FICHU
Avec nous sans façon La table est bientôt mise, Chacun mange, à ta guifi^ Da lard ou aa cocboa.
£TIENM£ ET R(»ERT.
L'plns sonvent on nous seit Du fromage, un' poiuui' ruite, Ça fait qu'on mang' tout d'suile.
CHOEUR
Amis, ce bruit, etc.
(Les ouvriers prtnnent des paves pour s^asseoir.)
PICHU. Bonjour, ma petite Cécile.
CÉCILE. Bonjour, monsieur Pichu.
piCHU. Rien de nouveau?
CÉCILE. Pas encore... ça s'ra pour aujourd'hui, je crois.
FICHU, demandant lin paoé. J' vas déjeuner en attendant; qu'est-ce qui me passe un fauteuil?
ROBERT, inquiet. Cécile, ton frère est-il venu à son ouvrage ?
CÉCILE, embarrassée, à part. Que lui dire? {Feignant d'avoir mal entendu.) Oui, papa, je viens de terminer mon ouvrage, et je vais...
(Elle va pour sortir.)
ROBERT, la retenant. Je te demande si Etienne est à son ouvrage?
CÉCILE, hésitant. Oui, oui, papa {A
part.) On peut bien mentir un peu pour tranquilliser son père.
ROBERT, respirant. Ah! tant mieux! — Il m'a rendu bien inquiet de ne pas être rentré cette nuit .. Avec sa tète, je crains toujours qu'il lui arrive quelque chose !.. {A part.) Et quand, je pense que la moindre imprudence d'Etienne peut faire découvrir ce que j'ai su cacher depuis si longtemps!,. Pauvres enfans !
CÉCILE, à part. Allons, le v'ià qui retombe dans son humeur noire. .. Ca a-t-il le sens commun à Etienne de ne pas venir, quand je l'attends pour parler d' mon mariage à mon père?..
ROBERT, cherchant. Où peut-il être?
CÉCILE. Papa, il est...
picou. Il est à s' faire du bon sang.... Est-c' que vous riez, père Robert?...
Etienne, travailler un lundi... c'est trop commun.
CÉCILE, bas. Taisez-vous donc, Pichu.
ROBERT. Mais (ju'est-c' que tu m'as donc dit, Cécile?
CÉCILE D;im î mon père...
picuu, à part. Il paraît que j'ai fait un cuir.
ROBERT, à lui-même. Malheureux enfant!
V\C\W, à Cécile. Attendez, j'vas raccommoder ça. {A Robert.) Père Robert, vous êtes simple d' faire de la bile comm'
CÉCILE. Mais taisez-vous donc!
PICUL. Oui, j'veux dire qu'il n'y a point d'quoi se gendarmer... Est'ce qu'il faut
pas qu' les jeun' homm's s'amusent?...
Etienne est un jeune homme, et vous voudriez en faire une demoiselle?... Vous a* réussirez pas, Robert, vous n' réussir«z pas.
ROBERT, à lui-même. Ce garçon-là me fait un mal !
PICHU. D'ailleurs , tranquillisez-vous , Etienne n'est pas loin.
ROBERT. L'aurais-tu vu ce matin ?
PiCHU. Oui, j' l'ai rencontré comm' je v'nais à la fabiique.
ROBERT, i>ivement. Dis-tu vrai ?
PICHU. A preuve que j' lui ai parlé, et qu' même y m'a jépondii.
(Piobert va s'asseoir sur un banc.)
CÉCILE , le regardant. Connue il est triste !
PICHU. Ecoutez donc, mam'zelle Cécile, il est un peu loup, votre père... Si, si, pardonnez-moi... il est beaucoup loup.
Mais, je r ferai rire quand je s'rai son gendre.
CÉCILE. Pour ça , il faut qu'Etienne réussisse à faire entendre raison à papa. Il me l'a promis, du reste.
PICHU. Et à moi aussi. Mais v'ià le bourgeois.