‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 112 sur 149 · id.) Cuivrée · texte numérisé non relu

id.) Cuivrée

42 Traces très nettes. Bronzée.

44 (id.) Cuivrée.

45 (id.)

47 (id.) Brunie.

58 (id.) Bronzée.

46 '. . . . . ( id.) Brunie.

6 (id.) Bronzée, un peu jaunâtre.

33 (id.) Bronzée.

Témoin de billon (id.) (id.)

Par mesure de contrôle, l’étain a été dosé sur les échantillons n°** G et 33, qui paraissent les plus stannifères de toute la série; les pourcentages respectifs de 6,8 et 6,4 pour loo que l’analyse a fournis correspondent, à notre avis, à la cjuantité maxima d’étain figurant dans nos pièces; il semble donc qu’en Équateur on ne puisse parler de bronze véritable.

A côté de l’étain, on a rencontré, dans le n^ 4*2, de l’argent d’une façon nette. Une remarque analogue a été faite à propos de l’échantillon non stannifère lU 28, bien cjue la quantité d’argent y soit certainement moins grande. Il est très probalile que ce métal provient du minerai même et n’a pas été ajouté intentionnellement.

En résumé, sur 78 objets de cuivre certainement précolombiens, l’étain n’exlstc que treize fois, le plus souvent à un taux inférieur à celui de notre alliage monétaire et sans que sa quantité dépasse jamais 7 pour 100.

Si nous tenons compte des analyses antérieurement faites, dont nous avons donné plus haut les résultats (p. 827), il ressort que l’étain ne se rencontre en Équateur que quinze fois sur 80 objets analysés, soit dans une proportion de 18, 7 pour 100.

Ce résultat est intéressant à comparer à ceux obtenus dans les pays voisins du Sud : Pérou, Bolivie et République Argentine. Pour ce dernier pays, et pour le Pérou, nous avons ajouté aux nombreuses analyses déjà réunies par Boman (47, II, tableau en face de la page 868) leS aiialyseS ITOUVelleS publiées par Sanchez Diaz [364 tty p. 84, 99) et Foot etBuell (62 Hs).

Voici, à l’aide de ces éléments, le tableau global qu’on peut établir ;

Nombre

d'objets

Quantité d’étain.

Pays.

examinés.

stannifères.

Pourcentage.

Maximum

. Minimum.

Moyenne

Equaleur

Pérou

Oj2I

Bolivie

Bépublique Argenline..

Ca

,ti9

OBJETS EXTRAITS DES TOMBES PRÉCOLOMBIENNES DE e’ÉQUATEUIU

Le pourcentage montre, d’une façon très nette, que la proportion des objets de cuivre renfermant de Fétain augmente du Nord au Sud; mais la quantité moyenne de ce métal figurant dans l’alliage ne suit pas une marche tout à fait parallèle, et il semble que ce soit en Bolivie c|u’elle atteigne son maximum (' )• Il est à remarquer que toutes les pièces non stannifères péruviennes d’origine déterminée proviennent de la région côtière. A ce point de vue, la métallurgie équatorienne se rattache donc à la métallurgie du littoral péruvien plus cj^u’à la métallurgie andine. Du côté du Nord, il semble bien qu’on puisse étendre cette observation à la Colombie; en effet, c|uoique nous ne possédions aucune analyse de pièces de cette région, nous savons, grâce à Uhle, que des essais faits sur des objets du Musée de Berlin par Weeren n’y ont pas révélé la moindre trace d’étain (407, i, p. 62).

La division, proposée par Boman, de l’Amérique du Sud en deux régions métallurgiques distinctes se trouve donc entièrement confirmée par nos recherches. La première, où les objets de cuivre ne renferment généralement pas d’étain, comprend la Colombie, l’Équateur et la côte péruvienne; la seconde, où la présence de l’étain est au contraire la règle, comprend le haut Pérou, la Bolivie et la région andine de la Bépublique Argentine (47, ii,p. 861-862). Suivant Andrée (19 Hs, p. 145-146), deux régions similaires se retrouvent dans l’Amérique du Nord ; l’une, où l’on pratic{uait l’alliage du Cuivre et de l’étain, est composée du Mexique et d’une partie de l’Ainéricjue centrale, jusque et y compris la région du Chiriqui (173, p. 35), la seconde, où cet alliage était inconnu, comprend les États-Unis et le Canada.

On pourrait objecter, il est vrai, que la présence de l’étain dans des zones aussi déterminées n’est pas intentionnelle et qu’elle est due à la nature du minerai employé. A cette objection, Boman répond que le seul gisement connu jusqu’ici de cuivre natif renfermant de l’étain, et encore en très petite quantité, est celui de Corocoro, en Bolivie, et que si l’on peut admettre que des parcelles de cassitérite mélangées accidentellement au minerai de cuivre expliquent l’existence de l’étain dans les pièces les moins stannifères, cette explication ne saurait s’appliquer à des alliages ori le métal existe dans une proportion de 10 à 16 pour 100, comme on en rencontre en Bolivie et dans la République Argentine (47, ii, p. 865-866). C’est également l’opinion de Sanchez Dfaz (364 bis, p. loi).

En ce qui concerne l’Équateur, et bien que la teneur en étain n’atteigne jamais un chiffre aussi élevé, il ne nous semble pas possible non plus d’admettre que

('^) Ce résultat serait encore plus net, si l’on éliminait de la série argentine les analyses de neuf objets de La Paya, faites par Juan A.. Dominguez et J.-A. Sanchez, qui ont donné des quantités tout à fait anormales d’étain. Cette élimination modifie les chiffres relatifs à la Réjoublique Argentine de la façon suivante :

Nombre d’objets Quantité d’étain,

examinés, stannifères. Pourcentage. Maximum. Minimum. Moyenne.

33/] ETHNOGRAPHIE ANCIENNE HE l’ÉQUATEUR.

l’alliage soit dû à l’impureté du minerai. Wolf ne signale pas d’étain dans le cuivre qu’on trouve dans les terrains porphyriques de ce pays, soit à l’état natif, soit à l’état d’oxyde, de sulfure, de chlorure ou de carbonate; il n’existe pas non plus dans la tétraédrite, ni dans les minerais de Zaruma qui ont été particulièrement bien étudiés, et qui, d’après le géologue allemand, renferment de l’or, de l’argent, du plomb et du zinc, ou bien encore se présentent à l’état d’atacamite (447, p. 269, C25-626),

La meilleure preuve cjue la présence de l’étain est intentionnelle serait de trouver une relation entre la nature des objets fabriqués et leur teneur en étain. A ce point de vue, l’étude des objets stannifères de la République Argentine n’a donné aucun résultat à Sanchez Diaz (364 bis, p. 102) ni à Roman. « Partout, écrit ce dernier, la quantité d’étain est tout à fait arbitraire, et les outils pour lesquels la dureté du métal est une qualité essentielle ou ne contiennent souvent point d’étain ou des quantités très inférieures à celles qui ont été trouvées dans des pièces où la dureté n’est pas nécessaire » (47, ii, p. 864).

En Equateur, au contraire, le métallurgiste semble avoir dosé l’étain avec plus de discernement et une connaissance plus nette du but à atteindre. En effet, les i3 échantillons stannifères que nous avons mentionnés sont, à l’exception de la bague (n® 58), des instruments dont la dureté constitue la qualité première; ils comprennent un poinçon (n® 53), deux casse-tête (n°* 48, 49), quatre haches ou ciseaux (n®* 6, 7, 21, 33) et cinq turni (n“* 42, 44, 45, 46, 47), et ce sont ces deux dernières catégories d’objets qui paraissent renfermer le plus d’étain.

La fréquence de l’étain dans la composition des tumi est surtout remarquable, puisqu’on le trouve cinq fois sur six objets étudiés. Étant donnée la rareté de ce métal dans les pièces équatoriennes, le fait ne peut guère être attribué au hasard. Il nous paraît donc vraisemblable que l’ouvrier l’ajoutait intentionnellement pour augmenter la résistance de ces petits couteaux, qui, en raison de leur minceur, étaient plus exposés que tout autre outil à se tordre et à s’ébrécher à l’usage.

Pour les haches également, on peut constater que l’étain ne se rencontre que dans des exemplaires de faible épaisseur, tandis qu’il n’entre pas dans la composition des armes de même forme qui, en raison de leur grosseur, étaient moins sujettes à se déformer et agissaient plus par leur poids que par leur tranchant. Certes, ces corrélations sont encore trop peu nombreuses pour permettre d’en tirer une eonclusion certaine, mais nous ne pouvons nous empêcher d’y trouver un argument de plus en faveur de l’opinion de Roman, à savoir que l’alliage de l’étain au cuivre dans les objets précolombiens est, dans la plupart des cas, intentionnel.

D’où venait cet étain ? Pour l’instant, nous ne pouvons pas répondre à cette question, ear nous n’avons trouvé mention d’aucune mine de ee métal en Équateur. Peut-être faut-il supposer que les quelques pièces stannifères de ce pays sont des pièces importées de l’intérieur du Pérou et non des produits de l’industrie

OBJETS EXTRAITS DES TOMBES PRÉCOLOMBIENNES DE l’ÉQUATEÜR.

locale. C’est sans doute une hypothèse vraisemblable, mais le problème se pose alors de savoir d’où les Péruviens tiraient ce métal. Or, jusqu’ici, aucun minerai d’étain, sauf la plumbostannite de la province de Huancané, n’a été découvert dans le pays, et ce gisement ne semble pas avoir été exploité par les Précolombiens, car les objets fabriqués ne renferment pas de soufre, alors que la plumbostannite en contient beaucoup. Boman, à qui nous empruntons ce renseignement, signale, par contre, la fréquence de la cassitérite en Bolivie. Il est donc possible que l’étain ait été importé de cette région; toutefois, étant donnée l’insuffisance de nos connaissances sur les richesses minières du Pérou, il serait téméraire d’affirmer cju’il n’ait pas existé de mines analogues dans ce pays (47, ii, p. 866-867) (’).

Nous avons cherché à nous rendre compte de la nature exacte du minerai de cuivre qu’utilisaient les aneiens Équatoriens. Nous devions nous demander, en particulier, s’ils exploitaient un sulfure, car Boman a noté c£ue seuls les constructeurs de Tiahuanaco paraissent avoir utilisé un minerai sulfuré. Nous avons donc recherché le soufre dans quatorze échantillons, et voici le résultat que nous avons obtenu :

Numéro

des échantillons.

Réaction du soufre.

G Nulle

7 fid.)

Très nette

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