‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 53 sur 183 · Lettres, instructions et mémoires, U, xx · texte numérisé non relu

Lettres, instructions et mémoires, U, xx

grands seigneurs : 600,000 livres au duc de Brancas ; 200,000 au duc de Richelieu; 100,000 au marquis de Gréqui ; 100,000 à Madame Beauvais, première femme de chambre de la Reine-Mère, etc. Ces dons ne pouvaient avoir été faits que dans une mauvaise intention, celle d'acheter des partisans. L'autre cassette prouva combien les mœurs de Fuuquct étaient perverties, et les lettres qu'elle contenait produisirent un immense scandale dans la haute société', en même temps qu'une sorte de terreur s'emparait de la Cour, tant il y avait de gens compromis et craignant d'être poursuivis.

Une chambre de justice, destinée à juger Fouquet et ses complices, fut créée en décembre 1661 ^ Elle fut composée de M. de Lamoignon, premier président du Parlement, et de vingt-six juges pris dans le Conseil d'État, parmi les maîtres des requêtes, et dans divers parlements de province. L'avocat général de la chambre fut M. Talon. Bien que triés sur le volet par Colbert, qui avait mis parmi eux son oncle Pussort, conseiller d'État et de caractère dur et sévère, les juges se montrèrent bientôt hostiles à Colbert et favorables à Fouquet, jusqu'à faire traîner l'affaire pendant trois ans, et même jusqu'à vouloir l'absoudre ; et il fallut, pour obtenir

1. La cassette renfermait plusieurs lettres de madame de Sévigné, fort innocentes, paraît-il, mais dont la découverte, eu pareille compagnie, mit au désespoir l'aimable écrivain, qui, selon nous, a toujours le tort, par sa défense énergique de Fou(f :et, d'égarer, encore aujourd'hui, l'opinion sur le compte de n son pauvre ami ».

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