‹ Etude biographique sur ColbertChapitre 80 sur 183 · A Saint-Étienne · texte numérisé non relu

A Saint-Étienne

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La coupe des bois propres pour les vaisseaux, en Bourgogne, Daiiphiné, Bretagne, Normandie, Poitou, Sainlonge, Provence, Guyenne et Pyrénées ;

Les mâts, qui étaient inconnus dans le royaume, ont été trouvés en Provence, Languedoc, Auvergne, Dauphiné ol dans les Pyrénées.

Le fer, qui se tirait de Suède et de Biscaye, se fabrique à présent dans le royaume.

Le chanvre fln pour cordages, qui venait de Prusse et de Piémont, se prend à présent en Bourgogne, Maçonnais, Bresse, Dauphiné ; et depuis l'on en a établi les achats en Berry et Auvergne, ce qui donne toujours de l'argent dans ces provinces et le retient au dedans du royaume.

En un mot, tout ce qui sert à la construction des vaisseaux est à présent établi dans le royaume, en telle sorte que V. M. se peut passer des étrangers pour la marine, et même que, dans peu de temps, elle leur en pourra fournir et tirer leur argent par ce moyen. Et c'est dans cette même vue d'avoir tout ce qui est nécessaire pour pourvoir abondamment sa marine et celle de ses sujets, qu'elle a fait travailler h la réformation universelle de toutes les forêts de son royaume, qui, étant aussi soigneusement conservées qu'elles sont à présent, produiront abondamment tout le bois nécessaire pour cela.

Il fallait protéger cette industrie naissante contre la concurrence étrangère : aussi, en 1664, Golbert fit-il un nouveau tarifde douanes qui modifiait considérablement celui de 1644, alors en vigueur, en augmentant notablement les droits d'entrée, quelquefois en les doublant. Les puissances étrangères se soumirent sans trop de récriminations. Le tarif de 1664, sur certains points, eut d'excellents résultats : à l'intérieur, il débarrassa le commerce de nombreuses entraves, et un grand mou-

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vcment industriel et commercial fui la conséquence de ces réformes. Mais ce tarif allait [)orter à notre agriculture un coup funeste, en soumettant la sortie des grains à un droit de 20 livres par muid, soitSfr. 35 par hectolitre'.

L'ambassadeur vénitien Giustiuiani donne sur cette période du ministère de Colbert d'intéressants détails; on lit dans sa relation' :

Le but de Colbert est de rendre le pays entier supérieur en opulence à tout autre, abondant en marchandises, riche en arts et fécond en biens de toute sorte, n'ayant besoin de rien et dispensateur de toutes choses aux autres États. En conséquence, il ne néglige rien pour acclimater en France les meilleures industries de chaque pays, et il empêche par diverses mesures les autres États d'introduire leurs produits dans ceux du Roi. Ce qui se fabrique de particulier enx\ngleterre, ce que la nature y produit de rare, il s'est étudié à l'importer dans le royaume. Pour la confection de certains produits, les bas, on est allé jusqu'à affecter aux ouvriers amenés d'Angleterre la demeure royale de Madrid^, transformant ainsi un palais en atelier. Il essaye de faire tanner à l'anglaise les peaux de bœuf provenant du royaume, afin qu'elles servent aux mêmes usages que les cuirs anglais et les remplacent.

A la Hollande on a emprunté sa manière de fabriquer les draps, comme aussi les fromages, les beurres et autres spécialités. A l'Allemagne on a pris la manufacture des chapeaux et du fer-blanc, et beaucoupd'autres travauxindustriels;

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