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COMMERCE DIRECT AVEC LA FRANCE

La consommation de marchandises et de produits français de toute nature à Philadelphie est énorme. Mais ce n'est que la plus petite quantité qui arrive directement à ce port: la plus grosse partie arrive à New-York, y paie les droits de douanes et, de là, est transportée par chemin de fer en cette ville. M. Louis Vossion, le consul de France en ce port, qui a donné une si grande attention à l’étude de tout ce qui concerne la ville de Philadelphie, a publié dernièrement, dans le Moniteur officiel du Commerce , un long article sur les avantages de ce port, et sur l’indifférence apparente

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des exportateurs français relativement à son importance comme débouché des produits manufacturés de leur pays. Ce rapport a été reproduit sous forme de brochure, et sa circulation en France peut avoir un bon résultat. Elle contient une statistique complète des importations : il en ressort que, tandis que les importations directes delà Grande-Bretagne à Philadelphie ont été de 77.922.000 francs, celles de la France n’ont été que de 14.170.000 francs, c’est-à-dire seulement le tiers des importations allemandes, et à peine supérieures à celles de la colonie anglaise de la Guyane.

Les soieries françaises, les lainages français, les vins, et des centaines d’autres produits sont vendus et consommés en quantités immenses à Philadelphie. Si les armateurs Français étaient seulement la moitié aussi énergiques et entreprenants que les Anglais, toutes ces marchandises seraient apportées directement à Philadelphie du Havre , de Bordeaux ou d'autres ports . Il y aurait un fret suffisant pour une ligne hebdomadaire de steamers, et de nombreux navires à voiles qui, au retour, porteraient du pétrole, des céréales, des farines, et autres produits américains. Les délais causés par le passage par la douane de New-York, et le coût du transport par chemin de fer ou par canal seraient ainsi évités. 11 se produirait une augmentation visible et sensible de notre commerce, et la douane de Philadelphie offrirait une grande augmentation de recettes, lesquelles vont maintenant grossir le chiffre des recettes de la douane de New-York. Tous ces faits et leurs conséquences sont représentés par M. Vossion, avec soin, et avec clarté, et bien que son but soit d’attirer avant tout l’attention de ses propres compatriotes sur la question, celle-ci est digne également de l’attention des citoyens de Philadelphie.

Parmi les sujets qui auront à être traités par les fonda-

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teurs de la Bourse proposée, et par les directeurs de nos autres organisations commerciales, celui qui consistera à établir un courant commercial direct entre Philadelphie et les principaux portsde France sera, sans aucun doute, l’objet de la plus sérieuse attention. Il ny a aucune raison pour que Philadelphie n ait pas autant de commerce avec ces ports quavec Anvers. Une correspondance plus intime avec les principaux marchands de France amènerait des entreprises aussi avantageuses que celles qui sont nées dans le grand port Belge, à la suite de la création de la ligne maritime unissant les deux ports. La France a besoin d’être éclairée, et poussée à agir par l’exposé de faits tels que eeux que M. Vossion a réunis dans sa brochure. Philadelphie serait prête à coopérer avec elle , aussi bien au moyen de ses capitaux que de son trafic . Elle accueillerait avec plaisir toute entreprise tendant à créer des relations commerciales directes et fréquentes avec un pays pour lequel elle éprouve d’aussi cordiales sympathies que la République française !

Nous espérons voir cette ligne en pleine opération avant l’ouverture de l’Exposition de 1900 I

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