MADRIGAL
Ici tout plaît, ici tout est charmant, La sagesse partout et la magnificence.
Partout la pompe et l'agrément.
Partout le choix et l'abondance.
Mais non déplaise à ces beautés, Dont les plus curieux se peuvent satisfaire, Le plaisir le plus grand dont nous sommes tentés
Est d'avoir le bonheur de plaire Au maître glorieux de ces lieux enchantés.
Après la mort de Colbert, le château de Sceaux passa à Seignelay, son fils aîné, qui, n'ayant pas les goûts simples de Colbert, transforma sa maison et en fit une
splendide et riche résidence. Depuis son voyage en Italie, Seignelay était devenu un amateur dislingue et un connaisseur émérite. « Son caractère, dit Sandras de Courtilz', était entièrement opposé à celui de son père; il était aussi magnifique en toutes choses que le défunt avait été économe. Sa table était somptueuse et ses meubles superbes ; il avait un cabinet entouré de miroirs, un autre dont le lambris était de bois de Calemba, qu'il avait fait venir de Siam ; il avait acheté d'Alvarez* pour 300,000 livres^ de tableaux et statues d'Italie, dont il lui avait payé une partie en passeports et en vaisseaux qu'il lui avait prêtés. Le marquis de Seignelay avait beaucoup d'érudition et de politesse ; mais il était vain au dernier point et aimait ses plaisirs avec excès ».
Seignelay réunit à Sceaux un mobilier, des objets d'art, des tableaux, des statues, des pièces d'orfèvrerie de la plus grande valeur. Le mobilier de Sceaux, à la mort de Golbert, avait été repris par Seignelay pour la somme de 50,477 livres*; l'abbé de Ghoisy évaluait, en 1690, le mobilier de Sceaux à 1,700,000 livres".
La description suivante de la fête donnée au Roi par Seignelay, en juillet 1683, fait si bien connaître la résidence de Golbert, que nous n'hésitons pas à la repro-