APPAREIL DIGESTIF
Dents assez bien conservées; gencives décolorées: pas d'hémorrhagie gingivale.
Langue un peu pâle avec enduit saburral.
Les amygdales ne dépassent pas les piliers ; lepharynx est normal.
Une croûte fissuraire, plusieurs fois reproduite, à la commissure labiale gauche.
L'HpE
Appétit médiocre: le lait est préféré aux aliments solides.
La déglutition est gûnée : au niveau du sternum, les aliments semblent, au dire du malade, s'arrêter dans une poche et ne continuer leur descente qu'à la suite d'efforts,
Digestions lentes. Plusieurs selles liquides par jour.
Pas de trouble de la salivation.
Foie.— La ligne supérieure de matité hépatique est à sa place normale, mais l'organe déborde les fausses côtes de quatre travers de doigt ; la matité mesure 25 centimètres sur la verticale du mamelon.
Rate.— La rate déborde de deux travers de doigt les fausses côtes gauches ; la matité splénique se continue sans ligne de démarcation, avec une zone étendue de matité qui occupe le creux épigastrique.
Peau. La peau est sèche et rugueuse. Pas de mycosis fongoïde. Une petite chéloïde dans le cou, à droite, sur la ligne d'implantation des cheveux. Quelques macules brunes disséminées dans le dos. Un nævus pigmentaire au mollet gauche. Plusieurs furoncles de lagrosseur d’un grain de mil dans le dos et dans l’aisselle droite.
TISSU CELLULAIRE SOUS-CUTANÉ.— Le soir, en se couchant, le malade constate de l’œdème des jambes; les téguments sont tendus, impossibles à pincer. Cet œdème a disparu au réveil.
SYSTÈME MUSCULAIRE.— Autrefois bien musclé et robuste, le malade est aujourd’hui très amaigri, surtout aux membres inférieurs; très affaibli, la moindre marche le fatigue et l’essouffle.
SYSTÈME NERVEUX.— L'intelligence est parfaite, le malade répond très bien aux questions; mais depuis le début de sa maladie, son humeur est devenue chagrine et morose; l'excitation intellectuelle alterne avec l’apathie complète.
Il éprouve presque constamment des douleurs de siège et d'irradiations mobiles: à son entrée, elles prédominaient dans la moitié gauche du corps et étaient accrues par le contact du lit.
Le soir, il éprouve des démangeaisons très vives et généralisées, qui atteignent, au niveau des lombes et des cuisses, un degré de violence inouï et l'obligent à se gratter pendant une grande partie de la nuit. La nuit, la fièvre s'allume et donne lieu à un malaise persistant, qui se termine au matin par des sueurs très abondantes. Ce n'est qu'à
roues
partir de 4 heures du matin qu'il peutfaire quelques sommeils interrompus par des cauchemars.
ORGANES DES SENS.— Normaux. Pas d’altération de l’ouïe ni de la vue.
APPAREIL GÉNITAL.— Les testicules et les bourses paraissent normaux.
URinEs.— Une analyse complète des urines donne les résultats suivants:
Quantité, 700 cent. cubes. Albumine, néant.
Densité, 1095. Chlorures, 12 gr. 1 par litre. Réaction acide. Phosphates, 1 gr. — Urée, 26 er. par litre. Acide urique, 1 gr. 27. Sucre, néant. Azote total, 13 gr 02.
Les sédiments urinaires, composés d'urates, représentaient 0 gr. 350 d'acide urique libre par litre.
C.— Etude du malade à l'hôpital et marche de la maladie 1° ÉTUDE DU SANG a. Numération des globules et examen histologique
Le 31 décembre, on pratique le premier examen du sang.
Numération des globules (appareil de Malassez): leucocytes, 48,000 ; globules rouges, 4,540,000; d'où le rapport, 1/94.
Etude histologique des éléments. - Les hématies présentent de grandes variétés de taille et plusieurs atteignent des dimensions géantes. On trouve quelques globules rouges nucléés.
Les leucocytes sont des 3 types: 1° Iymphocyte; 2° leucocyte polynucléé; 3° grand leucocyte mononucléé. Leurs proportions respectives ressortent des chiffres suivants, qui totalisent leur nombre dans plusieurs champs microscopiques: lymphocytes, 7; leucocytes polynucléés, 130; grands leucocytes mononucléés, 7; globules rouges nucléés, 3.— Il ya donc, comme on le voit, prédominance énorme
des leucocytes polynucléés.
— = Le 20 janvier, deuxième numération des globules: leucocytes, 30,000; globules rouges, 4,300,000; d'où le rapport, 1/143. Le15février, troisième numération des globules : leucocytes, 21,200; globules rouges, 4,300,000; d'où le rapport, 1/190. L'examen histologique des éléments cellulaires n'a pas été répété,
b. Étude bactériologique.
Le # janvier, on procède à l'épreuve bactériologique du sang. Après désinfection très soignée de l'index gauche, on recueille par piqûre aseptique une goutte de sang qui sert à l’ensemencement de trois tubes à culture, contenant respectivement du bouillon de bœuf, de la gélatine et de l’agar ; LES TUBES PORTÉS DANS L'ÉTUVE A 37° RESTENT ABSOLUMENT STÉRILES .
Le 2 février, la même expérience est renouvelée, sans résultat positif.
2° ÉTUDE DE LA TOXICITÉ URINAIRE Le /7 janvier, une expérience est faite pour déterminer le coeffi-
cient de toxicité urinaire. L’urine recueillie dans les 24 heures est filtrée, puis analysée :
Quantité, 700 gr. Phosphates par litre, 7,40.
Réaction acide. — en 24 heures, 0,98.
Densité, 1027. Chlorures par litre, 15,70.
Urée par litre, 24,8. — en 24 heures, 11 gr.
— en 24 heures, 17,36. Albumine et sucre, néant.
Cette urine est injectée, avec les précautions ordinaires, dans la veine marginale de l'oreille d’un lapin pesant 1 k. 920. Nous ne donnons pas ici les détails de l'expérience en raison du médiocre intérêt qu'elle présente. Qu'il nous suffise de faire connaître que le lapin est mort après l'injection de 200 centimètres d'urine, ce qui fait ressortir le coefficient de toxicité à 104 cent. cubes (par kilogramme d'animal), chiffre Lrès supérieur à la normale.
La toxicité urinaire serait donc diminuée, mais nous n’en pouvons rien conclure au point de vue de la toxicité du sérum sanguin, qui seule nous intéressait et dont l'évaluation directe n'a pu être faite.
ATOS
Trailement.— Dès le 4° janvier, le malade est soumis à un traitement arsenical par la liqueur de Fowler. On commence à X gouttes et on arrive, en augmentant de 5 gouttes par jour, jusqu'à XXX gouttes. On prescrit en même temps 40 gr. de sirop d'iodure de fer par jour.
Le 10 janvier, après 5 jours de la dose de XXX gouttes, apparaissent quelques phénomènes d’intolérance, douleurs gastro-intestinales et diarrhée.
Le 72 janvier, l'intolérance s'acceniuant, on suspend la liqueur de Fowler.
On essaie, à titre de tonique général, les douches tièdes, qui sont mal supportées et doivent être immédiatement suspendues.
Au 20 janvier, l’état du malade ne présentait pas d'amélioration ; les douleurs vagues qui le {ourmentaient pendant la journée, l'insomnie due au malaise fébrile, aux démangeaisons et aux sueurs, les accès fréquents de dyspnée nocturne, l’affaiblissement physique et l'apathie morale persistaient sans changement.
On notait, en outre, l'extension croissante de l'œdème de la paroi: au lieu de se limiter à la moitié gauche du thorax, il avait envahi l'abdomen, où les téguments doublés d'épaisseur formaient un volumineux bourrelet au-dessus de la crête iliaque gauche. Le soir, le volume de cet œdème était très accru : il était diminué de moitié au matin.
Les bourses, qui étaient normales à l'entrée, présentaient un ædème considérable qui leur donnait le volume d’une tête de fœtus : on put supposer même à un moment que le testicule participait à cet accroissement de volume et pourrait être le siège d’une tumeur lÿmphadénique, mais une palpation plus attentive, favorisée par la diminution de l’œdème, fit reconnaître son intégrité.
Les membres inférieurs présentaient aussi un œdème intermittent.
A l'examen, on constatait le progrès de l’'hypertrophie ganglionpaire, surtout au niveau de la tumeur de l’aisselle gauche, et l’apparition de quelques petits ganglions nouveaux au cou et dans les régions sous-claviculaires ; le foie et la rate conservaient les dimensions notées à l'entrée.
Mais, en outre, l'examen de la poitrine révéla, à gauche et en
A à arrière, un épanchement pleurétique, donnant lieu à une matité de quatre travers de doigt de hauteur, à de l'obscurité respiratoire et à de l’'égophonie.
Cet épanchement devait persister, avec de légères variations de quantité, jusqu'à la mort du malade.
La courbe thermique conservait le type d'un tracé à apyrexies matutinales et à légères montées pyrétiques vespérales.
On essaya de déterminer l'heure du maximum thermique en prenant la température quatre fois par jour; voici pour quelques jours les résultats obtenus :
| MATIN SOIR | DATES | En Jar Ent 10heure* 1 ets 3 heures 6 heures! minuit ETS run VEN NO a ete tr DES 13 Janvier OMAN ET En ER ARE
14 — Le AR a 36 9 3839 8808 pt PS
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