‹ Ethnographie ancienne de l'EquateurChapitre 81 sur 149 · PITINA · texte numérisé non relu

PITINA

On trouve avec une certaine fréquence dans les tombes de petits objets formés d’une lamelle d’os allongée, qui s’effile plus ou moins à une de ses extrémités, tandis que l’autre porte une gravure assez grossière représentant une face humaine {pl. XVI, flg. I, 2, 7); quelquefois les bras sont également indiqués. Tantôt, le reste de la lamelle reste entièrement uni, tantôt, il présente un dessin, formé de lignes croisées délimitant des champs où se trouve gravée une line punctuation, ou de lignes pointillées disposées avec symétrie. Assez souvent, au-dessous de la tête, il y a un trou servant évidemment à la suspension. Les Indiens d’El Angel employés aux fouilles appelaient cet objet pitina (') et pensaient qu’il devait serodr à ouvrir l’épi de maïs; ceux de la région de Canar le désignaient sous le nom de piksi (•) et affirmaient que cet outil était employé pour carder les tissus de laine et de coton.

Ces instruments paraissent surtout avoir été en usage chez les Pastos : en effet, Gonzalez Suarez en ligure trois de cette région (142, pi. xxxi, pg. 3-5) et l’un des nôtres en proAÛent également; toutefois, le second exemplaire de notre collection personnelle a été trouvé dans une localité canari (Chalavân, près Canar).

Un objet de forme tout à fait semblable a été rencontré par Hartman dans ses fouilles au Costa-Rica, et le savant ethnographe déclare avoir vu employer par les Indiens un outil identique pour ouvrir l’épi de maïs (155, p/. xw, /ig. 7, p. 100, /îg. i85). La remarquable concordance entre cet usage et celui que nous ont signalé nos fouilleurs d’El Angel nous conduit à accepter définitivement cette explication.

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