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les éléments nerveux édifiés par Golgi. La lésion de la névroglie, consécutive elle-même à des troubles vasculaires primiüfs, entraînerait donc à sa suite des modifications secondaires des cellules nerveuses.
Carigemra et Rosa, en se basant sur leurs résultats expérimentaux (chien, chat, lapin), admettent que l'atteinte des
centres vaso-moteurs dans le choc traumatique détermine, par spasme vasculaire, des phénomènes d’inhibition nerveuse.
J. Lépine rapporte dans son important travail sur les hématomyélies, les résultats de ses expériences ayant porté sur 1 lapin et 9 cobayes. Il traumatisme la colonne vertébrale au moyen d’un instrument léger (50 gr.) constitué par le manche de bois d’une aiguille courbe.
Les constatations anatomiques de cet auteur furent immédiates et tardives :
Immédiatement, en dehors des lésions cylindraxiles rappelant celles de Schmaus, Lépine à vu une « congestion intense de la région soumise au traumatisme avec extravasation et hémorragie d'importance variable ». Il existe en outre un épanchement de sang dans le canal central.
Tardivement, les phénomènes consistent en « altérations
myélitiques et réaction névroglique modérée ». & Il n’y a, dit Lépine, aucun rapport entre l’intensité des hémorragies et l'intensité de la réaction névroglique ».
Toppe a provoqué sur l’animal des traumatismes de la colonne vertébrale dans la région lombaire en interposant une planche entre la colonne vertébrale et le marteau. Il déterminait ainsi une parésie du train postérieur dont la durée pouvait être variable ou permanente.
L’examen histologique, suivant la technique de Donaggio, lui permit d'apprécier l’état du réüculum nerveux fibrillaire endocellulaire de la région frappée. La lésion est le plus souvent constituée par une ag db Hoaion dudit réticulum au niveau de certaines cellules éparses, alors que dans d’autres le réticulum est conservé. Ailleurs, lhomogénéisation du réticulum peut être plus ou moins complète, ce qui constitue sans doute un stade
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plus avancé des lésions précédentes; plus rarement enfin, on note la raréfaction périnucléaire avec condensation de ce réticulum dans une partie de la cellule.
Un fait aussi particulier fut encore constaté par Toppe. Combinant l’action du froid et du traumatisme, cet auteur put observer qu'à égalité d’intensité dans le choc rachidien, les effets destructifs dans le réticulum neuro-fibrillaire (conglomération du réseau) étaient proportionnels au refroidissement. C’est là un point important que nous fit remarquer verbalement le Professeur Doxacc1o.
STcHERBACK, ayant soumis 7 lapins à des vibrations plus ou moins prolongées, au moyen d’un appareil spécial appliqué sur le genou, a constaté chez un de ces animaux les lésions hémorragiques des substances blanche et grise de la moelle après une séance d’une durée de 15 minutes. *
Chez 3 autres lapins où les vibrations furent répétées pendant plusieurs jours, l’auteur observa : 1° des modifications dues à des troubles de la circulation lymphatique avec-élargissement des espaces péri-vasculaires; 2° des lésions cellulaires se traduisant surtout par de la chromatolyse à divers degrés; 3° l’intégrité des cylindre-axes.
Il y a lieu de remarquer que les lésions étaient d’autant plus marquées que les animaux étaient plus jeunes et plus petits.
MARINESCO, dans son ouvrage sur la cellule nerveuse, rappelle les travaux de plusieurs des auteurs que nous avons cités et il expose les résultats de ses propres expériences. Ayant étudié spécialement les altérations des cellules radiculaires consécutives à la commotion médullaire, il relève, comme la plupart des auteurs, la fréquence de la chromatolyse diffuse, avec parfois l’homogénéisation accompagnée d’atrophie des noyaux. Mais c'est surtout le travail fondamental de Jaxos qui met au point la question; nous y insisterons plus longuement en raison de son importance.
Jaxos étudie successivement les altérations méningées, les lésions en foyer, les dégénérescences marginale et cordonale, les
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modifications cellulaires, enfin l’état des ‘vaisseaux spinaux postérieurs.
Les, lésions méningées sont constituées par des hémorragies piales ou subdurales se résorbant assez rapidement et pouvant entraîner de la stase lymphatique médullaire.
Rarement, on observe des hémorragies punctiformes dans ie bulbe et la moelle cervicale. Ces foyers, lorsqu'ils existent, ne déterminent aucun symptôme appréciable. En somme, pour JakoB, l’hématomyélie est dans la commotion non pas la règle, mais l'exception.
Les foyers malaciques sont plus fréquents, et s'ils contiennent souvent quelques restes d’'hématies, ces derniers proviennent d’exsudation sanguine qui est souvent secondaire et tardive. Ces foyers siègent le plus fréquemment à la jonction des substances grise et blanche.
À ceux-ci se lient souvent la dégénération des fibres de la substance blanche, fibres dont il ne reste que des débris granuleux (Masses hyalines de Scnmaus), blocs de myéline, cylindre-axes déformés, hypertrophiés. Le tissu névroglique a disparu lui aussi : seules persistent quelques fibres. Les fentes de la trame névroglique sont remplies par la sérosité albumineuse, transsudat lymphogène coagulé sur les fixateurs. De place en place, il existe quelques myélophages et myéloclastes.
On le voit Jaxor admet l’existence de Iymphorragies analogues à celles que Scumaus et Scnierrerpecker ont décrites dans la compression spinale.
En général, les dégénérations que l’on rencontre dans la moelle traumatisée ne sont pas secondaires à des foyers siégeant dans la substance grise ; le plus souvent, ces dégénérations sont consécutives à l'atteinte directe des fibres et à leur rupture traumatique .
De plus, il faut admettre que certaines fibres sont frappées de mort, bien qu’elles ne soient pas rompues, ni gravement lésées en un point de leur trajet. 11 y aurait donc une nécrose médullaire d’origine traumatique.
Les cellules nerveuses ne sont pas toujours indemnes. Etudiée
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dans les premier moments qui suivent la commotion, la moelle présente une pâleur avec homogénéisation granuleuse du caryoplasme et du cytoplasme des cellules radiculaires, l'excentration des noyaux dont la forme demeure intacte, un certain degré de chromatophilie des dendrites, lesquels sont tortueux. Parfois,
apparaît une dégénérescence hydropique du cytoplasme et rarement la substance chromatique s’ordonne en réseau. Chez les animaux ayant survécu plusieurs mois au traumatisme, ces altérations font défaut. Le protoplasma devient réticulé et la chromatine cytoplasmique fusionnée, le noyau présentant des contours irréguliers et incolorables.
Sur 14 lapins soumis à une commotion encéphalique, 8 présentaient des lésions radiculaires postérieures : il en était de même chez 3 singes traités de la même manière.
Deux seulement des animaux traumatisés sur le rachis étaient atteints de lésions radiculaires. Dans beaucoup de cas, la lésion fut maximale dans la zone d’Obersteiner et de Redlich. Ces lésions, symétriques, donnaient naissance à des dégénérations secondaires dans le cordon de Goll et se doublaient souvent de dégénération du faisceau pyramidal d’origine commotionnel.
Tels sont les résultats observés par les divers auteurs. Si l'exposé de nos constatations expérimentales infirme l’opinion de plusieurs d’entre eux, il va nous permettre, au contraire, de confirmer certaines observations, en particulier celles de Scamaus et de JAKog:
Il. — Expérimentation.
Nous avons pratiqué nos recherches sur des lapins, des cobayes’et sur un chien, en réalisant des traumatismes directs sur le rachis.
Dans le second procédé employé par M. Laermrrre dont nous rapportons les résultats, le traumatisme rachidien fut indirect .
Eee) er
si
A. — Traumatisme rachidien direct. —- L'animal (lapin,
cobaye) était maintenu par les pattes antérieures et postérieures (les dernières rapprochées des premières) et fléchi de
façon à présenter en arrière la colonne vertébrale saillante. Cette position est nécessaire, afin d'éviter les rupture viscérales diverses qu’on observe lorsque l’animal est maintenu en extension.
Nous pratiquons alors, au moyen d’un marteau à trépana-
tion, sur la région vertébrale repérée soit une série de petits
coups répétés, soit un coup violent, en évitant autant que possible les fractures des apophyses épineuses.
Chez plusieurs animaux, le coup mal appliqué provoqua des
fractures de côtes avec rupture d'un viscère ou d’un RE TOe
important, suivies de mort rapide.
Aussi parmi les 16 animaux soumis à la commotion, nous n’en avons retenu que 7 comme étant favorables à nos recher-
ches.
Certains furent sacrifiés immédiatement, les autres conservés le plus longtemps qu'il nous fut possible, mais des escarres n'ayant pu être évitées, l’état général de ces animaux en nécessita le sacrifice.
Voici, très résumés, les résultats de nos constatations phy-
ee et anatomiques : :
Obs. I. — Cobaye n°4 4 (560 gr.).
. Le 17 août 1920. — Traumatisme rachidien : 4 coups de marteau, région dorsale.
Immédiatement après, paraplégie complète. Les réflexes d’automatisme sont des plus nets 1/4 d'heure après. La piqûre à l'extrémité inférieure des pattes postérieures détermine du côté excité une flexion suivie d’extension brusque de la patte avec adduction de la patte opposée.
1/2 heure après, même mouvement, mais réaction beaucoup plus lente (environ 3 secondes entre la piqûre et la réponse). La piqûre de la face externe de la patte détermine de chaque côté une adduction lente du membre inférieur homo-latéral. Au contraire la piqûre de la face interne détermine la flexion brusque du membre. A noter que ces réactions sont lentes et s'épuisent rapidement. On peut obtenir 5 à 6 mouvements successifs, puis il est nécessaire d'observer un repos de 2 minutes avant que l'excitation provoque une réaction. La limite de la sensibilité est située en haut à un travers de doigt au-dessus des crêtes iliaques.
3 heures après, même phénomène; à noter de plus que le réflexe de flexion brusque du membre est polycinétique. D'autre part, l'excitation de la région
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pénienne par piqüre, détermine une érection brusque avec éjaculation réflexe - La paraplégie est toujours flasque, le train postérieur restant dans la position où on l’abandonne: il n’y a pas incontinence d'urine, mais rétention.
Le 18 août. — A 10 heures, tendance à la contracture en flexion des deux membres inférieurs. Les réflexes d’automatisme constatés hier persistent et sont même plus marqués, surtout la réaction contro-latérale. Il existe en outre quelques mouvements cloniques spontanés des deux pattes.
Le 19 août, le 20, le 21, le 22, mêmes constatations, mais l'excitation de la région pénienne détermine en outre, ainsi que la piqüre abdominale, une miction réflexe en jet.
Du 23 au 28 août, — Hyperexcitabilité très marquée des réflexes d'automatisme (la moindre excitation des poils des pattes, frôlement, souffle provoque ces réflexes). Persistance de la miction réflexe.
Le 30 août. — On sacrilie l'animal.
A l'autopsie : Rien de particulier à noter au niveau des viscères abdominaux, sauf pour la vessie qui est infectée. La colonne vertébrale est intacte ; il existe une intégrité absolue du canal rachidien et des méninges.
La moelle ne présente pas d’hémorragie à la coupe, mais il existe un ramol- ‘lissement appréciable macroscopiquement s'étendant entre D-5 et D-7.
Examen histologique. — Sur une coupe transversale siégeant au niveau de D-6 D-7 environ, la topographie des lésions se présente ainsi : dégénération des cordons antéro-latéraux et des cordons postérieurs affectant le type de la dégénération primaire aiguë.
Un examen à un plus fort grossissement montre, en effet, la fragmentation et l’'hypertrophie des cylindre-axes, la dilatation irrégulière des mailles névrogliques, le gonflement des gaînes myéliniques. Il existe en outre des petits foyers nécrotiques bien visibles sur la figure 1 au niveau des cordons antérolatéraux et des cordons postérieurs. Le canal épendymaire est légèrement dilaté.
Sur une coupe longitudinale, hypertrophie considérable des cylindre-axes avec aspect dilaté des mailles de la névroglie. Les cylindre-axes sont fragimentés. Dans la plus grande partie de la coupe qui porte dans la zone marginale dégénérée il n'existe pas de réactions de la névroglie.
Obs. II. — Lapin n° 9 9 (3.500 gr.).
Le 7 décembre, traumatisme rachidien par coups de marteau (3 coups région dorsale). Immédiatement après crise de mouvements cloniques de la queue ainsi que mouvements d'extension et de flexion alternatifs des pattes postérieures. 5 minutes après, paraplégie complète avec paralysie incomplète des deux membres inférieurs. Le lapin posé à terre présente une attitude en croix, 10 minutes après remet volontairement en place le membre inférieur gauche : le membre postérieur est en demi-flexion; le membre postérieur droit est en extension.
À la 15* minute, crise convulsive, puis tonique des deux pattes antérieures qui restent croisées et contracturées. |
29° minute : la paraplégie motrice s'améliore; le lapin avance en traînant le train postérieur.
45° minute : amélioration de la paraplégie, les pattes postérieures sont capables de mouvements lents et coordonnés durant la progression.
Le 10 décembre, la paraplégie est devenue totale; les réflexes d’automatisme médullaire sont très nets : retrait du membre et extension croisée par piqüre à la face antérieure du membre postérieur immédiatement au-dessus des doigts. La piqüre à la face postérieure du même segment du membre provoque très nettement un écartement des doigts en éventail des plus nets du côté droit,
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moins net à gauche. La piqüre à la face interne des cuisses détermine une adduction des deux pattes. La plus minime excitation abdominale provoque la flexion de la queue.”
Examiné 6 heures plus tard, la flexion très légère le la face inférieure de la patte de chaque côté détermine Le raccourcissement du membre avec flexion des orteils des plus nette. {On ne peut provoquer le signe de l'éventail observé le matin).
Le 12 décembre, mêmes constatations; la zone provoquant les mouvements de défense s'étend jusqu'à 4 travers de doigt au-dessus des crêtes iliaques.
Le 13 et le 14 décembre, mêmes réflexes d'automatisme avec persistance du ‘ signe de l’éventail.
Rétention des matières et des urines.
Le 15 décembre, la piqûre de la région vaginale détermine une flexion avec abduction des deux pattes et de la queue ainsi qu'une défécation automatique. :
Le 16 décembre, id.
Du 17 décembre au 20 décembre, mêmes faits avec contracture nette en flexion des deux membres inférieurs plus marquée à gauche qw’à droite.
A noter qu'on observe très fréquemment, durant la recherche des réflexes d’automatisme, des mictions en jet.
Le 20 décembre. — Apparition d'escarres dans la région fessière gauche qui vont en augmentant malgré les soins et qui nécessitent le sacrifice de l'animal le 30 décembre.
Autopsie. — L'ouverture de la cavité péritonéale montre la présence d'environ 20 grammes de liquide clair; les mouvements péristaltiques sont normaux tout le long de l'intestin, sauf à la portion terminale du côlon et du rectum.
Infection vésicale. j
Rien de particulier dans le foie, la rate, les reins, les surrénales, les poumôns et le cœur. :
Moelle et rachis. — Intégrité du canal rachidien; quelques plaques ocreuses très minimes sur les parois du canal, ‘un peu au-dessus de la zone de ramollissement médullaire appréciable à la vue et au toucher qui est située environ à la hauteur de D-10. L’intégrité de la dure-mère est absolue.
Examen histologique. — Dans la moelle cervicale, on ne note ni dégénération secondaire, ni dégénération primaire aignëé marginale sur une coupe transverse. Seules les cellules des cornes antérieures présentent un très léger degré de chromatolyse.
Moelle dorsale. — Immédiatement au-dessus de la zone de ramollissement macroscopique, on constate des altérations de la substance blanche considérables se traduisant par une disparition à peu près complète des fibres nerveuses, la présence de masses hyalines arrondies. Il n'existe pas de prolifération névroglique appréciable, mais les alvéoles de la trame névroglique sont considérablement dilatés. Pas de corps granuleux.
Dans la substance grise, les cellules radiculaires sont rétractées, le cytoplasme uniformément coloré (chromophilie) masque le noyau et le nucléole. Le réticulum neuro-fibrillaire a complètement disparu. Pas de thrombose ni d'hémorragie, mème microscopiques.
Les constatations précédentes sont vérifiées de même sur une coupe longitudinale.
La zone de ramollissement qui s'étend sur le\Xe segment dorsal, et un peu au-dessus, se présente sur une coupe transversale comme un véritable foyer nécrotique transverse. Dans la substance blanche, plus de fibres nerveuses, mais par contre masses hyalines de Schmaus. La névroglie présente une réaction extrêmement faible et la préparation montre que dans la zone nécrotique il n'existe que le réticulum névroglique. On distingue très difficilément la substance grise de la substance blanche; dans la corne antérieure cependant,