APHORISME X
Après ces deux préliminaires nécessaires , i sommes encore en doute sur le jugement qu'i de porter, l'expédient le plus utile dont noui
A LA PREMIERE SECTION. l65
ioBs nous Kwiser est de faire rénumération la plus «n{dète possible des élémens qui composent Pidée , Bjet de œ jugemeAt, et principalement de ceux [ni ont trait à l'idée que nous nous proposons de n attribscr , o'est-è-dire à Pattribut du jugement ■njeté.
Obiervation,
L^effet de cette opération est de nous rappeler à los-mémes , ou à ceux que nous voulons convaincre : la vérité ou de la fausseté d'une proposition , les lémens du sujet qui comprennent implicitement attribut proposé, ou qui , an contraire , pourraient exclura.
Cest ie but que les logiciens se proposent d'attein. Ire par oe qu^ils appellent des définUionê ; mais , suimt moi y ils tombent dans plusieurs erreurs relativement anx définitions , et ils en méconnaissent bien les effets et les propriétés.
Premièrement, ils croient qu'il y a des définitions ^ noms et des définitions de choses ; et dans le vrai , il n'y a jamais que des définitions d'idées. Quand J explique le sens d'un mot, je ne fais autre chose ^^ezptiquer l'idée que j'ai quand je prononce ce mot; ^ quand j'explique ce qu'est un être, je ne fais en- <^ qu'expliquer l'idée que j'ai de cet être, et que J exprime quand je prononce son nom.
Secondement, ils établissent que les définitions ^t des principes et qu'on ne peut pas disputer des ^*^fiiiitions. Ces deux assertions sont contradictoires ^ pourtant fausses toutes deux.
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Caitiïte. ecs dcn Aiaaitk M Lf soDt faussa te dffvx. Lb «UfiBÎEïuBf BF 9oat f«s dcf princî] la ands mii pviacipcs , ee jobI les &its; et le soot pas des frits, aâs de simpli fcndécssBrlcs frits, eoame tamtcs no f i HMiil iopi ^aeleomiaes. Or, om peat oonte d^6]iitîao eonme kmte aatre proposition ; tm jTcxplîqne Tidée qne j*û d^in être, je ne p pu due senlrmeat qne feu ai eette idée , jep afirmer de plu qne cette idée oonyient à o qn'on pent raroir telle sans cnenr; or, c^ei peut être faux, ce qn*on peut me contester. De quand j^expUqne Pidée qne j^ai du sens d*i je ne prétends pas seulement qne j*cn ai oeti je prétends enoore qn*elle ne blesse point les i réelles de ce mot avec une infinité d^antres peut s'en serrir dans ce sens san^ inconvë sans inconséquence; or, c'est ce qu'on pent me contester avec raison. Enfin , quand je ne drais faire, par une définition, qu'expliqm complexe et composée que j'ai actuellement tête , on pourrait et on devrait toujours ètn me montrer que cette idée est mal faite; qu composée en vertu de jugemens inoonséqueni
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iix autres , et qu^elle renferme des élément contralietoires.
Donc les définitions ne sont jamais des principes , et pourtant elles sont toujours contestables.
Troisièmement, les logiciens out cru que la défilition est bonne et que l'idée est parfaitement explicitée, dès qu^on Va déterminée per genus proximum «t diffère ntiam specificam, comme ils disent ; c'està-dire dès qu'on a exprimé celui de ses élémens qui &it qu'elle est d'un tel genre, et celui qui, dans oc ÎBnre , la distingue des idées de l'espèce la plus voilÎDe. Or , cela est enc(H% faux ; et cela n'est fondé que lor la doctrine fantastique en vertu de laquelle ou Mojait pouvoir partager toutes nos idées en différentes classes arbitraires appelées catégories.
Cela est faux , d'abord parce que toutes ces classifioations arbitraires ne représentent jamais la nature. Nos idées sont enchaînées les unes aux autres par mille rapports divers ; vues sous un aspect , elles sont d*un genre, et sous un autre, elles sont d'un tolre genre; par suite, chacune d'elles tient à une mltitude innombrable d'idées voisines , par une infinité de relations de nature si différente , qu'on ue peut les comparer entre elles pour décider quelle est U moins éloignée. Ainsi , on ne peut jamais , ou pres- <iue jamais, trouver réellement le genre prochain ni la différence êpécifique qui méritent exclusivement de caractériser une idée.
De plus , quand on aurait trouvé dans cette idée les élémens qui déterminent en elTet le genre et l'eslèoe dans lesquels il est permis raisonuablcincul de 2 i5.
l68 SUPPLÉMENT
la olasflcr, il s'en £audnit encore de beauoonpque ■. ridée fût suffisamment expliquée pour être bien oobnue ; il se pourrait même que ces deux élémens fessent absolument étrangers à la décision de la qwH tien qui aurait donné lieu à U définition. Asiiuément , quand j^ai dit que Por est un métal , et le plu pesant des métaux après le platine, j^ai très-lM rangé Por daus le genre d^étres auquel il appartient, et je Tai distingué par une différence caractéristiqaB de ceux qui en sont les plus Toisina dans ce genre. Cependant , cela ne me sert à rien du tout pour saidr si Tusage de Por , comme monnaie , est utile au eoen- ; merce on pernicieux pour la morale , ni même si For \ est le plus ductile des métaux. Les deux premièM ] questions tiennent à des idées trop étrangères à oeUcf qui mettent Por dans telle place parmi les minéraos ; et quoique la dernière en soit moins éloignée , oepen- '» daut nous ne connaissons pas de rapport direct et ni- * oessaire entre la pesanteur et la ductilité.
Les logiciens se sont donc trompés sur la nature, les effets et les propriétés des définitions. Elles sont incapables de remplir le but qu*ils se proposent d*a^ teindre par leur moyen , celui de faire connaître Pidée dont il s'agit de juger, tellement qu'on ne puisse eo porter qu'un jugement sain. La seule manière d'y parvenir est de faire la^description de cette idée le mieux possible, et avec^les précautions que nous ayons indiquées.
Remarque, Il faut faire attention que tout ce que nous avons
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***^eillé dans les aphorismcs vni, ix et x , et tout c»< ^ - nous conseillerons par la suite de faire, {mur ^^^X connaître Fidée du sujet du jugement eu ques- ^^^, est également applicable à Tidée attribut de ce :ine jugement, dont la connaissance est également ^^«ntielle et ne peut «^acquérir que par les mêmes