‹ Étiologie et Pathogénie de la PellagreChapitre 23 sur 23 · ALLOCUTION D’ADIEU · texte numérisé non relu

ALLOCUTION D’ADIEU

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs !

Avant de quitter le seuil de cet antique Faculté où tant de générations se sont succédé pour y puiser la science d'Hippocrate enseignée par des maitres autorisés et dévoués, il nous est doux de profiter de cette occasion, pour nous acquitter d’une dette sacrée, en présentant publiquement notre reconnaissance et nos remerciements à tous ceux qui nous ont aidé à poursuivre notre but, hélas ! si violemment brisé ailleurs.

Nous sommes aussi fier qu'heureux des marques de confiance dont nous n'avons cessé d’être l'objet depuis que nous sommes dans ce beau pays hospitalier de France.

En effet, depuis ce jour brumeux de décembre 1896, notre ciel a toujoursété sans nuages, soit à Paris, soit à Montpellier, Des gens de cœur n'ont pas manqué de nous aider. Des hommes dévoués et vraiment français se sont trouvé, qui ne nous ont ménagé, ni leurs conseils précieux, ni leur sympathie.

Comme homme, nous avons failli plus d'une fois succomber sous le fardeau qui pèse sur les épaules d’un exilé; leur appel nous a ranimé, leur affection nous a fait oublier les joies de notre cher foyer. perdu.

Nous n’aimons pas la France comme un naufragé que le hasard rejette sur ses bords ! Mais nous l’aimons depuis notre enfance. Dans nos moments de joie, nous avons pensé à elle, nous l'avons admirée de loin. Dans notre détresse, elle ne nous a pas refusé son hospitalité et sa protection. C'est

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dire que le nom de la France restera toujours gravé au fond de notre cœur. Pouvons-nous dire que nous ne sommes pas heureux de n’avoir pas ouvert les yeux sous le ciel de France où fleurit la liberté ? Non! nous préférons faire ce que le grand poète Victor Hugo a rêvé, sans pouvoir le réaliser. Et ce sera plus digne !

Demaiu, dans notre carrière, nous nous proposons de suivre religieusement le bel exemple qu’on nous a donné, et tous les malheureux qui auront recours à notre aide seront à leur tour soulagés. N'est ce pas là le vrai moyen de s’acquitter d’une dette dont on ne saurait jamais mesurer l'immensité ?

Les bons conseils qui nous ont été donnés soit par M. le professeur Tédenat, soit par M. le professeur Truc, chez les-. quels nous avons eu le grand honneur de remplir les fonctions d’externe, nous seront une lumière directrice dans Ja voie que nous voulons suivre; qu’ils veuillent bien agréer l’hommage de notre profonde reconnaissance.

Pouvons-nous omettre une phase assez agréable de notre vie d'étudiant ? celle que nous avons passée pendant notre internat, à Oran.Des maitres distingués de cet établissement n'ont pas négligé de diriger nos pas hésitants au milieu d’une série de pavillons. Que M. le docteur Bernauer veuille bien accepter particulièrement notre gratitude.

Nous arrivons à une autre phase de notre vie si mouvementée, qui nous a fourni le sujet de recherches, quoique aujourd’hui d’un résultat négligeable, mais qui feront plus tard, sûrement, le point de départ d'autres travaux; nous voulons parler d'un mode de traitement de la blennorragie dont nous avons eu le bonheur de trouver la grande efficacité pendant que nous faisions des remplacements dans l’Oranie,

À notre retour d'Algérie, notre maître, M. le professeur Brousse, a bien voulu nous encourager dans nos recherches en nous les laissant appliquer aux malades de son service. Que

M. Brousse veuille bien agréer nos sincères remerciements et notre profonde reconnaissance ; mais malheureusement, disais- Je, le résultat ne fut pas bien appréciable, car les malades ne remplissaient pas, en rentrant à l'hôpital, les conditions exigées par nous. [ls entraient trop tard. Dès lors, notre méthode, applicable dès le début seulement, perdait un peu de sa valeur. Mais nous ne voulons pas reculer devant cet échec. Les bons résultats que nous avons obtenus en clientèle privée nous permettront d'y revenir plus tard.

Nous étions dans cet état d’âme quand il s’est présenté un cas de pellagre dans le service de notre rire, M. le professeur Brousse. L'étiologie et ia pathogénie de cette maladie nous paraissant très intéressantes à rechercher, nous l'avons choisi comme le sujet de notre thèse inaugurale.

Notre éminent maitre, M. le professeur Mairet, nous à montré plus d’un sujet pellagreux dans son service et nous a fourni des documents et des conseils très précieux sans lesquels nous n’aurions pu, peut-être, nous y retrouver dans cette énigmatique maladie qu’est la pellagre. Les travaux ne manquent pas, soit en France, soit surtout à l’étranger. C’est cette richesse peut-être qui nous a facilité les conclusions.

Que notre éminent maitre, M. le professeur Mairet, veuille bien agréer l’assurance de nos sentiments les plus respectueux et de vive reconnaissance. Nous sommes réellement touché de l'honneur qu’il nous a fait en présidant notre thèse.

Que les Membres du jury de notre modeste travail soient assez bienveillants pour nous pardonner les quelques erreurs qui ont dû échapper dans le cours de cette étude, notre excuse est dans cet aveu franc : Que nous n'avons pas eu largement le temps pour traiter, comme il le fallait, ce sujet, que nous nous proposons de compiéter ultérieurement ce travail par des expériences personnelles.

Que tous nos Maitres veuillent bien accepter notre hommage et notre reconnaissance.

Après nos Maîtres de cette Faculté, il en est un dont nous ne pouvons oublier le nom: c’est l’éminent professeur de botanique, M. Ch. Flahault, qui n’a cessé de nous entourer, durant toute notre vie d'étudiant, de ses conseils précieux et de son dévouement, dont nous ne pouvons oublier la valeur.

Qu'il veuille bien, encore une fois, accepter l’assurance de notre sentiment de reconnaissance et d’admiration.

Docteur ZARTARIAN.

Montpellier, le 29 juillet 1902.

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