DE MONSEIGNEUR J. O. PLESSIS, ÉVÊQUE DE QUÉBEC
Mort LE 4 DécEMBRE, 1825.
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Omnis autem multitudo videns occubuisse Aaron, flevit super ‘eum.
Lorsqu’on eut appris la mort d’Aaron, le deuil fut général parmi le peuple. (Num, ©. 20 v. 30.)
Israël pouvait-il consacrer un monument plus sincère de
son amour et de sa reconnaissance, à la mémoire du Souverain-
Pontife, que la douleur qu’il fait éclater en apprenant sa mort ? Ces pleurs, ces sanglots de toute la nation ne sont-ils pas le plus bel éloge du merite d’Aaron ? |
Hélas! ce trait frappant des livres Saints présente une triste conformité avec le funeste évènement qui vient de plonger tous les fidèles de ce diocèse dans l’affliction la plus amère. Un pasteur vénéré, l’ornement du sanctuaire et l’honneur de sa nation, précipité du poste élevé, qu'il remplissait si dignement, dans le tombeau.
Au premier bruit du danger dont il était menacé, quelles vives inquiétudes se manifestèrent de toute part! Cependant un rayon d'espérance, séduisant notre douleur, semblait promettre de le rendre à nos désirs. Vœux impuissants ! Le glaive de la mort l’a frappé...
Avec quelle espèce de terreur et de frémissement ne reçutesvous pas le coup accablant qui vous annonça la perte irrévocable d’une tête si précieuse et si chère ? Cet élan d’une douleur si profondément sentie et si énergiquement exprimée dans la capitale de son diocèse, n’a-t-il pas jailli au loin, pour porter le deuil et la consternation, comme l’étincelle fatale poussée par un vent violent, propage l'incendie et embrâse en un moment une vaste forêt? Estil un coin de cetimmense diocèse qui n’ait ressenti et fait éclater la douleur Ia plus profonde ? Omnis autem multitudo videns occubuisse Aaron, flevit super eum.
Or, ce concert de regrets et de larmes, ce sentiment unanime d'amour et de vénération publique, cette émulation d’honneurs funèbres accordés à ses cendres chéries, par Île clergé et par les fidèles, que dis-je ! par le chef même du gouvernement de cette Pr ovince, (le comte Dalhousie); par les classes les plus honorables de la société, ne sont- ils pas un hommage éclatant rendu au mérite de Pl illustre défunt ? Ne proclament- ils pas ses vertus, ses talents, ses bienfaits, bien mieux que ne pourrait le faire notre faible voix ?
Que viens-je donc faire ici ? Offrir des consolations à votre douleur ?....… Et comment ?...... Est-ce en vous FPE toute la grandeur de la perte que nous déplorons ? Lune ACER M. F., c'est en entendant parler de ce qu'on aime, de ce qui nous touche, qu’on parvient à calmer son chagrin, et on ne tarit la source de ses larmes qu’à force de pleur Ête
Ne nous refusons donc point cette triste consolation ; répandons à la fois des larmes et des pleurs, des soupirs et des éloges sur le tombeau du plus aimé des pasteurs, et du plus digne de regrets. Si ce triste devoir attriste nos cœurs, il satisfait du moins notre reconnaissance. Qui pourrait lui refuser un tribut d'honneur, dû à sa dignité; un tribut d’estime et de vénération, dû à son mérite personnel ; un tribut. de regrets et de prières dû à ses bienfaits et aux avantages qu'il procura à la religion et à sa patrie ? C’est de ce triple hommage que se compose l'éloge funèbre consacré à la mémoire de l’ILLUSTRISSIME ET RÉVÉRENDISSIME JOSEPH- OcTave PLEssis, EVÊQUE De QuéBEec, CONSEILLER AU CONSEIL LÉGISLATIF DE CETTE PROVINCE, ETC., ETO., ETC.
Mais comment remplir ce cadre immense que je viens de me tracer! Le pinceau le plus habile et le plus hardi suftiraitil pour donner à un sujet si intéressant la couleur et l’expression convenables ? Dépour vu des moyens nécessaires pour une tâche si importante, je n’ai qu'un avantage, et Je le reconnais, c’est de trouver d'avance, dans les dispositions de ceux qui m'entendent et dans l'affection publique pour celui dont j'ai à faire l’éloge, l'assurance de vous plaire.
Tels sont les préjugés du monde, sur la véritable grandeur,
‘qu’on admire, qu'on encense un guerrier profane, couronné
a la victoire : et l’on regarde avec indifférence un saint véque, couronné par la religion. Cependant, que sont ces lauriers, toujours arrosés du sang des malheureux vaincus, auprès de ces bienfaits touchants, de ces services nombreux et importants, dont la société aussi bien que la religion ont été redevables, dans tous les temps, au ministère et au zèle de ses premiers pasteurs ? Autant la religion est élevée audessus de Pétat, autant par proportion, l’honneur et le lustre qu'elle répand sur les premiers et les plus grands de ses ministres, lemportent réellement sur la vaine gloire du siècle qui n’est souvent qu'orgueil et mensonge.
Si je n'avais avantage de parler devant des personnes disposées, autant par devoir que par habitude, à reconnaitre l’auguste caractère des Evêques et l’éminence de leur dignité, je leur dirais qu’ils sont dans l’Eglise ce que les princes sont dans l'Etat; qu’ils sont, les soutiens de la religion; les images vivantes de Jésus-Christ, le Pontife éternel ; ses ambassadeurs auprès des rois et des nations ; les successeurs des apôtres, les principaux pasteurs de son troupeau ; qu'en eux réside la plénitude du sacerdoce de la loi de grâce, la source de la juridiction, et la puissance spirituelle.
C’est donc un assez beau sujet de louanges, pour l’illustre défunt, Monseigneur PLessis, d’avoir été promu à la dignité de P épiscopat ; d’avoir été choisi pour présider au gouvernement de ce diocèse. Mais, comme c’est moins la place qui honore que les titres qui y ont élevé et les succès qu'on y a obtenus, il est facile de montrer que c’est avec raison que cette église regrette en sa personne un de ses plus grands et de ses plus excellents évêques ; par la manière dont il est parvenu à cette place éminemer par l'honneur avec lequel il a soutenu ce haut ministère , par le zèle qu'il a déployé ; par sa fidélité à en remplir les devoirs. Suivez- moi, s’il vous plait, dans le simple récit des distinctions, des vertus et des travaux de son épiscopat.
Ne cherchons point, dans des considérations extérieures, des raisons de son élévation ; c’est en lui-même que je trouve les fondements de sa grandeur future. La Providence, qui le destinait au gouvernement de cette église, l’avait doué des qualités nécessaires à l’évêque de ce vaste et pénible diocèse, Un tempérament robuste et agissant, un amour constant du travail, un courage à toute épreuve, une fermeté d’âme que rien n’ébranlait. 11 montra de la maturité dans un âge où la raison commence à peine à se développer. Dans les amusements de son enfance, on découvrait un fond de gravité et de sagesse qui le fit toujours distinguer de ses condisciples.
L'éducation qui sert d'ordinaire à cultiver ou à embellir un fond brut ou ingrat, ne fit que développer les richesses du sien. Avec un esprit naturel et facile, solide et étendu, l'étude n’eut point de difficultés qu’il n’applanit, point de dégoûts qu'il ne dévorât, point d'obstacles qu’il ne surmontât. Aussi, fit-il des progrès rapides; dans toutes ses classes, il eut des compétiteurs et des rivaux, mais aucun ne lui disputa la prééminence. Du reste, redevable de son succès non-seulement à son travail assidu, mais surtout à une facilité rare et précoce, il en devenait par là même moins propre à juger de ce qu’il en coûte aux esprits ordinaires, dans l’acquisition de la science; de là vient que si plus tard, dans la vue d’abréger le cours des études, il fut porté à introduire certaines méthodes, qui, il faut l’avouer, n’ont pas eu tout le succès qu'il avait désiré, on doit l’attribuer à cette même facilité naturelle avec laquelle il acquérait ce que les autres 1e peuvent communément acquérir qu’à Paide d’un long travail.
Appelé à l’église dès l'adolescence, élevé comme un autre Samuel à l’ombre du sanctuaire, on le vit montrer un extérieur plein de décence et de réserve. Les maximes sévères et la régularité de la discipline ecclésiastique n’eurent rien à changer en lui. Formé sous les auspices et par les soins de maitres habiles, les prêtres de Saint-Sulpice, dans l’art d'élever la jeunesse destinée au culte des autels (auxquels, dans des circonstances que la délicatesse ne me permet pas de caractériser, il ne pouvait s'empêcher de rendre justice, lors même qu'il n’adoptait point leur façon de penser), il sut toujours aussi, par une conduite soutenue, s'acquérir leur-estime et leur approbation; et, par sa capacité, mériter leurs éloges. Encore dans les derniers rangs de la hiérarchie, il était déjà honoré de la confiance intime d’un prélat, Monseigneur Olivier Briand, si capable de se connaitre en mérite. Par un juste retour, notre jeune lévite était plein de respect et de vénération pour son protecteur. Non-seulement il en adopta les maximes et les principes, on eût dit qu'il aimait à en prendre les goûts et les manières, tant les bons modèles ont d'influence sur les esprits droits et sur les cœurs bien nés. Un nouvel évêque, Monseigneur J. P. Hubert, a succédé à Mgr. Briand, sans que rien ait été changé dans la position de son habile secrétaire. Déjà initié au gouvernement épiscopal, il en était devenu comme un instrument nécessaire. Il préludait au ministère dont il devait être revêtu. Ayant suivi le nouveau prélat dans ses visites pastorales, il connaissait déjà le diocèse, avant d'être promu au sacerdoce; aussi l’évêque connaissant combien il pouvait lui être utile, profita de la première occasion pour le fixer près de sa résidence ordinaire. La ville de Québec venait d’être plongée dans la conster-
nation par la perte funeste et prématurée d’un pasteur tendrement chéri. (a) Quel successeur sera trouvé propre, sinon à sécher la source des larmes, du moins à combler le vide laissé par cette perte immense ? Notre jeune secrétaire est à peine revêtu de la prêtrise, il n’a pas encore fait l’apprentissage du ministère sous un vétéran du sanctuaire,....1l est vrai; mais sa capacité supplée en lui à l'expérience. Le choix qu'en à fait son évêque, pour remplir cette place importante, a été pleinement justifié par les succès qu'il ne tarda pas à obtenir.
Qu'il est difficile de succéder à un de ces hommes rares, en qui la Providence semble avoir uni les formes les plus aimables, aux qualités les plus insinuantes ! Des manières affables, des : mœurs douces, un caractère heureux, ayant des attraits invincibles, quelle tâche pour un successeur, pour peu qu’il se montre sous des formes moins faciles; chacun ne semble-t-il pas lui reprocher ce que la nature ne lui a pas donné au même degré qu'à son prédécesseur ? Le moyen de s’insinuer dans les cœurs, de faire taire les préventions ?
Et si l’on parvient, en pareil cas, sinon à faire oublier . Pobjet de l'affection publique, du moins à se concilier les esprits et à forcer l'estime et la confiance ; en attendant que les autres qualités plus solides, bien que moins séduisantes, lui aient conquis l'amour et l'attachement les plus vifs, il faut, convenons-en, un de ces mérites transcendants, qui sont un phénomène plus rare encore que le premier.
Et pour vous montrer jusqu'à quel point Mgr. Plessis y réussit, je n'aurais qu'à en appeler au témoignage du public; mais ne hätons point le récit de deux évènements, dont l’un nous causa tant de joie et dont l’autre sera longtemps le sujet de nos regrets.
Le nouveau pasteur prit possession de la cure de Québec: je ne le suivrai point dans cette carrière, où il adéployé tant de capacité et fait tant de bien. Quel esprit d'ordre dans l'administration de cette grande paroisse ? quelle mémoire pour ne rien oublier des diverses affaires auxquelles il avait à pourvoir ? [l prévoyait tout, non-seulement pour lui, mais encore pour tracer à ses collaborateurs leur tâche journalière. Malgré les déplacements presque continuels, un concours varié de personnes et d'évènements, 1l connaissait tous ses paroissiens par leur nom; il savait leurs besoins, leurs affaires ; rien n'échappait à sa sagacité, à sa prévoyance. Assidu au ministère le plus pénible, le tribunal de la pénitence ; toujours prêt, soit à distribuer le pain de la parole de Dieu, dans des prônes méthodiques, pleins de la plus
(a) M. Aug. Hubert, curé de Québec, noyé devant la ville en 1794.
solide instruction ; soit à visiter les malades, dans les hôpitaux, dans les prisons, dans les endroits les plus escarpés de la ville : soit à concerter avec son évêque les affaires les plus épineuses, à discuter les matières les plus abstraites... et tout cela, sans cesser un seul jour de vaquer quelque temps à l’étude, à une étude analogue à son état ; que dis-je ? ses amusements avaient toujours quelque but utile. C’est à cette époque, et chargé d’occupations nombreuses, qu’il crût utile
d'apprendre une langue, dont il se sut bon gré dans la suite,
d'en connaitre assez pour s’en servir dans certaines occasions. Mais, je sens que ces détails, qui n’entrent point comme matière obligée d’un tel sujet, ne font que suspendre vos esprits dans l'attente de sa promotion à l’épiscopat.
Le siége de Québec venait de vaquer par la cession du titulaire (a); sentant sa mort prochaine, il voulait servir utilement son Eglise, en hâtant la nomination d’un coadjuteur, dans un temps où une longue vacanee du siége aurait
pu exposer le diocèse à de graves inconvénients. Quel héri-
tier sera appelé à ce poste éminent ? Déjà vous avez nommé le digne et laborieux curé de Québec. Quel autre en effet eût paru plus propre à une administration dont il connaissait déjà tous les ressorts ? Habile ct rompu dans les affaires, versé dans toutes les connaissances propres à un évêque, connaissance approfondie et familière de l’Ecriture-Sainte, de l’histoire ecclésiastique, des Saints Pères, du Droit Canonique, des différents rites et usages de cette Eglise, avec un grand fond de piété, de vertu, de zèle; ayant d’ailleurs donné en toute occasion de sûres garanties de sa loyauté envers le gouvernement de Sa Majesté ; quel autre, dis-je, semblait plus capable de soutenir l'honneur de la religion et de servir
son pays, dans le rang de premier pasteur de l'Eglise du
Canada ?
La voilà donc élevée sur le chandelier cette lumière, qui,
sans avoir été tenue cachée sous le boisseau, avait besoin d’être in sur un lieu plus éminent pour répandre au loin son éclat ! Quelle consolation pour le vertueux prélat, Mgr. Hubert, qui venait de se démettre, de voir appelé à lui succéder un jour celui qu'il avait investi de toute sa confiance ! C'était Aaron, chargé de mérites, qui, avant de mourir, se dépouillait des armements du Grand-Prètre, pour en revêtir Eléazar.
O l’intéressant spectacle aux yeux de ses amis et de ceux de la religion, que celui de sa consécration, où nous le vimes, le front couvert du bandeau sacré, et décoré, par les mains
(a) Mgr. Hubert s’était démis en Septembre 1797, en faveur de son coadjuteur Mgr. J. Denaut.
du Pontife consécrateur, des insignes sacrés de l’épiscopat ; où nous pûmes le contempler, dans toute la pompe du souverain sacerdoce ! La présence du représentant de son roi et de tant de personnes recommandables par leur rang, n’étaitelle pas comme un présage de la faveur qu’il sut depuis constamment mériter de toutes les classes de la société..
Tel il parut alors, tel vous l’avez vu nombre de fois, et toujours saisis à cette vue d’une admiration religieuse. Ne fixions-nous pas, avec complaisance, nos regards sur la personne de cet auguste prelat, dans les fêtes pompeuses dont il aimait, par sa présence, à augmenter la splendeur, et où la majesté de sa présence imprimait si vivement dans tous les cœurs cette sainte vénération pour le sacré ministère, et cette haute idée de la religion dont il était lui-même pénétré?
Ne le considérons plus que comme chargé du redoutable fardeau de l’épiscopat. Il est vrai que, pendant quelques années que vécut encore son illustre prédécesseur, il ne partagea que le travail de l'administration sans en partager l’autorité. Mais la mort fatale et presque subite du cher et digne évêque, Monseigneur Denaut, ayant de nouveau rendu le siège vacant, ce fut l’illustre défunt que nous pleurons, que le droit y appelait. Il y monta d’un pas ferme, et y commença cette carrière de près de vingt années que la Providence nous l’accorda.
Qu'ai-je fait jusqu'ici, M. F.; fallait-il lasser votre patience, et consumer, à préparer mon sujet, un temps qui aurait mieux servi à développer les talents éminents qu'il fit briller pendant la durée de son épiscopat, les vertus qu'il a pratiquées, les bienfaits qu'il a répandus ? C’est ici qu'il faudrait, non pas tant des talents oratoires (puisque le sujet se recommande assez de lui-même), mais une mémoire vaste et fidèle, pour vous exposer la longue liste de ses bonnes œuvres, de
-ses vastes entreprises, pour l'agrandissement et l’affermis-
sement de notre sainte religion et pour étendre le bienfait de l'éducation. C’est en commençant sa carrière pastorale qu'il put dire avec le grand apôtre : ego autem 1mpendam et libentissime impendar pro animabus vestris. (2 Cor.) “ J’emploierai volontiers tout ce que je puis et je m'emploierai moi-même, au-delà de mes forces, pour votre bien, et surtout pour le salut de vos âmes. ”
Qui pourrait dire tout ce qu'il a fait, pour assurer, par des règlements sages, l’ordre des fêtes, rétablir les rites sacrés dans la forme que nous les voyons, règler la discipline, mettre en vigueur les lois ecclésiastiques, faire observer les saints Canons ? Chef attentif et vigilant d’un clergé nombreux, il s’étudiait à discerner le caractère de ceux qui le composaient, leur conduite, leur science, leurs mœurs, leurs
talents, leurs vertus, leurs services ; rien ne lui échappait, afin d’en faire la destination, suivant leur capacité et pour le plus grand avantage de l'Eglise.
Pasteur éminent de toutes les paroisses, il en faisait l’objet constant de son attention et de sa sollicitude. Absent, ïl avait toujours l'œil sur elles, il les gouvernait par une correspondance habituelle de dépendance et de subordination. Présent, il les consolait, il les instruisait, il les réformait dans ses visites pastorales. C'est vous que j'en atteste, vous qui l’avez accompagné, n’avez-vous pas été étonnés de voir “qu'il pût sufiire à tant de travail, à tant de fatigues ? N’admirâtes-vous pas cet esprit d'ordre, de détails, de discussion, de patience; cette fécondité de moyens, cette facilité à varier ses instructions, à les proportionner aux besoins particuliers, à donner au pain de la parole, qu’il distribuait toujours avec aisance et toujours avec fruit, tous les goûts, comme la manne du désert.
Qu'on se représente cet apôtre intrépide, bravant l’intempérie des saisons, et la fureur des éléments pour aller verser, sur les contrées les plus éloignées de son vaste diocèse, sur des terres laissées jusque-là presque sans culture, la rosée de ses bénédictions et la chaleur pénétrante de son ministère fécond. Mais, que dis-je ? après s'être consumeé dans ses visites multipliées, ce pays si étendu à des limites trop étroites pour son zèle. Il brüle d'aller porter aux pieds du trône l’expression de la reconnaissance pour les faveurs distinguées qu'il à reçues de son Souverain, et de très-humbles suppliques pour les institutions qu'il avait créées ou étendues.
Il parcourt de vastes contrées, parait avec honneur à la cour des souverains et dans les palais des princes de l'Eglise. Le premier de tous ses prédécesseurs, il fait voir aux pieds du chef de l’Eglise, dans la capitale du monde chrétien, un évèque du Canada, offrant sur le tombeau des saints A pôtres, l'hommage de son parfait dévouement et du plus profond respect de son troupeau. [l méditait depuis longtemps une division du territoire immense, soumis à sa juridiction; ül n’eut qu'à soumettre ses vues pour qu'elles fussent approuvées. À peine at-il obtenu l’objet principal de son voyage, et sans accorder à la curiosité rien de plus que ne lui laissait le temps de pourvoir à l’accomplissement de ses vues, il lui
tarde de revoir son Eglise. Cette Bglise, éloignée des ravages que l’incrédulité, les ; guerres de l’ambition et d’autres dissensions politiques avaient causés aux Eglises naguère si florissantes des contrées qu'il parcourait, lui était devenue encore plus chère.
Oh! combien cette démarche fut appréciée par ses chers diocésains! Combien il dut se trouver dédommagé de ses
fatigues êt de ses courses, par l'enthousiasme que causa son retour dans la capitale de son siége! Je ne vous peindrai point ici cette scène attendrissante dont plusieurs d’entre vous ont pu être témoins, lorsqu’au sortir de Nicolet, où il s'était reposé quelques jours au milieu des fêtes simples et naïves, aux accents de la joie vive et pure des jeunes étudiants de son collège, il mit le pied sur le sol des Trois-Rivières. Rappelezvous cette députation nombreuse et honorable, déployant sur les eaux du fier St. Laurent, l’oriflamme sacrée! Je crois entendre leurs aeclamations redoublées, se mélant aux cris de joie dont la ville faisait retentir les airs. Avec quel plaisir 1l recevait et rendait les saluts ! Avec quel touchant abandon chacun se félicitait de revoir son évêque après une si longue absence !...…..
Mais ce r’était là que le début du triomphe qu’on lui préparait dans la capitale, et dont chacun a ÎIu ou entendu la description. Une seconde députation flottante, remontant le fleuve comme pour accuser de lenteur celle qui avait précédé; une population impatiente, parcourant les rues de la “ville, se répandant sur les quais, tous les vaisseaux de la rade pavoisés, les citoyens les plus recommandables rivalisant d’ardeur et de joie..…..quelles acclamations, quelle ivresse | quelles touchantes démonstrations d’amour et d’allégresse | C’est au milieu de ce bon peuple, qui se pressait pour voir son Pontife, son père, son bienfaiteur, que notre illustre voyageur monte au temple, rendre ses actions de grâces de la protection et des faveurs de la Providence qui le rend à l’affection de ses ouailles. IL faut l’avouer, que sont auprès de cet accueil public et spontané, ces triomphes si vantés, ces démonstrations d'un peuple sérvile, pour flatter l’orgueil d’un héros, triomphes qui coûtaient tant de sang aux malheureux vaincus, et à leurs propres nations ?......
Si après, on l’avait vu tomber dans l'opinion publique, n’aurait-on pas pu dire que tout cet éclat n'avait pas tant de rapport avec la personne qu'à certaines circonstances dont la politique sait tirer partie ; mais non, comme c'était au mérite personnel que ces honneurs étaient accordés, on ne verra point les sentiments du publie changer à son égard. Deson côté, il ne se trouve pas plutôt au milieu de son cher troupeau, qu’il sent redoubler son zèle et travaille avec une nouvelle ardeur à lui être utile...…...Avec quelle satisfaction il annonça la faveur royale qu'il avait obtenue pour le séminaire de Nicolet. |
Cette grâce du Souverain était, en effet, un des fruits les plus heureüx de son pénible voyage. Par là, cette institution qui; d’une modeste école élémentaire, libéralement dotée pour cette paroisse par un de ne et qui était dévenué
l'émule des anciens collèges de la province, a acquis des fondements solides, et sera un des plus beaux monuments de la prévoyance, du zèle et de la générosité du Pontife que nous pleurons et qui y à attaché son nom, comme celui d’un de ses fondateurs. C'est lui qui, lorsque cette maison n’était encore qu’au berceau, en avait deviné les destinées, qui avait prévu le secret de son agrandissement, qui en avait préparé les moyens ; de sorte que sans rien ôter au mérite de son premier donateur (a), on peut bien attribuer au prélat la principale gloire d’un établissement qu'il lui fallut racheter avec l’aide de son clergé, et que par le sacrifice d’une partie de son revenu, il à agrandi et élevé au point où nous le voyons aujourd’hui. Hélas! son zèle méditait la reconstruction de cette maison, mais la mort ne lui à pas permis d’en exécuter le projet. ‘C’est une tâche qu'il a laissée à son successeur, héritier de sa pensée, et à son clergé qui s’honore aujourd'hui de remplir ses intentions.
Que n’a-t-il pas fait pour obtenir une semblable protection
our un établissement du même genre (le collége de Saint- Re) dans un autre canton peuplé, qu'il avait encouragé de tous ses moyens! Mais si ses vœux n’ont point eu le mème succès à cet égard, on ne peut lui refuser l'honneur de l'avoir sollieité avec la même ardeur.
Un faubourg étendu de la ville de Québec, Saint-Roch, manquait d’un lieu pour l'exercice de la religion. Par le zèle actif du prélat, une vaste église s'élève au centre des habitations sur un terrain acheté longtemps auparavant, et dès lors destiné à cet usage. A peine l'édifice est-il achevé, qu’il devient la proie des flammes: un appel aux eitoyens :a bientôt réparé ce funeste accident; le temple sort de ses ruines plus grand et plus beau que le premier. Ce n’est pas tout, comme l'éducation de la jeunesse est à ses yeux l'appui nécessaire de la religion, de vastes bâtiments consacrés à gette fin s'élèvent à ses frais auprès de cette église, destinés à devenir le berceau d’un nouveau séminaire, où seront reçus les enfants qui auront montré plus de capacité, dans les différentes écoles déjà fondées et établies, bien des années auparavant, dans ce quartier populeux.
Pour énumérer cette foule de bonnes œuvres, auxquelles il prit la plus grande part, il faudrait parcourir tous les points de ce vaste diocèse: Et les paroisses nouvelles qu'il institua, les églises ou chapelles qu’il fit bâtir; les écoles qui lui durent Jeur naissance, ou qu'il affermit ; les vocations qu'il encouragea, soit dans les séminaires, soit dans les cloitres; les
(a) M. Brassard, curé de Nicolet, mort en 1800, avait desservi 50 ans oette
travaux publics auxquels il contribua, seraient autant de témoins de son désintéressement et du zèle dont il était animé pour le bien public. ÆEt ce zèle n’était point resserré dans les bornes de son pays. Que de sujets à qui il procura une éducation ecclésiastique dans son séminaire, pour secourir les diocèses voisins ! Que de missionnaires il envoya desservir des églises lointaines, qui en étaient dépourvues ! Si les moyens eussent été proportionnés à son zèle, combien d’autres entreprises il aurait commencées, ou même achevées dans la courte durée de son épiscopat!
Que le temps ne me permet-il de dire un mot de chaque autre titre qui lui valut l'estime et la reconnaissance de son clergé ? Il faudrait rappeler les conférences pleines d’instructions qu'il faisait aux jeunes théologiens dans le séminaire où 1l demeurait ; ces discours latins qu’il adressait à certains jours de fète à ses prêtres assemblés ; mais surtout cette Société de Secours et de Bienveillance, Société de Saint- Michel, qu'il fonda en faveur des membres infirmes du clergé. Plusieurs fois ses prédécesseurs avaient tenté, mais en vain, de procurer à leurs prêtres devenus malades par l’âge ou l'infirmité, cette précieuse ressource qui sert non-seulement à soulager les membres de cette société, mais qui contribue puissamment à soutenir d’autres œuvres qui lui sont étrangères.
Sa correspondance n’est pas moins propre à déposer en faveur de son mérite. C’est en la parcourant qu'on à de la peine à concevoir comment il a pu y suffire ; c’est dans ses lettres si multipliées qu'on découvre ce fond de sagesse, de prudence, d'instruction, de sagacité pour les affaires, cet esprit naturel, disons aussi, cet énjouement qui lui était propre, et
qui brillait dans ses conversations familières.
Je le sais, il eut le sort de tous les hommes publics ; parmi ses institutions, il en est qui ont été généralement louées et approuvées ; d’autres ont été blâämées et censurées : ces dernières l'ont été peut-être trop sévèrement, bien que personne
n'ait accusé ses intentions ; les premières l'ont été since-
rement par la force de la vérité. Qui ne sait que l’opposition a deux effets ? Si elle ne sert à obvier au mal, elle ne fait que l’aigrir et l’irriter.
Amateurs des beaux-arts, vous attendiez qu’à son retour d'Europe, il eût parlé avec ‘admiration des monuments, des chefs-d’œuvre de tout genre qu il avait dû rencontrer dans
les diverses contrées qu’il parcourut, et surtout dans l'Italie,
cette terre classique des arts et du goût, dans la Ville Eternelle, dans la capitale du monde chrétien. mais souvenezvous qu'il voyagea en évêque et non en artiste. Si vous l’avez
-entendu mettre en comparaison les beautés naturelles de son
pays natal, la grandeur de ses fleuves, la majesté de ses forûts, la hauteur de ses montagnes, la fraicheur de ses établissements nouveaux, avec les travaux gigantesques et les merveilles artificielles de la vieille Europe, qu’il semblait mettre bien au-dessous, n’accusez point son goût et son discernement, reconnaissez en cela cet instinct, ce penchant que la Providence a sagement mis dans le cœur de tous les hommes, pour tout ce qui tient au sol de leur patrie. Ainsi fait le berger des Alpes, né au sein des glaces et des frimas, accoutumé aux scènes tantôt majestueuses et tantôt horribles, que lui présente ane nature agreste, et un ciel dont la sévérité cède bientôt à la tempête !
L’apôtre des nations sentant par inspiration qu’il lui fallait aller à Rome pour y verser son sang, assemble les fidèles de église et leur déclare ouvertement qu'ils ne le verront plus, qu'il n'a rien négligé de tout ce qu’il avait cru devoir leur être utile, que près de terminer sa carrière, il pensait se rendre ce témoignage, qu'il a soutenu un beau combat, qu'il a conserve le
depôt de la foi du Souverain Juge Après qu'il eut fini de
parler, les sanglots succèdent au silence, tous se pressent autour de ce bienheureux apôtre, tous sont pénétrés de ces dernières paroles, qu'ils ne devaient plus le revoir sur cette terre.
Quoique nous ne prétendions pas que notre cher et digne évêque connût par inspiration sa fin prochaine, beaucoup de personnes peuvent se rappeler qu'il en parlaitsouvent, comme s’il en eûteu quelque pressentiment. Toutes ses dispositions parurent tendre plus particulièrement à sa mort. Ses infirmités croissantes, tandis qu'il semblait redoubler son application au travail, durent accélérer sa dissolution. Sans la croire si prochaine, il s’y prépara tous les jours, jusqu’à ce qu'enfin, plein de mérites acquis par une foule de bonnes œuvres, que je n’ai fait qu'exquisser, il fut frappé sans sentir le coup de la mort, pour aller paraître au tribunal du Juge SUPréIDE,....:
Dieu seul est Saint, M. F., et si le même apôtre ajoutait en
tremblant que, quoiqu'il püt compter sur la pureté de ses intentions et sur. ses œuvres, il ne se croyait pas pour cela justifié, parce que son juge était le Seigneur son Dieu, qui voit en nous ce que l’amour-propre nous empêche de découvrir. Ne refusons pas à l’âme du cher et illustre défunt, qui est l’objet de cet appareil lugubre, le tribut de nos supplications et de nos suffrages. Offrons tous ensemble la victime du salut, pour obtenir miséricorde à celui qui nous à voulu et qui nous fit tant de bien.
Ah! si cette âme généreuse, après la dissolution de sa dépouille mortelle, peut encore être sensible à la gloire de la
terre, qu’elle jette un regard sur ses citoyens affligés, sur les larmes qu’ils mêlent à sa cendre, sur les tristes regrets dont ils honorent ses obsèques; qu’elle vienne recueillir la plus douce récompense de ses fatigues, le plus sincère hommage de leur reconnaissance. Maïs ne bornons pas à cela toute notre gratitude. C’est à nous surtout, pasteurs si justement affigés de la perte d’un tel chef, nous qu'il traitait avec honneur, comme ses frères dans le sacerdoce, ses coopérateurs dans l’œuvre de Dieu, dont il accréditait le ministère, dont il encourageait 1e zèle, dont il méritait la confiance. C’est à nous, surtout, qu’il convient d’arroser ses cendres chéries du sang de l’Agneau divin, qui s’immole tous les jours entre nos mains sur nos autels. Et vous tous, qu’il à fait d'avance ses héritiers, Seminaires qu’il à établis, Monastères qu’il a réparés, Ecoles qu'il à fondées, églises qu'il a enrichies, jeunes lévites qu'il à protégés, vierges qu'il a dotées, fidèles de tout sexe, de tout âge qu'il a secourus, élevez tous, en ce jour, des mains suppliantes vers le Dieu des miséricordes. Venez lui présenter tout le bien que vous à fait ce charitable pontife, exposer à nos yeux votre désolation et vos larmes. Ah! elles seront plus éloquentes que tous nos discours ! O vous tous, amis fidèles et reconnaissants, laissez couler ses pleurs, ne tarissez point sur son éloge, élevez un concert de plaintes amères et de regrets douloureux! Hélas ! je sens, comme vous, ce que vous perdez, tout ce que nous lui devons! Des hommes si dignes de vivre devraient-ils jamais mourir ?......Mais que dis-je? Où l’excès de la douleur nous emporte-t-1l? Dois-je emprunter le langage des infidèles ? La terre n'est-elle pas notre exil et le ciel notre patrie? Envisageons donc d’un œil plus chrétien l'instabilité de la vie, et la vanité de ce monde; et en voyant sa gloire et ses grandeurs s’évanouir, apprenons à en détacher notre cœur. Oui, le vrai sage est celui qui, à l'exemple du vénérable défunt que nous pleurons, fait consister son bonheur dans sa vertu, ses richesses dans ses bonnes œuvres, son espérance dans son Dieu, et son ambition à mériter la couronne de l’immortalité, bonheuf que je vous souhaïte, Aïnsi soit-il.
Ars 4 A £ PE AN PPS AUX dr Famille dé tMRémbaIt EM SR NUE ART EE. ETAT EL NA Fe Hi l'entre au Colléce de Meung.: 1.2.4 SENTIR E. 2H LE NITNRRE € IL est répétiteur ou conférendaire........, sers ssesseeenne Tet8 Mgr.de Jarente lui, donne la, tongsure... se... secsst eee ossosseonteee « Note SNL MATERIEL Ris ts RE ce Donsbee=2b amer coet bete RE PE à On exige le serment à la constitution civile du clergé... € M: Raïimbault laisse le collége. nee IS, SUCER 10 Détéévutions: des AmarohisSteis LITE. LE LR SAR Ve PIERRE 11 Note sur l'abbé Picot... sd ne € aber actbe des: de cr LÉO dE 12 an Le-médecin LaTour:..............…. SN TA ETAT NE EEEe se ÉLUS GALR DEEE 13 MiRaïmhault-élère en -médégines ref, DE End mpareteeeaeteb ne Vs Tia Gemeurer à MeUQ EE Re RER Presence sc tee ere le CE NES NV POTTEMET reeneliersle een Ne DL a RD ER Re tee T5, 20, 20Tet 82 Les lois le forçant à s’enrôler dans un régiment... 16 IIT.
PLARÉIMLDAUTE part, OTIÉBNS Percer ee trs ein etre 0 RTE EE 17 SOCoStUME-YSUIIe PÉSIMERAU SELLER EAN NE TONNES ARS IRIS IL est expulsé du club des “Jacobins, anis. RENE. LOUER NICE & Le régiment fait route pour la Belgique... .s.sss.ess. hiesssee ss one és 19 SO QU AE TNT O DATE ENORME TO NRA er RUE Rs 20 Tentatives d'évasion du régiment... nr bear ie Ua RE Fait MM. Raimbault, Fournier, etc., réussissent à fuir... sos note 22 IIS entrent dans une chapelle... SN LES pes DO RDe St se TT TRE c LE prétré deu donrniT as pont A AE M0 À 23 Paolo RSR EEE CTHNENETN AOR IX. PARA EN RENERT CT RSE Tu 7: 24 Ces fugitifs serendent à Liége PA RSR CUT VER CRTARE ST sta Lercavalièr Hongnoigts sie epebe doses ctncosaceee ettee eh MORTE T 2 PRE" M. Raimbault à l'église de Saint-Martin... Dundee MR 26 DR MCHOIBIC AT SUITBA PR TR RP Ne ee ere PE EP PR TR à ES BITES ES AM RE SERRE À RER ET TEE ANR MES RT TAN ES dés ste on 28 Tél PU RôsavenAt UE AAC LEA SUAOHIE TER ‘ AL Raimbault à ANnyENs Mit, rhnenecresetr hoc trees ec bb Te LE PNR 29 MS DSSE, Pen nd bare MENT esse san tEde D ATOS césessoss DORE TE ‘ MR aimDanult Avec DES TRAIBIOES MS ROME D eee os & Départ pour l'Angleterre... Utd o enues evo ce NS 0e 2e EE 3 Débarquement à Harwich... Sens r Bo stes lose s24 CIE RITES M Hospitalité du gouvernement Anglais... seséta RÈRee PR 7 2! We En TOUL PDOUL L/ONUTOS. M e68e r60e dnsoes car sabre eee Vents tes Peer T SP ETe CL M Er. 406 4 MATCH ADP MANS ARR TRE vote te RP Occupations de M. Raimbault en Angleterre D tin RTC LT AS 59 Lettre de M. Raiïmbault à M. Fournier... Sn LANCE IE RIRES SR 34
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