‹ Étude Anatomique du Corydoras Paleatus JennynsChapitre 18 sur 31 · Elle est reliée à l'organe auditif · texte numérisé non relu

Elle est reliée à l'organe auditif

Il est certain qu'il y a un rapport étroit entre la vessie et l'oreille interne chez beaucoup de poissons. WEBER, BRIDGE, HADDON et d’autres l’ont démontré et nous lavons aussi trouvé chez Corydoras.

Dans le chapitre suivant, on trouvera une descrip-

tion détaillée de l’anatomie et de la physiologie de l'appareil de Weber, reliant la vessie natatoire à l'oreille interne.

Il est également hors de doute qu'ici encore cet appareil joue un rôle bien défini. Les vibrations venant de l’extérieur, captées par la vessie natatoire, seraient transmises par l’intermédiaire des osselets de Weber à l'oreille interne.

La vessie natatoire fonctionnerait également comme un véritable baromètre; les changements de pression atmosphérique sont transmis à la vessie et, de là, à l’oreille interne.

RaBaAuUD et VERRIER (1935) dans leur travail intitulé « Recherches sur la vessie natatoire >» prétendent illogiquement à notre avis, que « la vessie natatoire n'apporte au Poisson aucun secours marqué; elle est de ces productions qui ne gènent pas l’animal et lui sont simplement inutiles ». Le mémoire de RABAUD et VERRIER n’apporte pas suffisamment de faits permettant d’infirmer les observations de WEBER, Mo- REAU, GUYÉNOT, NUSsSBAUM, REïs et autres. Nos observations personnelles nous amènent à contredire celles de RABaAUD et VERRIER, car elles démontrent que, chez Corydoras, il y a une raison spéciale à la présence de la vessie et des osselets.

La présence d’une vessie natatoire volumineuse et variable de forme et de structure, chez la plupart des Poissons, permet de supposer que cette vessie est nécessaire, en opposition à ce que prétendent RABAUD et

VERRIER. Il est vrai que la vessie natatoire ne joue pas

AA Tee

le même rôle chez tous les Poissons et que sa forme et ses dimensions varient d’une espèce à l’autre. Ces variations sont probablement en rapport avec les fonctions de la vessie natatoire.

Chez Corydoras, la vessie n’a ni une fonction respiratoire, ni @elle d’un organe de phonation. Par contre nous avons démontré anatomiquement qu’elle joue un rôle auditif et percepteur des vibrations de l’eau, à cause de ses rapports étroits avec l’oreille interne par l'intermédiaire des deux osselets. Elle peut, servir également de baromètre, enregistrant les

changements de la pression atmosphérique.

CHXPIFRE VIT

APPAREIL DE WEBER (Fig. 14).

L'appareil de WEBER est en relation étroite avec la vessie natatoire et nous croyons qu’il est une partie accessoire de cette dernière. Bien développé, il est placé dans la région scapulaire où se trouvent les premières vertèbres. Il n’est pas aussi bien constitué chez Coryodras que chez les autres Silures, comme par exemple Phreatobius, chez qui il présente toutes ses caractéristiques.

En 1820, l’anatomiste WEBER trouva cet appareil chez les LOCHES, les CyPRINS et les SILURES. Dans les pages qui suivent et qui résument nos connaissances actuelles, nous empiocierons les noms donnés par WE- BER. Les osselets de WEBER ne sont autres que des dérivés de certaines apophyses des vertèbres antérieures. Le stapes représenterait l’arc neural de la première vertèbre, l’incus celui de la deuxième vertèbre; le malleus est probablement dérivé de la côte où parapophyse de la troisième vertèbre. Par contre, l’origine du claustrum 1°est pas sûrement connue; cet os se trouve chez les Characinidæ et les Cyprinidæ et rarement chez les Siluridæ.

Le claustrum (lenticulare) est celui de ces osselets

qui varie le plus. Il est emprisonné dans les membranes entourant l’atrium, mais il se prolonge dans leurs parois internes; par ce moyen, il supporte les pressions transmises de la perilymphe au stapes (Cyprins). Chez les Silures, il est réduit à une étroite lamelle reléguée au-dessus de l’étrier et de l’atrium; il n’a ici qu’un rôle très secondaire dans la transmission des pressions.

Le stapes (étrier, scaphium, Deckel) est ovale chez les Silures, rond chez les Cyprins. Il a la même fonction qu’une valve d’huitre. Un ligament cylindrique, tangeant à la surface du stapes, l’attache à l’incus. Le stapes se prolonge en une épine verticale à son extrémité postérieure; il est relié à un condyle de la colonne vertébrale et à la neurapophyse IL. Ces deux appendices forment une charnière autour de laquelle peut se déplacer l’os en question.

L'incus (enclume, intercalaïre, Lenker) a une forme très variable; chez les Silures, ce n’est qu’un petit disque à peine visible dans le ligament; chez les Cyprins, c’est une petite apophyse reliée aux vertèbres.

Le malleus (marteau, tripus, Hebel) est le plus grand de tous les osselets. Ii est rattaché à l’incus par un très court ligament. Chez les Cyprins, il est articulé sur ses côtés par une charnière perpendiculaire à son plus grand axe. Chez les Silures, il est constitué par une lame arquée reliée aux vertèbres par un étroit pédoncule. Lorsqu'on l’isole et l’'examine de près, on conslate qu'il a trois apophyses; c’est pour cette raison

que BRIDGE (1893) l'appelle Tripus. L'apophyse posté-

Le —

rieure est reliée aux membranes de la vessie, elle constitue le bras de levier de la puissance; l’apophyse moyenne fait point d'appui sur la colonne vertébrale tandis que l’apophyse antérieure, ayant la forme de la tête d’un marteau (JAQUET, 1894), constitue le bras de levier de la résistance; elle est fixée au ligament interosseux.

Parlant de la vessie natatoire, BRIDGE (1893) dit « que chez un grand nombre de Téléostéens d’eau douce, et quelques Poissons marins, les organes de l’ouïe sont en relation intime avec la vessie natatoire par une des trois dispositions suivantes » :

1. « On observe l’apposition des extrémités distales d’une paire de prolongements tubulaires émanant de la vessie natatoire s'appliquant sur les membranes fibreuses qui ferment deux cavités sphériques se trouvant dans les parois osseuses externes des capsules périotiques. La surface interne de ces dernières est baignée par la périlymphe qui entoure les organes de l’ouïe. Cette disposition est caractéristique pour certains Serranidæ, Berycidæ, Sparidæ, Gadidæ, Notopteridæ et probablement Hyodontidæ ».

2. « On trouve également des dispositions semblables chez les Clupeidæ (par exemple les Harengs, les Sardines, etc.) mais les cavités périotiques ici sont ouvertes au lieu d’être fermées. Les extrémités en culde-sac des prolongements tubulaires de la vessie natatoire sont en contact direct avec les excroissances de l’utricule (RipewWoop, 1892, Journ. Anat. Physiol.) »

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