‹ Etiologie et traitement du cancerChapitre 11 sur 34 · EXPÉRIENCES DE CONTROLE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE CONTROLE

Nous avons institué le I er mai 1904, M. Herteloup et moi, une nouvelle série d’expériences de contrôle : Nous avons ensemencé sur le milieu qui convient au micrococcus neoformans de nombreux fragments de tissus frais prélevés au moment de l’incision, dans des opérations variées, particulièrement des fragments de tissu adipeux sous-cutané, de tissu musculaire et des ganglions lymphatiques profonds, dont un ganglion prévertébral. Les quelques tubes qui ont donné des cultures positives contenaient des microbes de la peau, entraînés par la lame du bistouri. C’étaient en général des staphylocoques, et dans un cas, un microbe assez analogue au micrococcus neoformans par sa culture très filante sur agar-agar. Mais ce microbe, qui présente des analogies avec le coccus polymorphe de la peau, se différencie du micrococcus neoformans par ces deux caractères :

i° Il ne liquéfie pas la gélatine;

2 0 II donne sur pomme de terre une culture blanche très visible.

Le micrococcus neoformans ne paraît donc pas se rencontrer communément en dehors des tissus néoplasiques. Nous ne voudrions pas conclure cependant qu’il soit impossible de le rencontrer chez des personnes non cancéreuses, comme il arrive de rencontrer le bacille tuberculeux dans les crachats de personnes non tuberculeuses. Sa découverte exceptionnelle, en dehors des cas de néoplasme, prouverait seulement, ce qui est vraisemblable, que le micrococcus neoformans est très répandu dans la nature.

Académie des Sciences

COMMUNICATION Dü 22 FEVRIER IQo4 l 2

L'Étiologie

et la

Thérapeutique du Cancer

On rencontre dans les tissus cancéreux à développement rapide un microbe particulier, toujours le même, le « micrococcüs neoformans».

Ce microbe, que j’ai entrevu en 1886 2 et décrit en 1901 3 dans une lecture à l’Académie de Médecine, est une espèce inconnue jusqu’ici.

On le cultive sur du bouillon de mamelle de vache peptonisé et glycosé.

L’inoculation de cultures virulentes aux animaux a déterminé chez les sujets en expérience le développement de tumeurs de types variés, dont plusieurs cancers, qui ont occasionné la mort.

Les cultures du micrococcüs neoformans peuvent être modifiées sensiblement par le passage dans différentes espèces animales, notamment le lapin, le cobaye, le rat blanc, la souris blanche; ce microbe est très sensible à l’action du chlorhydrate de quinine, de l’acide cacodylique et de l’acide méthylarsénique, ainsi qu’aux températures supérieures à 4o°.

1. Le texte de cette communication a été déposé chez M. le Président de l’Académie des Sciences, au commencement de février 1904.

2. Pli cacheté déposé le 16 août 1886 à l’Académie des Seiences. — Voir p. 7.

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