CHAPITRE XIV
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Uhb propriété générale et oommune à tons ces moayemens , o^est qa'mdépendamineiit de Teffet momentané qu^ils produisent , ils laissent dans n» organes une disposition , une manière d'être permanente , en nn mot , oe qu'on appelle une halMtude.
Cette habitude est telle , que plus les mouyemess sont répétés, plus ils deviennent faciles et rapides, et que plus ils sont faciles et rapides , moins ils soot perceptibles , c'est-à-dire , plus la perception qu'ils nous causent diminue , jusqu'au point même de s'anéantir f quoique le mouvement ait toujours lieu.
L'observation de ce seul phénomène suffit pour rendre raison de tous les effets qui naissent en uoas de la fréquente répétition des mêmes actes , quoique ces effets soient très- variés et semblent même quel* quefois contraires les uns aux autres.
Elle nous fait voir la cause de plusieurs faits qui, sans elles, paraissent absolument %icompréhensibles. •
Elle nous explique même pourquoi uu homme dominé par un désir devenu habituel , agit pour le satisfaire contre les lumières les plus évidentes dt sa raison. C'est que pendant qu'il porte avec réflexion
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quelques jugemenfi sensés qu'il perçoit netlement, précisément parce qu'il les porte avec peine, il en porte en même temps un grand nombre d'autres dont il ne s'aperçoit presque pas, justement parce qu'ils lui sont extrêmement familiers , et qui , par oette raison là même, en excitent une foule d'autres , et l'entraînent en sens contraire.
Il y a en lui simultanéité et conflit dejugemens, les uns aperçus , les autres inaperçus, et ce sont toujours les plus habituels qui l'emportent, parce qu'ils réveillent un bien plus grand nombre d'impressions adjacentes. Il est vrai que pour goûter cette explioacation, il faut consentir à admettre qu'il se passe en nous en un instant un nombre prodigieux de mouyemens , et qu'il s'y exécute presque simultanément une quantité incroyal^le d'opérations intellectuelles dont nous n'avons pas même la conscience; mais mille faits prouvent qu'il en est ainsi. Par exemple , n'est-il pas évident qu'il s'opère en un din-d'œil une multitude innombrable de mouvemeus et de combinaisons inapeijjçues dans l'homme qui lit rapidement un livre qu'il comprend,- et plus encore dans celui qui écrit ses idées à course de plume? Et d'ailleurs y a-t-il quelque chose de révoltant à supposer, quand tout porte à le croire , que le fluide nerveux égale ou surpasse le fluide lumineux en subtilité et en vitesse?
CSette manière de voir nous conduit à comprendre comment se produisent les déterminations instinotives en général, et nommément celles* de certains animaux qui , dès les premiers instants de leur
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GHAPITRE XY.
DU PRRFBCnOHVBMBHT GRADUEL DB VOS FACULTES nrTBLLECTUBLLVS.
Cbttb oapacité de nos organes de recevoir une disposition permanente à l'occasion d^ane impression passagère, est la source de tous nos progrès et àt toutes nos erreurs.
Elle est la cause de tous nos progrès ^ car sans eUe nous n'aurions absolument aucuns souvenirs.
En effet, on sent bien que si nos perceptions, lors de leur disparition , nous laissaient abacdument comme nous étions ayant de les ayoir éprouvées , il nous serait impossible de nous les rappeler. Or, sans souvenirs , tout progrès ultérieur serait impoasible.
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Cependant ces progrès seraient encore bien faibles sans raccroisseïnent de facilité qui a lieu dans nos fonctions. Quand on songe combien toute opération nouvelle est pour nous pénible et lente , on reconnaît bien vite que Phomme brut et Fesprit cultivé diffèrent encore bien plus par P aptitude à faire des combinaisons que par le nombre de leurs connaissances.
Mais cette disposition qui demeure dans nos organes est aussi la cause de nos erreurs , i» parce que beaucoup d'opérations intellectuelles s'exécutent à notre insu , et nous avons vu ce qui en arrive ; a» parce que devenant vraiment innombrables , il est difficile qu'elles ne se causent pas réciproquement des perturbations , et qu'il ne s'établisse pas entre elles des liaisons vicieuses. Aussi la démence absolue est-elle plus fréquente dans les esprits très-exercés et trèsactifs.
De tout cela il résulte que quand Phomme naîtrait avec Pentier développement de ses organes , il n'en serait pas moins réduit d'abord à un degré bien borné d'intelligence et de capacité.
Jusqu'à quel point Pindividu isolé et livré à luimême se perfectionnerait-il par ses propres forces ? c'est ce qu'il est impossible de déterminer avec précision -y mais si l'on pense à la prodigieuse différence qu'il y a entre inventer et apprendre , on peut prononcer qu'il n'égalerait jamais le sauvage le plus brut, car celui-là même a déjà beaucoup reçu de ses semblables.
Ceci nous amène naturellement à l'examen de