RESUME ET CONCLUSIONS
On vient de décrire trois méthodes susceptibles de donner la grandeur moléculaire d'un corps au point critique. Résumons rapidement les principes sur lesquels elles s'appuient.
1° J'ai établi, en premier lieu, que la réfraction moléculaire et le coefficient critique sont des quantités approximativement proportionnelles entre elles. Cela résulte d’un grand nombre de vérifications expérimentales relatées au cours de ce Mémoire. Cela résulte, en outre, au point de vue théorique, des idées émises par Maxwell, Clausius, MM. Van der Waals et F. Exner.
2° En toute rigueur, cette relation ne peut être vraie
de
que si la réfraction moléculaire a été ramenée à une radiation de longueur d’onde infinie, ce qui cesse d’être possible, avec les formules de dispersion actuelles, lorsqu'on a affaire à des composés très dispersifs.
3° Indépendamment de cetie première restriction, il convient d’en faire une seconde relative aux trois composés de températures critiques très basses. Cette anomalie, peut se concevoir comme une conséquence possible de la formule de M. Sarrau, qui, on le sait, serre de beaucoup plus près les phénomènes que la formule de M. Van der Waals.
4° Ces deux réserves faites, on peut calculer le poids moléculaire d’un corps au point critique par la formule
MEnES KR 5° J'ai montré ensuite qu’on pouvait calculer le coeflicient critique d’un composé au moyen de coefficients alomiques spéciaux dont j'ai indiqué les valeurs. Ce calcul permet de vérifier la grandeur moléculaire au point eritique, abstraction faite de la connaissance de la réfraction spécifique. Les deux réserves ci-dessus s'appliquent aussi à celte seconde méthode.
6° J'ai étudié ensuite le coefficient critique des mé- Janges; j'ai montré les lois auxquelles il devait ètre astreint en m’appuyant sur les analogies relatives aux réfractions moléculaires moyennes.
7° J'ai soigneusement passé eu revue les cas exceptionnels et montré qu'ils se produisent toujours lorsque les corps sont fortement dispersifs ou lorsque la température critique est très basse.
8 J'ai attiré l'attention sur l’eau et l'alcool méthylique qui paraissent se comporter, au point critique, comme si leurs molécules étaient doublées.
9° J'ai développé une troisième méthode pour fixer la
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grandeur moléculaire au point critique, en m'appuyant sur la formule de M. Sarrau. Cette méthode parait être beaucoup plus générale que les deux premières: en particulier, elle n’est pas en défaut, soit avec les corps de basses températures critiques, soit avec ceux qui présentent une grande dispersion. Cette méthode consiste à ramener les densités critiques à o° et à 1°” par une formule qui n’est pas sans analogie avec celle qui sert au calcul des densités de vapeur. On retrouve par ce procédé la confirmation des résultats relatifs au coefficient critique d’un mélange, ainsi que ceux relatifs à la grandeur moléculaire de l’alcool mé-
thylique.
Vu et approuvé :
Paris, le 20 mai 1891.
LE DoyEN DE LA FACULTÉ DES SCIENCES, G. DARBOUX.
Vu et permis d'imprimer :
Paris, le 20 mai 1891.
Le Vice-RECTEUR DE L'ACADÉMIE DE PARIS, GRÉARD.
17409 Paris, — Impr. Gauthier- Villars et fils, quai des Grands-Augustins, 55.