‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 79 sur 149 · COMPTEUR · texte numérisé non relu

COMPTEUR

Il ne nous reste plus qu’à signaler un très curieux objet qui a été tout d’abord sommairement décrit par Bastian (') (32, p. 149, pi. v, fg. i5, i5,a), puis étudié en détail par Gonzalez Suarez (139, p. 25-26, p/. F; 140, p. 67-75, pz. /ïg. i). Il fut découvert au

point dit Patecte, à l’est et près du petit village de Chordeleg, en pays canari, dans une sépulture remarquablement riche en pièces précieuses, qui ont été publiées par Heuzey (164) sous le nom de trésor de Cuenca. La tombe ne renfermait qu’un seul cadavre étendu sur le dos; à ses côtés, étaient disposés un grand nombre d’objets en or ; neuf grandes coupes hémisphériques, deux coupes plates [pl. XXV, fig. i), cinq haches à tranchant semi-circulaire, à talon perforé ou muni d’oreilles [pl. XXIll, fig. 4j 5, 9, pl. XXV, fig. 8), une hache à douille {pl. XXIll, fig. 10), des ornements d’oreilles ou de nez, plusieurs ceintures, un grossier diadème percé d’ornements à jour, deux sortes de tiares {pl. XXIll, fig. 2), un grand nombre de plaques circulaires, dont quatre portant des dessins au repoussé {pl. XXIll, fig. i, ii, pl. XXIV, fig. 3) et enfin deux lingots d’or (^) (164).

L’objet en bois qui se trouvait joint à ce véritable trésor était une épaisse plaque de noyer ('*) de forme rectangulaire, mesurant 33^™ de long et 27C111 de large. Sur sa face supérieure {pl. XV, fig. 5), douze compartiments carrés et deux rectangulaires ont été creusés, en ménageant toutefois au centre un espace libre octogonal. A chaque extrémité d’une des diagonales, se détache une saillie prismatique à base carrée de 123"^“ de côté, dont le sommet présente une case analogue aux précédentes, et qui est ellemême surmontée d’une saillie secondaire de 73”^“ de côté, présentant exactement

(^) C’est évidemment cet objet que Ratzel a reproduit (325, III, p. 657) en indiquant par erreur qu’il est en pierre, qu’il provient du Pérou et qu’il est extrait d’une publication de Squier.

(^) En plus de ces objets, il y aurait eu dans cette tombe, d’après Gonzâlez Suârez (140, Atlas, p. 87), une plaque d’or gravée et une couronne ou llauio, dont nous donnerons pl is loin la description d’après cet auteur.

La plupart de ces objets précieux, à l’exception de quelques pièces qui ont été données au Musée d’ Ethnographie du Trocadéro par M. Ralîenot, ont été fondus, après avoir été étudiés par Heuzey. Un heureux hasard nous a fait retrouver les photographies de ces pièces qu’Angrand avait dû faire exécuter à l’époque et qu’il avait jointes à un tirage à part du travail d’ Heuzey, aujourd’hui à la Bibliothèque nationale, où il figure sous la cote : P. Angrand, 360. Bien que les épreuves aient un peu pâli par suite de leur ancienneté, no s avons pensé qu’elles présentaient une valeur documentaire supérieure aux dessins d’ Heuzey; aussi, avons-nous cru utile de les faire reproduire en phototypie, après une retouche convenable. D’ailleurs, un certain nombre des objets que nous publions n’avaient pas été figurés par cet auteur.

(•’) Gonzâlez Suârez avait d’abord pensé que cet objet avait été taillé dans un morceau de dionia [Bactris sp.) (139, p. 25). A un nouvel examen, il a reconnu qu’il s’agissait en réalité de noyer (140, Atlas, p. 78).

On.lETS EXTRAITS DES TOJIDES PRÉCOLOMBIENNES DE l’É(„)UATEUR . 245

la même forme. Les rebords, qui limitent les différentes cases, ont une largeur uniforme de et sont creusés d’une rigole.

Les faces latérales [pl. XV, fi g. 3) sont ornées de gravures intéressantes ; c’est d’abord une série de têtes humaines de profd (3 sur les petits côtés, 4 sur les grands), toutes semblables, séparées l’une de l’autre par un dessin géométrique de forme rectangulaire. En outre, au niveau de la partie élargie, correspondant aux deux saillies de la face supérieure décrites plus haut, se trouve représenté un crocodile, autour duquel le même signe réniforme est figuré trois fois ; ces gravures sont répétées quatre fois sur tout le pourtour, elles sont symétriques deux à deux par rapport à la diagonale qui réunit les angles près desquels elles se trouvent.

La face inférieure de l’objet {pl. XV , fig. 6) est divisée en 12 carrés égaux, dont chacun renferme le même décor en rosace. •

Au moment de la découverte, l’objet était recouvert d’une mince lame d’argent, fixée sur le bois à l’aide de clous, d’argent également, aussi fins que des épingles (')

(140, Atlas, p. 68).

L’original de cette intéressante pièce s’est malheureusement perdu, mais deux moulages en ont été conservés; l’un se trouve au Musée de Santiago de Chile, l’autre a été envoyé par Bastian au Musée d’ Ethnographie de Berlin. Les figures que nous en donnons ont été exécutées d’après des photographies d’une réplique de ce dernier moulage, qui nous a été envoyée par M. le professeur Seler.

Des objets en pierre similaires, parfois identiques, ont été rencontrés par Wiener, au Pérou, à Huandoval, près du mont Chucana, à Cabana et à Urcon (434, p. 777). Des deux moulages qu’il a rapportés au Musée d’ Ethnographie du Trocadéro, l’un est de forme rectangulaire et, par la disposition de ses compartiments, est tout à fait comparable à notre pièce équatorienne ; l’original avait été trouvé à Chucana ; c’est celui qui a été représenté par Wiener (434, p. 778). Le second est de forme plus arrondie, moins symétrique {pl.XV ,fg. f). Sa provenance exacte n’est pas indiquée, mais on peut supposer qu’il provient d’une des localités citées plus haut.

Le Musée d’Ethnographie de Berlin possède deux pièces analogues, quoique de dimensions beaucoup moindres (■). La première [pl. XV, fig. i) est une plaque rectangulaire de serpentine gris jaunâtre, de structure porphyrique, avec cristalloïdes de couleur noirâtre, mesurant de long sur 14*^™ de large, épaisse de 2^'" environ, dont la face supérieure est creusée de huit cavités à peu près carrées et égales et d’une cavité rectangulaire beaucoup plus grande. Elle provient de Laurel, dans la vallée de Chicama. La seconde pièce, trouvée à Pachacamac, a été figurée par Baessler

(^) C’est évidemment à ce revêtement métallique que nous devons la conservation des rares objets en bois qui ont été trouvés dans les tombes de l’Equateur. Tous ceux qui en étaient dépourvus, en particulier les macanas, les propulseurs usuels et tous les ustensiles d’usage courant : cuillers, aiguilles, épingles, etc., se sont rapidement décomposés sous l’influence de l’humidité.

(^) C’est à l’amabilité de M. Seler que nous devons tous les renseignements et documents relatifs à ces pièces péruviennes. Nous sommes heureux de lui en exprimer publiquement notre grande reconnaissance.

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(22, pi. cLii, fig. 417). C’est une plaque circulaire d’un bois assez léger, dont l’épaisseur n’atteint pas 2cm et dont le diamètre est de 80™™. Comme la précédente, elle porte une série de compartiments symétriquement disposés {fig. 60).

Enfin, M. Seler nous a communiqué les photographies de deux objets en pierre rentrant dans le type ordinaire rectangulaire, qui font partie de la collection de M. A. Greuter à Caraz. L’un est entier et nous en donnons une reproduction [pl. XV, fig. 2), qui permettra de juger des grandes ressemblances qu’il présente avec

Fig. (3o. — Compteur en bois de Pachacamac, d’après Bacssler (22, pl. CLII, fig. 4i7)-

Fig. 6i. — Compteur en pierre de Caraz (Pérou), d’après une photographie communiquée par M. Seler. (|).

notre spécimen du pays canari; le second, en partie brisé, ne diffère du premier que par des détails secondaires, ainsi qu’on pourra s’en rendre compte par le dessin en partie reconstitué que nous en avons fait faire [fig. 6i). Ces deux spécimens mesurent 36c"i, et ont une épaisseur de 2'^"\

La similitude de notre pièce équatorienne avec tous ces objets péruviens nous indique nettement quelle en est l’origine. Mais, ce rapprochement ne nous éclaire pas beaucoup sur sa destination réelle.

Pour Bastian (32, p. 149), il s’agit du plan d’une ancienne ville incasique.

Cette hypothèse a été reprise par Gonzalez Suarez, qui a tenté de la préciser. Pour rhistorien équatorien, en effet, l’objet découvert à Patecte est le plan du lieu sacré de Chordeleg ('), et il croit pouvoir en expliquer ainsi tous les détails avec la plus grande facilité ; les deux saillies symétriques de la lace supérieure représentent les collines de Llaver et de Zhaurinzhi, qui étaient autrefois taillées en forme de

(^) Il est certain que les tombes de Chordeleg sont très riches en or, mais est-ce suffisant pour en concl.ire que cette localité était un lieu sacré? Nous ne le pensons pas, car, dans la même région des Canaris des sépultures aussi riches ont été découvertes en plusieurs endroits, notamment au Sigsig et à Cojitambo.

OBJETS EXTRAITS DES TOMBES PRÉCOLOMBIENNES DE l’ÉQUATEUR. 247

pyramides à étages superposés ('); les différentes cases sont les sépultures de rois ou de prêtres de la nation canari, dont les figures gravées sur les côtés sont les portraits ; l’espace libre réservé au milieu de ces cases indique une zone où aucune tombe n’avait été creusée, et correspond à la place du village actuel, où les recherches des huaqueros ont toujours été vaines; enfin, les quatre crocodiles symétriques indiquent que Chordeleg est entouré de toute part par des rivières, et leur orientation indique le sens du courant, double induction qui se trouve confirmée par l’examen des lieux

(139, p. 26-27; 140, Atlas, p. 68-71).

Cette première partie de l’interprétation de Gonzalez Suarez pourrait être admise à la rigueur, malgré la très large part d’hypothèse qu’elle comporte; mais il est impossible de suivre plus avant l’historien équatorien dans ses inductions, lorsque, tout en reconnaissant les ressemblances qui existent entre son plan et les pièces péruviennes de Wiener, il persiste à le considérer comme une oeuvre propre des Canaris (142, p. 36) et tente de prouver, par l’étude des signes qui s’y trouvent gravés, l’origine quiché de cette tribu. Voici d’ailleurs ses arguments.

L’image du crocodile se retrouve dans la forteresse de Xochicalco, attribuée aux Toltèques; elle est également un des signes du calendrier des Indiens du Michoacân et représente les eaux abondantes et le déluge dans la mythologie maya. Les dessins réniformes et rectangulaires correspondent à des hiéroglyphes mayas, et les rosaces présentent une grande similitude avec le cinquième signe des jours dans le calendrier maya. Quant à la forme des collines de Llaver et de Zhaurinzhi, elle est celle des teocallis mexicains (139, p. 3o; 140, Atias, p. 70, 74, 77). A ces preuves archéologiques, Gonzalez Suarez en ajoute d’autres d’ordre linguistique, en interprétant, par la langue quiché, les anciens noms de lieux de la région (Q.

(^) Suivant Gonzalez Suarez, cette disposition n’est plus visible que siir la colline de Llaver, mais il suppose que les travaux agricoles en ont fait disparaître les traces sur celle de Zhaurinzhi (139, p. 26-27; 140, Atlas, p. 70).

(^) Voici les étymologies proposées par Gonzalez Suarez (140, I, p. 176-180, Atlas^ p. 35, 7:; 141, p. 16) ;

Llaver = Tzac-er « edificio de cal y canto levantado u acarreado ».

Zhaurinzhi = Tzac-ri-tzi « este es el edificio de los cautivos » {tzac « edificio construido de cal y canto ». ri « este », tzi « cautivo, esclave »).

Chordeleg — Choh-or-he-zek « elles se ponen en camino, gimiendo » (choh « encaminar, ponerse en camino », or, particule qui, postposée au verbe actif, le transforme en verbe neutre, he « ellos », zek « sollozar, gémir »), ou bien C/ioA-or-e/i-zep « agujerear ho yos como horno J y arreglarlos en el suelo » (c/io/i « horno », or « agujerear », eh, particule du pluriel, zep « fundar, asentar un pueblo, poner plan, juntar »).

Patecte = Pa-tec-zec (pa « sobre, encima », tec « amontonar », zec « cosa escondida debajo de tierra, tesoros »).

Leoquina = Teuh-can-i-ha « agua, donde la culebra se enfriô â si misma » [teuh « enîriarse », can « culebra », i « se », ha « agua »), ou bien Lae-oquizah « ahi se introdujo » [lae « ahi, alU debajo », oquizah « meter, introducir »).

Canari = Can-ah-ri « estos son los de la culebra » [can « culebra », ah, affixe de possession, ri, pronom démonstratif).

Peleusi = Uleu-zih [uleu « tierra, lugar », zih « arbol de flores blancas » ou « alegrarse »).

Tuapdondeleg — Cah-al-bom-he-'teh « camino quo se enïanoha, hermoso, co.no el cielo » [ca'i « cielo », hom

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Nous ignorons si la démonstration de Gonzalez Suarez a entraîné la conviction de nombreux américanistes ; pour notre part, elle nous paraît singulièrement fragile, et si les populations mexicaines ont eu une influence sur la civilisation précolombienne équatorienne, il faut en chercher des preuves dans des similitudes moins vagues, dans des rapprochements moins contestables, et surtout dans des étymologies moins douteuses que celles que nous venons d’exposer.

L’historien équatorien semble d’ailleurs avoir oublié que le point de départ de ses inductions est lui-même une simple hypothèse et qu’il n’est nullement certain que le curieux objet découvert à Patecte soit un plan, comme l’a suggéré Bastian.

Wiener, en effet, a proposé une tout autre interprétation de ces objets. Pour lui, il s’agit de compteurs, qui « reposent sur un principe d’addition et de multiplication semblable à celui des quipos La comptabilité s’y faisait avec des fèves ou

avec des cailloux de toutes couleurs. Le caillou marquant une unité dans le plus petit champ doublait de valeur dans un champ plus grand, triplait dans le champ central, sextuplait dans le premier étage et avait douze fois sa valeur sur la plate-forme supérieure. La couleur des fèves ou des graines indiquait ou la tribu ou la nature du produit » (434, p. 777).

Wiener n’indique pas malheureusement la source où il a puisé ces intéressants détails. Son interprétation n’en est pas moins fort séduisante, car elle explique l’unité de type de ces compteurs, unité qui se eoncilie mal, il faut le reconnaître, avec l’hypothèse de Bastian et de Gonzalez Suarez. En effet, s’il s’agit de plans, cette unité ne se conçoit qu’en admettant que la disposition des lieux représentés était partout la même, supposition au moins improbable.

Cette objection n’est d’ailleurs pas la seule que soulève l’explication proposée par les deux archéologues. En effet, si l’on se reporte aux textes sur lesquels elle s’appuie, on constate que les indications qui s’y trouvent consignées sont ou trop vagues ou trop précises pour qu’on puisse en faire l’application aux objets que nous étudions ici.

Balboa écrit que Tito-Atauehi, au cours de sa campagne dans la région de Chachapoyas, envoya à Huâscar une description du pays et de la situation du fort ou pucarâ (25, p. 228). Bien dans cette phrase n’autorise à supposer, comme Bastian l’a fait, que le général péruvien ait levé le plan de la région.

Le texte de Castellanos, cité par Gonzalez Suarez, est plus formel. Le chroni-

« hermoso », al, suffixe qui s’adjoint aux substantifs et les transforme en adjeetifs, he « camino », leh « abrir, ensanchar »).

Tamalaycha = Tamal-ichah [tarnal, « el que junta, el que recoge lo esparcido, el que aume .la », ic/iah « comida, hierba, toda cosa comestible »).

Bolo hoc = Bolo hic « redondo ».

Bihliân = Bilibak « tortuoso, el que no va derecho ».

Sigsig = Zihzic « derecho, liso ».

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queur rapporte, en effet, que Benalcàzar reçut d’un cacique, appelé Chaparra, le dessin du royaume de Quito, mais il spécifie que ce dessin était exécuté sur toile (') (69, p. 446) ; c’est donc par une interprétation toute gratuite qu’on peut appliquer cette phrase aux objets en bois ou en pierre de l’Équateur.

Reste le témoignage de Garcilasso : « Quant à la Géographie «, écrit-il, « ils en eurent assez de cognoissance, pour tirer des plans, et faire des modelles, et des desseins de leurs Provinces et de leurs villes Je me souviens à ce propos d’avoir veu

représentée à leur mode la ville de Cozco, et une partie de sa frontière, ensemble les quatre chemins principaux, le tout fait de terre, de caillous, et de petits bastons ajustez à leur compte, et à leur mesure, avecque ses places, ses Carrefours, et ses rués; iusques là mesme qu’on y remarquoit les trois ruisseaux qui passent par cette ville, ce qui estoit une chose admirable à voir. Là se voyoit encore représenté le paysage d’alentour avec ses Montagnes, ses Colines, ses Costaux, ses Plaines, ses Rivières, et ses Ruisseaux; le tout si naïvement, que le meilleur Cosmographe du monde n’eust pas eu l’esprit de le mieux faire (Q « (129, i, p. 259).

Nous ne tirerons pas argument du fait que ce plan de Cuzco était fait avec une sorte de mortier et non en pierre ou en bois, car il est évident que, puisque les Péruviens savaient faire des plans en relief, ils pouvaient fort bien en varier la matière. Ce texte prête à une remarque beaucoup plus intéressante à notre sens; nous avons tenu à le reproduire intégralement, parce qu’il permet de se faire une idée très nette des œuvres topographiques indigènes : c’étaient des représentations aussi précises que possible des lieux, où, sans souci de leur valeur relative, tous les détails trouvaient place, des copies fidèles de la réalité, en ce sens que tous les accidents de terrain y étaient indiqués, mais d’où toute interprétation, toute stylisation était par suite absente. On aurait d’ailleurs pu le prévoir, même si le texte de Garcilasso n’était aussi clair, car c’est là le caractère de tous les essais cartographiques primitifs. Or, il est évident que les p/ans équatoriano-péruviens, avec leurs formes géométriques régulières, leur symétrie parfaite, supposeraient précisément un sentiment très net de la schématisation, voire de la proportion. Aussi, pensonsnous que le texte de Garcilasso ne saurait en aucune façon leur être appliqué et.

{^] Yendo pues Benalcàzar adiado Segun que pide mililar escuela,

Procurando de ser lien informado Del reino donde can y su tutela,

Cierlo cacique, Chaparra llamado,

Lo rnandô dibujar en hlanca tela Con entradas, salidas y defensa Y de guerreros cuanlidad inmensa.

(^) Betanzos (35, p. io8) signale également que l’Inca Yupanqui fit faire, avant de procéder à la réédification de Cuzco, un projet de plan en argile : Trazô la ciudad é hizo hacer de figuras de barra, bien ansi coma él la pensaba hacer y edificar.

Arc de méridien équatorial, t. Vf, (i).

ETHNOGRAPHIE ANCIENNE DE l’ÉQUATEUR.

rejetant l’hypothèse de Bastian et de Gonzalez Suarez, nous rallions-nous, en l’absence de toute autre explication plausible, à celle qui a été proposée par Wiener. Celle -ci n’a, d’ailleurs, pas pour elle que la vraisemblance. Nous avons rapporté (p. 20), d’après Velasco,c|ue les Garas se servaient, pour conserver leurs souvenirs historiques, de casiers à compartiments où ils disposaient des pierres de couleurs et grosseurs diverses. Tl est impossible de ne pas établir un rapprochement entre ces objets et les compteurs que nous venons de décrire, car leur emploi repose évidemment sur un principe à peu près identique (').

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