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CHAPITRE VI, page iSy

De la Monnaie,

Le commerce peut exister et existe jusqu'à un certain point sans monnaie.

Les valeurs de toutes les choses qui en ont une se servent de mesure réciproquement.

Les métaux précieux , qui sont une de ces choses , deviennent bientôt leur mesure commune , parce qu'ils ont beaucoup d'avantages pour cela.

Cependant ils ne sont pas encore monnaie; c'est l'empreinte du souverain qui donne cette qualité à un morceau de métal , en constatant son poids et son titre,

La monnaie d'argent est la seule vraie mesure commune.

La proportion de l'or à l'argent varie suivant les temps et suivant les lieux.

La monnaie de cuivre est une fausse monnaie , bonne seulement pour de petits appoints.

n eût été à désirer que les monnaies n'eussent jamais porté d'autre nom que celui de leur poids , et qu'on ne se fût jamais servi de ces dénominations ar->

34o EXTRAIT RAISONNÉ.

bitraires qu'on appelle nuHUiaie de copnplOi comne livres , souy , deniers , eto.» etc.

Mais quand ces dénominations sont admistt et employées dans les actes, diminuer la quantité di métal à laquelle elles répondent , en altérait les moBr naies réelles, o^esti;o/er.

Et c'est un vol qui udit même à celui qui le fait*

Un vol plus grand et plus funeste encore est et faire monnaie du papier.

Il est plus grand , parce que dans cette moDDaie il ne reste absolument plus aucune valeur réelle.

Il est plus funeste, parce que oe papier se détériorant graduellement pendant tout le temps q[a^ dure , il fait Teffet que ferait une infinité d'altintions successives de la monnaie.

Toutes ces iniquités sont fondées sur U &«!* idée que Targent n'est qu'un signe , tandis qu'il tA valeur, et le véritable équipaient de ce qu'il ptit>

L'argent étante une valeur comme toute autre chose utile , on doit pouvoir le louer tout aussi libI^ ment que toute autre chose.

Le change , proprement dit , est un simple tiiic d'une mounaie contre une autre.

La banque, le service propre du banquier, coasiste à vous faire trouver dans une autre ville Ttrgent que vous lui remettez dans celle où il est.

Les banquiers rendent encore d'autres services « tels que ceux, d'escompter , de prêter , etc., etc.

Tous ces banquiers , changeurs , préteurs, escompteurs, etc., etc., ont une grande tendance à se former en grandes compagnies, sous prétexte de faûff

EXTRAIT RAISONIfE. 34l

ie senrioe à meilleur marché , mai? dans le fait afin i« le faire payer plus chèrement.

Toutes les compagnies privilégiées, après ayoir ^mis beaucoup de billets , finissent par se faire autoriser à ne les pas payer à vue , et ainsi elles amè- Kient forcément un papier-monnaie,

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