 o. 120.000 —

Total exporté en France

Qualités. * cn > 8 90

Huile brute. 65 .1 Go. 108 gallons.

Huile raffinée. 3.911.974

Naphte. 3.572.172

Huile lourde... 4 . 843 .000

Ce tableau permet de voir que, sur la totalité du pétrole brut exporté des États-Unis, la France reçoit 73 b 0/0, au lieu qu’elle reçoit seulement un peu plus de 1 0/0 de la quantité totale du pétrole raffiné. Elle reçoit 62 1/2 0/0 de la totalité du naphte et 16 ô/o de la totalité des huiles

lourdes. Ces proportions se retrouvent dans le détail de l’exportation du pétrole de Philadelphie, ainsi que le montre le tableau suivant qui porte en regard 1 une de l’autre : 10 la quantité totale de chaque espèce d’huile expédiée de ce port en 1890 ; 2 0 la quantité expédiée en France :

Total de l’exportation

Qualités.

de Philadelphie en 1890

Pétrole brut. 47 - 26 7 * 2 9 ° g allons

Pétrole raffiné. 116.216.798 —

Naphte.. 1.792.000 —

Huile lourde. 3 .i 55 . 6 i 6

Quantité exportée en France

Qualités. Pou^o/o

Pétrole brut. 37.688.100 gai. 79.60/0

Pétrole raffiné. i. 3 o 8 ./| 3 o '- 12

Naphte. 517.200— 28.9

Huile lourde. néant.

PORT DE PHILADELPHIE

On voit que la quantité de pétrole brut exportée du port de Philadelphie en France représente près des 4/5 de l’exportation totale, et que le naphte représente près du 1/3 au lieu que le raffiné représente seulement 1.12 du total. Grâce au droit qui, bien qu’il ait été réduit au strict minimum, protège nos raffineurs, ceux-ci ont pu empêcher le monopole de la « Standard Oil Company» de prendre pied en France, le pétrole raffiné exporté de Philadelphie pour les ports français, représenté par 57,678 caisses et 14,633 barils, ayant été dirigé, non vers la France continentale, mais vers les ports de Bastia, Tamatave et Tunis. Le naphte en barils a été expédié vers les deux ports de Saint- Loubèset des Sables d’Olonne.

Le pétrole brut a été expédié, en France, partie en citernes et partie en barils. Voici, d’ailleurs, le détail de ces expéditions :

Barils

de 50, gallons.

Pétrole brut en citernes l’équivalent de. 585.521 barils.

Pétrole brut en barils. 1 60 .241 —

Pétrole raffiné en‘barils.. 14 .633 —

Naphte en barils. 10.344 —

Caisses.

Pétrole raffiné en caisses de 10 gallons. 67.678

Le transport par citernes tend à s’universaliser. Bien qu’un peu plus dangereux, il offre de grands avantages au point de vue de l’économie dans la main-d’œuvre et la rapidité dans le chargement et le déchargement.

Le pétrole brut, matière première de nos raffineurs, a été dirigé vers les port de Blaye, Calais, Dunkerque, Dieppe, le Havre, Rouen, Marseille, Saint-Loubès, les Sables d’Olonne et Saint-Louis, les quantités les plus considérables étantà destination du Havre et de Rouen : 200,000 et 184,000 barils, respectivement.

La« Standard Oil C°», maîtresse des marchés de l’Angleterre et de l’Allemagne, y a expédié en 1890, des differents ports de l’Atlantique, 87 millions de gallons de pétrole raffiné, en Angleterre, et 125 millions, en Allemagne. Elle tend à s’emparer également du marché italien. Pendant la même année, la France n’a reçu qu’un peu moins de 4 millions de gallons sur un total de 360 millions, et encore, ces 4 millions ont-ils été dirigés, pour la majeure partie, sur des ports situés hors de la France continentale, Philadelphie, pour sa part, ayant aidé à approvisionner la Corse, la Tunisie, Madagascar, pour 1,308,430 gallons.

Le pétrole constitue donc l’article d exportation de Philadelphie en France le plus important, les céréales, même en temps de crise, ne venant qu’en seconde ligne : et le mouvement augmente tous les jours. En 1889, le Vice- Consulat a expédié 59 navires, 41 voiliers et 18 vapeurs chargés de pétrole à destination de la France ; en 1890, année qui nous occupe, ce nombre a passé à 71 : 4 1 voilieis et 30 vapeurs.

L’augmentation porte sur les vapeurs à citernes, qui tendent de plus en plus à supplanter les voiliers norvégiens qui, depuis le commencement des expéditions de pétrole des États-Unis en France, s’étaient adonnés à ce transport, qui va sous peu leur échapper. Les expéditions de pétrole sous pavillon français.ont également augmenté. Elles ont passé de 3, en 1889, à 10 en 1890; en 1891, le nombre des navires français adonnés à ce transport sera encore plus considérable, le steamer à citernes « La Ville de Douai », du port de Calais, et le voilier à citernes « La Ville de Dieppe », du port de Dieppe, faisant désormais des voyages réguliers entre Calais, Dieppe et I hiladelphie. Les raffineurs ont d’ailleurs tout .intérêt à se faire leurs propres transportateurs, et il est à désirer que le mouvement inauguré par M. Paul Paix, de Douai, se généralise

PORT LE PHILADELPHIE

et qu’en échange de la protection que leur accorde le tarif douanier, les raffineurs français importent exclusivement leur matière première sous pavillon national.

En dehors du pétrole et des céréales, dont il vient d’être question, les autres articles d’exportation du port de Philadelphie ne représentant pour la France qu’une quantité minime et négligeable, il n’y a pas lieu de s’y appesantir. New-York fournit la part de ces articles dont notre commerce a besoin, et il n’y aurait possibilité d’en voir accroître l’exportation, de Philadelphie, que s’il existait un service direct entre ce port et un port français, pareil au service bimensuel que la « Red Star Line » a établi entre Anvers et Philadelphie. Les steamers de cette ligne, passagers et fret, sont toujours bondés ; le résultat direct a été de placer les exportations annuelles de la Belgique immédiatement après celles de la France. Une ligne bi-mensuelle entre Philadelphie et Saint-Nazaire ou Bordeaux donnerait à notre commerce une impulsion considérable ; cette remarque apparaîtra encore plus clairement de l’examen de l’importation française à Philadelphie.

IMPORTATIONS

Pendant l’année 1890, le total des importations s’est élevé à 291 millions de francs, dont 12 0/0 environ en franchise et 88 0/0 soumis aux droits. Sur ce total, la France est comprise pour 14,170,000 fr., mais ce chiffre est loin de représenter le total des importations de marchandises françaises à Philadelphie : la déclaration de la Douane et celles des principales maisons de commerce consultées ne laissent subsister aucun doute à ce sujet. L’une de ces maisons, et non la plus forte, a déclaré importer de France, à elle seule, le tiers du total déclaré par la douane. Beaucoup de marchandises sont adressées à New-York, avec traite documen-

taire sur une des banques importantes dont les maisons, portant le même nom à Philadelphie, sont des succursales ou des agences. La traite honorée, les marchandises sont retirées de douane et expédiées directement par voie ferrée, et leur total, qui figure aux importations de New-York, ne laisse aucune trace à la douane de Philadelphie. D’après les renseignements recueillis à ce sujet, on peut évaluer les importations françaises en ce port à trois fois le total fourni parla douane.

Sur le total général, la France vient au cinquième rang. D’ailleurs, ses importations ne font qu’augmenter. Elles ont doublé depuis dix ans. En effet, elles n’étaient en 1880 que de 7,129,000 fr. On peut remarquer en outre que, pendant la même période, le total des importations françaises auxÉtats-Unis n'aquetrèspeu varié. Ainsi, en 1880, laFrance a vendu aux États-Unis pour 360,588,000 fr. ; en 1890, elle n’a vendu que 361,740,000 fr., différence négligeable qui rend l’augmentation de l’importation française à Philadelphie d’autant plus remarquable. Voici, pour ces quatre dernières années, le total de ces importations, en milliers de francs :

L’augmentation, tout en étant faible, est interrompue et tend à continuer. Voici, pour servir de point de comparaison, la liste des 12 principales contrées important à Philadelphie, avec leurs importations pour 1890 évaluées en milliers de francs.

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