HT. — RECHERCHES EXPÉRIMENTALES SUR DIVERS ANIMAUX
La littérature de ces recherches est déjà amplement connue. Je me bornerai donc à mentionner quelques-uns des travaux les plus importants.
Bulloc (11), en 1913, a pour la première fois constaté la paralysie du train postérieur, chez le lapin, à qui l’on a injecté du liquide céphalo-rachidien d’un cas aigu de sclérose en plaques. Il a pensé avoir affaire à un virus filtrant. C’est ainsi que l'inoculation du L.C.R. de cet animal à un autre lapin a fait apparaître une parésie passagère des pattes arrières.
Kuhn et Steiner (12), en 1917, décrivent une spirochète dans le sang et le foie des lapins inoculés par du L.C.R. de malades atteints de sclérose en plaques.
Simons (13) constate, après injection du L.C.R., des signes de parésie, puis la mort des lapins inoculés. Mais toutes les recherches complémentaires, soit anatomiques, soit bactériologiques restèrent négatives.
Kalberlah (14), en 1921, trouve des spirochètes dans le sang des lapins inoculés.
Gye (née Bulloc ) (15), en 1921, répète ses recherches antérieures sur une plus grande échelle. Sur 17 lapins parmi 129 inoculés, et sur g cobayes entre 15, l’on observa des paralysies transitoires.
Adams (16) décrit des symptômes nerveux chez 5 lapins, sur une série de 15 injectés par L.C.R.,
IR et
ainsi que chez deux lapins sur 6 inoculés avec une - émulsion de tissu cérébral.
Adams, Blaclock et Mc-Luskie (17), en 1925, décrivent des spirochètes chez des singes et des lapins inoculés par le L.C.R. des Halte. Cependant chez les animaux témoins les mêmes formes spirillaires ont été constatées.
Kauffman (18) produit une paralysie spasmodique chez deux cobayes. Chez l’homme même, dans le sang des malades, il observe des pseudospirochètes, dus à lhémolyse sanguine, mais aucune trace de vrais spirochètes.
Nous citerons en outre quelques travaux parmi les innombrables publications où les résultats ont été entièrement négatifs.
Birley et Dudgeon (19) : résultats négatifs par l'inoculation intra-cérébrale. La coloration par le Giemsa, ainsi que les cultures sur le milieu de Noguchi sont également négatifs.
Dudgeon et Teague (20) inoculent 219 animaux et ne trouvent pas de spirochètes. |
Noguchi, (21) en 1923, fait des inoculations aux animaux et sur des milieux de culture, sans trouver aucun spirochète ni microbe quelconque. L'examen par l’ultramicroscope n’a montré que des formes altérées de globules rouges, d’ailleurs facilement confondus avec des spirochètes. L'auteur objecte que les images vues à l’ultramicroscope. par d’autres chercheurs n'étaient peut-être que des globules rouges hémolysés.
Le professeur Barré (22) n’a pas trouvé de spirochètes dans 5 cas examinés.
M .le Professeur Claude (23) n'a jpas trouvé
Hs à
de spirochètes dans l'encéphale d’un malade, dont
le liquide céphalo-rachidien fut cependant examiné par Pettit (24) et montra l'existence de spirochètes.
Cournand (25), en 1930, dans sa thèse sur la sclérose en plaques mentionne ses essais nombreux sur la transmission de la maladie aux animaux de laboratoire. Sauf dans un cas de paraplégie spasmodique passagère chez un singe, tous les autres essais furent négatifs. L'auteur n’attache aucune valeur à ce cas isolé de paraplégie, en face de la prépondérance des résultats négatifs.
Géraud (26), en 1932, inocule à 20 singes, 80 lapins et 20 rats de la substance cérébrale, du L.C.R. êt du sang de malades. Ses expériences furent entièrement négatives. Chez les lapins il a observé un léver épaississement méningé, une hyperplasie des parois vasculaires et des lésions des cellules ganglicnnaires, mais ces lésions ont été également constatées chez les lapins témoins. L'auteur explique ces lésions par des accidents anaphylactiques du système nerveux, à la suite des injections nonspécifiques répétées. Il note aussi un fait curieux la réaction de benjoin colloïdale est devenue positive dans le L.C.R. de 4 animaux sur 9.
Hudson et Grinkér (27), en 1933, inoculent une série dé singes, läpiñs et cobäyes — les cultures
prises sur ces animaux sont restées stériles.
Cornwall (28) a fait une étude histologique détaillée du système nerveux des animaux inoculés par Teague (20). L'auteur n’a constaté aucune lésion caractéristique de la sclérose en plaques. En 1927, l’auteur injecte du L.C.R. d’un cas de sclérose en plaques aiguë à un singe : 10 mois après il ne trouve aucun sympiôme clinique. Depuis 1930 le sang de 73 malades a été inoculé à 73 lapins. Dix