Ibidem, p
clair clans ses finances, Colberl élait prêt, et depuis longtemps, à renseigner exactement ^le jeune roi et à lui donner sur l'heure les moyens de faire cesser le désordre.
Golbert, à force de soins et de travail, était parvenu à reconstituer la fortune du Cardinal : il dirigeait ses affaires avec habileté, et ce n'était pas petite besogne.
Je supplie V. Ém., écrivait-il le 5 avril 1660», de me permettre de lui dire que pour peu de réflexion qu'elle fasse à ses affaires, elle trouvera que je suis chargé de l'administration et du détail de vingt-trois abbayes qui composent 5 à 600,000 livres de revenu, de deux grands duchés, donl l'un est assurément un abîme d'alîaires et de procès, d'un grand domaine qui est celui de la Fera, et d'un petit qui est celui du duché d'Auvergne, de près de 300,000 livres de revenu sur le Roi en divers droits, de toutes les terres que V. Ém. a à présent en Alsace, de ses gouvernements d'Alsace, Brisach, Auvergne et Brouage, des bâtiments de tout ce qui concerne Vincennes, du détail de sa maison et de son gardemeuble, et d'une infinité d'autres affaires qui surviennent à tous moments.
Je ne dis point ceci pour exagérer mon travail à V. Ém.; au contraire, je la supplie de croire comme une vérité constante que mon inclination naturelle est tellement au travail, que je reconnais tous les jours, en m'examinant en mon dedans, qu'il est impossible que mon esprit puisse soutenir l'oisiveté ou le travail modéré, en sorte que du jour où ce malheur m'arrivera dans le cours de ma vie, je n'ai pas six ans de temps à vivre ; ce qui me fait connaître clairement que je suis obligé à V, Ém. de la vie, et de la vie agréable,