‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 183 sur 183 · TESTAMENT DE MADAME COLBERT · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE MADAME COLBERT

Paris, le ;i avril 1687.

Au nom du Père, du Fils et du Sainl-Esprit :

Je désire être enterrée dans l'église Saint-Eustache, où est M. Colbert, le plus simplement qu'il se pourra.

Je donne à TŒluvre de ladite église la somme de 9,000 livres pour la fondation d'une messe qui se dira tous les jours à perpétuité pour le repos de l'âme de M. Colbert et de la mienne, et pour deux services à hautes messes à pareils jours que ceux de nos décès.

Je donne 8,000 livres, savoir : 4,000 aux pauvres malades, et 4,000 aux pauvres honteux de ladite paroisse.

En cas que, lors de mon décès, je n'aie pas pourvu à la fondation ci-après exprimée, je veux qu'il soit pris sur tous mes biens 45, OOU livres pour être mises à constitution de rente à THôtel-Dieu de Paris ou à l'Ilôpital- Général, ou autre communauté solvable, au denier 24, pour servir à fonder à perpétuité pour les études de six jeunes hommes, depuis Tâge de douze ans jusqu'à vingt- cinq, aux collèges et séminaires de cette ville, pour les instruire à l'ordre de prêtrise, pour chacun desquels il sera payé, à cause de leurs études et subsistances, la somme de 300 livres par an; dont l'un des six sera nommé par MM. les administrateurs de l'hôpi-

lai qui sera chargé desdites 45,000 livres, et les cinq autres par mon fils aîné, et après lui par son fils aîné et ses descendants en ligne masculine, les aînés toujours préférés aux cadets; et, au défaut d'enfants mâles de mondit fils aîné et ses descendants, le choix et nomination appartiendra aux aînés descendant en ligne masculine de mes autres fils, la branche des aînés préférée aux cadets; et oii il cesserait d'avoir des mâles, la nomination appartiendra à l'aîné des enfants mâles descendant de mes filles , celui qui sera issu de l'aînée de raesdites filles préféré aux descendants des cadettes.

A l'effet que les six jeunes hommes qui seront premiers nommés et ceux qui le seront dans la suite, à mesure que l'un d'eux sera parvenu à l'ordre de prêtrise ou à l'âge de vingt-cinq ans^ ils s'emploieront à instruire dans les lieux où ils feront leurs résidences les pauvres et toutes autres personnes dans les mystères de notre religion, aux prières nécessaires pour leur salut et à prier Dieu pour la rémission des péchés du défunt M. Colbert et pour moi; et que, pour la fondation, il soit passé contrat et pris les précautions nécessaires pour l'exécution de cette mienne volonté.

Je donne 6,000 livres à la communauté des filles de Sainte-Agnès de ladite paroisse Saint-Eustache.

Je donne et lègue aux filles de la Charité de Sceaux la somme de 0,000 livres, pour le secours des malades et pour l'instruction des filles de ladite paroisse, pour être ladite somme employée en fonds ou rente.

Je lègue aux nouvelles catholiques, pour la fonda-

tion d'une messe à perpétuité chacun jour de l'année et un service tous les ans, pour prier Dieu pour le repos de l'âme de M. Colbert et de moi, la somme de... (en blanc).

Ayant considéré l'état de ma famille et les avantages que M. Colbert et moi avons faits et procurés à mon fils de Blainville, je l'ai réduit à sa légitime, en cas qu'il ne l'ait pas reçue entièrement, par ce que je lui ai donné sur ma succession,

Pour satisfaire à ce qui m'a été recommandé par M. Colbert pour mon dernier fils de Sceaux', je lui donne et lègue la maison où sont logés les gens et train de mon fils aîné, rue Vivienne, de valeur de 60,000 livres. Je lui donne aussi pour 20;,000 livres de vaisselle d'argent et pour 50,000 livres de meubles. Je lui donne encore la terre de Linières et toutes ses dépendances, avec les meubles qui y sont , sans réserve , pour 310,000 livres que le tout a été acheté.

Je laisse à mon fils aîné la liberté de retirer ladite terre de Linières, dépendances et meubles, dans les cinq ans du jour de mon décès, en rendant à mon fils de Sceaux 310,000 livres, en fonds de terre de pareille valeur.

Je laisse à mon fils aîné le choix et droit qu'il a de retenir ma terre de Normandie, ses préciput et droit d'aînesse qu'il a dans les autres terres, avec la somme de 250,000 livres en effets de ma succession.

1. Charles-Edouard Colbert, comte de Sceaux, colonel du ré- Riraent de Champagne, blessé mortellement à la bataille de Fleurus en 1690.

370 COLBEUT.

Je lègue à chacune de mes filles 200,000 livres, outre ce qu'elles ont reçu de moi.

Et tout le surplus de mes biens, je le donne et lègue à mes fils, coadjuteur de Rouen et abbé de Bonport, à la charge qu'ils paieront à mon écuyer Fangousse 2,000 livres une fois payées et 300 livres de pension, sa vie durant, par chacun an.

A Gastelicr, je lui donne et lègue 6,000 livres une Ibis payées, et après lui, à sa fille, ma filleule.

A Bonnet, mon concierge , 6,000 livres une fois payées, pour le long temps qu'il y a qu'il me sert avec fidélité.

Je donne et lègue à Bonnay, mon valet de chambre, 4,000 livres une fois payées.

A Dumoulon, 2,000 livres une fois payées.

Je donne et lègue à Le Roy et Barré chacune 100 écus, leur vie durant, par an, et à chacune I/àOO livres une fois payées.

Je nomme pour exécuteurs de mon présent testament mon fils aîné et mon fils le coadjuteur de Rouen, révoquant tous autres testaments.

M. Charron-Colbert.

Note à ajouter page 300.

Le tome II des Ancieiines bibliothèques de Paris, par A. Franklin (dans VHistoire générale de Paris) donne plusieurs détails intéressants sur la bibliothèque de Colbert.

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