Lettres, instructions et mémoires, I
vail plus, disait-il, ce qu'il faisait; <à quoi le Cardinal lui répondait : u II faut faire ce qui se peut et ne se pas tourmenter du reste ».
Il fallut aussi penser à Timportante question de savoir où on logerait a Mesdemoiselles, nièces de S. Em. »; il était difficile de leur trouver un logement au Louvre. A ce sujet, Mazarin écrivit à Colbert : « Pour le logement, je voudrais bien qu'elles le prissent chez moi; car il y aura peine d'en trouver un dans le Louvre, outre que je vous dirai confidentiellement qu'il ne serait pas bien que le Roi y trouvât ma nièce en retournant à Paris avec la nouvelle Reine. Et je ne dis pas cela sans beaucoup de raisons ».
Tout en s'occupant de ces mille détails, Mazarin et Colbert ne négligeaient pas les affaires sérieuses. A la fin de 1639, Mazarin achetait le duché de Nevers au duc de Mantoue, qui lui devait 1,300,000 livres, et qui lui avait déjà vendu le duché de Mayenne en 1655. C'était une fort belle acquisition, et Colbert l'avait fort engagé à la faire.
Le château, écrivait Colbert', est des plus beaux que j'aie vus, et très logeable ; et , pour peu de dépense que l'on y fasse, il sera assurément capable de loger V. Ém. et toute sa maison. Enfin, Monseigneur, tout ce qui se voit dans celte grande terre sent bien les grandes maisons de Nevers, d'Albret, de Bourgogne, deux fois de Clèves, et de Gonzague qui l'ont possédée. Et si V. Ém. était capable de faire une chose qu'elle ne fera jamais, qui est, non pas de partager