CONCLUSIONS
Une révision de la structure anatomique des dilatations bron- chiques, faite d’après des pièces de lobectomie ou de pneumectomie, nous a montré que, malgré la variété des lésions rencontrées, on pouvait rapporter la plupart des cas à un type anatomique commun: L'aspect des lésions microscopiques est le même, quelle que soit la forme de la dilatation, cylindrique, sacculaire ou ampullaire, quelle que soit sa distribution et son importance, quelle que soit enfin l'épaisseur des cloisons qui séparent les cavités. Les classifications qui se fondent sur les caractères macroscopiques n’ont donc pour nous qu'un intérêt descriptif.
La dilatation des bronches, dans ces eas, apparaît comme une. affection localisée, à systématisation nettement bronchique.
La destruction des couches musculo-élastiques de la paroi est lephénomène essentiel ; elle est due à un processus non spécifique : infiltration granulomateuse du chorion et prolifération conjonctivoscléreuse à partir de la péribronche.
On retrouve le même aspect dans toutes les bronchectasies, qu elles soient apparemment primitives ou nettement secondaires, qu'elles soient dues ou non à une affection spécifique : tuberculose, suppuration ou nécrobiose, syphilis. Il n’y a aucune différence, ni macroscopique, ni microscopique, entre les bronchectasies, quel que soit leur type étiologique.
Rien n'autorise à voir dans la dilatation bronchique la simple conséquence d’une bronchite térébrante, puisque l'épithélium est toujours normal, ou d’une rétraction du parenchyme de voisinage, car ses modifications sont variables et inconstantes : l’atélectasie ne peut même pas être envisagée ; la sclérose, qu'elle soit diffuse, péribronchique ou pleurogène, est nettement un phénomène secondaire.
Par contre, l'étude topographique d’une part, d'autre part la constatation de multiples vascularites thrombosantes dans le domaine de l'artère bronchique nous amènent à voir là, à la suite de notre Maître: M. Ameuille la seule cause actuellement plausible de désordres aussi caractéristiques.
Les modifications du parenchyme de voisinage, pour secondaires qu'elles nous paraissent à la bronchectasie, ne peuvent s’expliquer
ere et HA ni la compression par les bronches dilatées, ni la résorption aérienne derrière une sténose bronchique ne peuvent être admises. Nous avons tendance à les rapporter, soit à des perturbations neuro-végétatives à point de départ hilaire, soit à des troubles de l’excrétion bronchique. Il est probable qu’il y a intrication des deux ordres de phénomènes qui, en tous cas, ne sont pas strictement dépendants des altérations bronchiques.
A côté de ces cas qui sont, répélons-le, {a grande majorité, certaines dilatations bronchiques atypiques par leur forme etleur étendue (Forme cavitaire — poumon aréolaire) ou par leurs caractères histologiques (diverses couches de la paroi entremêlées — aspects dits adénomateux) sont volontiers rapportées à une malformation bronchique congénitale. |
Une étude anatomique des divers caractères donnés comme typiques de cette origine nous a montré qu'aucun d’entre eux ne pouvait être conservé comme tel.
Cependant, il existe des dysembryoplasies bronchiques médiastinales, il peut donc en exister aussi dans le poumon, mais nous. n'avons pas actuellement la possibilité de la prouver.
Ceci doit rendre extrêmement réservé quant à cette hypothèse.
Enfin, il existe des dilatations bronchiques transitoires, simples distensions bronchiques, dont l’étude anatomique n’a, semble-t-il, jamais été faite. Nous en décrivons un cas qui nous semble, malgré les. réserves inévitables ; pouvoir être rapporté à ce cadre.
Vu : le Président de la thèse, M. TROISIER.
Vu : le Doyen, A. BAUDOUIN.
Vu et Permis d’imprimer :
Le Recteur de l’Académie de Paris,